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Un enfant collecte de l'eau. Ayacucho, Pérou, le 7 septembre 2025 © UNICEF/UNI864620/Ponce
Un enfant collecte de l'eau. Ayacucho, Pérou, le 7 septembre 2025 © UNICEF/UNI864620/Ponce

Plus de 400 millions d’enfants dans le monde vivent dans la pauvreté et sont privés d’accès à au moins deux services essentiels du quotidien

Paris/ New York, le 20 novembre 2025 – Selon le rapport phare de l’UNICEF, publié ce jour à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, plus d’un enfant sur cinq dans les pays à revenu faible ou intermédiaire – soit 417 millions – subit de graves privations dans au moins deux domaines essentiels à sa santé, à son développement et à son bien-être.

Le rapport Situation des enfants dans le monde 2025 : Mettre fin à la pauvreté des enfants – Notre impératif commun s’appuie sur des données issues de plus de 130 pays à revenu faible ou intermédiaire pour mesurer l’ampleur de la pauvreté multidimensionnelle des enfants à travers six domaines essentiels : l’éducation, la santé, le logement, la nutrition, l’assainissement et l’eau. Selon cette analyse, 118 millions d’enfants cumulent au moins trois privations, et 17 millions font face à quatre privations ou plus.

« Les enfants qui grandissent dans la pauvreté et sont privés de l’essentiel – une alimentation adéquate, un accès aux services d’assainissement ou un logement digne – subissent des conséquences dévastatrices pour leur santé et leur développement », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. « Mais cela n’a rien d’inéluctable : lorsque les gouvernements s’engagent à lutter contre la pauvreté des enfants et mettent en place des politiques efficaces, ils peuvent véritablement changer leur avenir. »

Les taux les plus élevés de pauvreté multidimensionnelle chez les enfants se concentrent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Au Tchad, par exemple, 64 % des enfants sont exposés à au moins deux privations graves, et près d’un enfant sur quatre en cumule trois ou davantage.

L’assainissement est la privation grave la plus répandue : 65 % des enfants des pays à faible revenu n’ont pas accès à des toilettes, contre 26 % dans les pays à revenu intermédiaire inférieur et 11 % dans ceux à revenu intermédiaire supérieur. L’absence d’installations sanitaires adéquates accroît considérablement l’exposition des enfants aux maladies.

La part d’enfants confrontés à au moins une privation grave dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est passée de 51 % en 2013 à 41 % en 2023, notamment grâce à une meilleure prise en compte des droits de l’enfant dans les politiques nationales et la planification économique. Mais ces progrès s’essoufflent. Les conflits, les crises climatiques et environnementales, les évolutions démographiques, l’alourdissement de la dette publique et l’accentuation de la fracture technologique contribuent à aggraver la pauvreté. Parallèlement, les baisses inédites de l’aide publique au développement (APD) menacent d’intensifier encore les privations auxquelles sont confrontés les enfants dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Pourtant, il est tout à fait possible de progresser vers l’éradication de la pauvreté infantile. La Tanzanie, par exemple, a réduit de 46 % la pauvreté infantile multidimensionnelle entre 2000 et 2023, en partie grâce à des aides financières accordées par le gouvernement et à l’autonomisation des ménages les plus pauvres, qui ont ainsi pu prendre leurs propres décisions financières. Au Bangladesh, la pauvreté infantile a diminué de 32 % au cours de la même période, grâce à des initiatives gouvernementales visant à améliorer l’accès à l’éducation et à l’électricité, à améliorer la qualité des logements et à investir dans les services d’eau et d’assainissement, ce qui a permis de réduire la défécation en plein air de 17 % en 2000 à 0 % en 2022.

La pauvreté compromet la santé, le développement et l’apprentissage des enfants, entraînant des perspectives d’emploi plus faibles, une espérance de vie plus courte et une augmentation des taux de dépression et d’anxiété. Le rapport souligne que les enfants les plus jeunes, les enfants handicapés et les enfants vivant dans des situations de crise sont les plus vulnérables.

Le rapport analyse également la pauvreté monétaire, un facteur limitant encore davantage l’accès des enfants à l’alimentation, à l’éducation et aux services de santé. Selon les dernières données disponibles, plus de 19 % des enfants dans le monde vivent dans une pauvreté monétaire extrême, survivant avec moins de 3 dollars par jour. Près de 90 % de ces enfants se trouvent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

Le rapport propose une analyse de 37 pays à revenu élevé, qui révèle qu’environ 50 millions d’enfants, soit 23 % de la population infantile de ces pays, vivent dans une situation de pauvreté monétaire relative, ce qui signifie que leur foyer dispose d’un revenu nettement inférieur à celui de la plupart des autres foyers de leur pays, réduisant ainsi leur capacité à participer pleinement à la vie quotidienne.

Alors que la pauvreté a diminué en moyenne de 2,5 % dans ces 37 pays entre 2013 et 2023, les progrès accomplis ont stagné ou régressé dans la plupart des cas. En France, en Suisse et au Royaume-Uni, par exemple, la pauvreté infantile a augmenté de plus de 20 %. Au cours de la même période, la Slovénie a réduit son taux de pauvreté de plus d’un quart, en grande partie grâce à un système solide d’allocations familiales et à une législation sur le salaire minimum.

Le rapport Situation des enfants dans le monde 2025 démontre qu’il est possible de mettre fin à la pauvreté des enfants et souligne l’importance de placer les droits de l’enfant, tels que définis dans la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, au cœur de toutes les stratégies, politiques et actions gouvernementales visant à réduire la pauvreté, en :

  • Faisant de la lutte contre la pauvreté des enfants une priorité nationale,
  • Intégrant les besoins des enfants dans les politiques économiques et les budgets,
  • Mettant en place des programmes de protection sociale, notamment des aides financières aux familles,
  • Élargissant l’accès aux services publics essentiels, tels que l’éducation, les soins de santé, l’eau, l’assainissement, la nutrition et le logement,
  • Promouvant un travail décent pour les parents et les personnes qui s’occupent des enfants afin de renforcer leur sécurité économique, laquelle est étroitement liée au développement des enfants.


Ce rapport est publié alors même que de nombreux gouvernements à travers le monde sont en train de réduire leur aide publique au développement. Selon The Lancet, ces coupes budgétaires pourraient entraîner la mort de 4,5 millions d’enfants de moins de 5 ans d’ici 2030. Parallèlement, les dernières estimations de l’UNICEF montrent que ces coupes budgétaires pourraient priver six millions d’enfants supplémentaires d’accès à l’éducation d’ici l’année prochaine. « Trop d’enfants étaient déjà privés de l’accès à des services et ressources essentiels, bien avant que la crise mondiale du financement ne menace d’aggraver encore davantage la situation », a déclaré Catherine Russell. « Ce n’est pas le moment de reculer. C’est le moment de consolider les progrès durement acquis pour les enfants au fil des années. Les gouvernements et les entreprises peuvent y parvenir en renforçant les investissements dans les services essentiels qui permettent aux enfants de grandir en bonne santé et en sécurité, et en veillant à ce qu’ils disposent de tout ce qui leur est nécessaire, notamment une alimentation adéquate, en particulier dans les contextes fragiles et humanitaires. Investir dans les enfants, c’est bâtir un monde plus sain et plus pacifique, pour toutes et tous. »

Consulter la synthèse (Fr) du rapport ICI.

Consulter le rapport complet (Eng) ICI.

Consulter le document d’analyse complémentaire sur la situation des pays à revenu élevé (Eng) ICI.

Notes aux rédactions :

Cette année, la Journée mondiale de l’enfance – journée annuelle de l’UNICEF marquant l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant le 20 novembre – est célébrée sous le thème « Ma journée, mes droits », qui vise à placer au cœur de la commémoration les voix et les expériences vécues des enfants.

Les estimations conjointes établies par l’UNICEF et Save the Children, ainsi que l’analyse des données d’enquêtes relatives à la pauvreté multidimensionnelle, ont permis de calculer la privation matérielle des enfants, à partir de six droits constitutifs de la pauvreté : l’éducation, la santé, le logement, la nutrition, l’assainissement et l’eau. Les données d’enquête couvrent 89 pays et ont été utilisées pour présenter les valeurs propres à chaque pays. Les estimations couvrent 133 pays et ont permis de calculer les moyennes régionales et d’autres valeurs agrégées. Pour les pays disposant de données d’enquête, les estimations prolongent les tendances observées au-delà des années couvertes par les enquêtes. Pour les pays disposant de données partielles, les estimations utilisent des indicateurs disponibles, tels que le retard de croissance ou les taux de couverture vaccinale, pour établir les tendances de la pauvreté des enfants dans le temps.

Les seuils actualisés de pauvreté monétaire de la Banque mondiale s’établissent désormais à 3,00 $/jour pour les pays à faible revenu, 4,20 $/jour pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et 8,30 $/jour pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, reflétant la hausse du coût pour la satisfaction des besoins de base. À partir de ces seuils, la Banque mondiale estime les taux de pauvreté et le nombre de personnes vivant dans la pauvreté à partir de diverses enquêtes compilées dans sa Global Monitoring Database. Des projections des taux de pauvreté sont utilisées lorsque les données d’enquête ne sont pas disponibles.

Dans les pays à revenu élevé, la pauvreté des enfants est généralement mesurée en termes relatifs : un enfant est considéré comme vivant dans la pauvreté lorsqu’il vit dans un ménage dont le revenu est inférieur à 60 % du revenu médian national. Les données proviennent d’Eurostat pour les pays de l’UE et des offices statistiques nationaux pour les autres pays à revenu élevé.

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