RCA : une nouvelle vague de violence interrompt l’éducation d’un enfant sur deux dans le pays

Publié le 23 février 2021

Déclaration conjointe de la Coordinatrice humanitaire des Nations unies, Denise Brown et du Représentant d'UNICEF, Fran Equiza

Bangui, le 23 février 2021 – « Nous sommes extrêmement préoccupés par l'impact de la récente escalade de violence en République centrafricaine sur l'éducation de centaines de milliers d'enfants dans le pays.

Quelques mois seulement après leur retour à l'école suite à la fermeture en raison de la pandémie de COVID-19, les enfants voient à nouveau leur éducation interrompue. Depuis décembre dernier, l'augmentation de la violence a entraîné la fermeture forcée, l'occupation ou la détérioration des écoles dans 11 des 16 préfectures du pays[1], ce qui touche un enfant sur deux.[2]  

À ce jour, au moins 26 écoles dans le pays sont toujours occupées[3] par des groupes armés et 999 ne sont pas opérationnelles en raison des combats[4]. La moitié des enfants du pays ne vont pas à l’école à cause des conflits.

Ces violations privent les enfants de la République centrafricaine de leurs droits fondamentaux à l'éducation, à se faire des amis dans la sécurité des salles de classe et à développer les compétences dont ils ont besoin pour construire un avenir meilleur pour eux-mêmes et leurs communautés. Cela est inacceptable.

Nous restons déterminés à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement, nos partenaires de mise en œuvre et les communautés pour faire en sorte que les écoles puissent être rouvertes et réhabilitées sans plus attendre.

En attendant, nous soutenons les efforts visant à garantir que les enfants forcés de rester à la maison aient accès à des solutions d'apprentissage alternatives, telles que l'éducation par la radio, et que des espaces d'apprentissage temporaires soient disponibles pour ceux qui ont dû fuir leur foyer.

Nous demandons aux groupes et forces armés de protéger les étudiants, les enseignants et les acteurs humanitaires et de respecter les écoles en tant que havres de paix pour l'apprentissage, conformément à leurs obligations en vertu du droit international des droits de l'homme et du droit international humanitaire.

Les enfants ne peuvent plus se permettre de voir leur éducation interrompue. »

[1] Les écoles de toutes les préfectures du pays ont été touchées, sauf à Bangui, Bamingui Bangoran, Vakaga, Ombella Mpoko et Lobaye ;
[2] Cela équivaut à un nombre d'enfants estimé à 650
 000 ;
[3] Parmi ces écoles, au moins
 18 ont été attaquées ou occupées depuis décembre 2020 ;
[4] Parmi ces écoles, au moins
 824 sont devenues non opérationnelles depuis le début de 2021, en raison de la violence