RDC : la directrice générale de l'UNICEF appelle à mettre un terme à la violence contre les enfants

Publié le 07 avril 2022

La directrice générale de l'UNICEF, Catherine Russell, a lancé un appel aujourd'hui en faveur d’une résolution politique urgente pour mettre fin à la violence actuelle dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC). Cathrerine Russell vient d’achever une visite dans la province de l’Ituri, une région durement touchée par les attaques contre les civils.

Rhoe, Province de l’Ituri, République démocratique du Congo, le 6 avril 2022  - Au cours de son séjour en Ituri, Catherine Russell s'est rendue à Rhoe; site d’un camp de réfugiés qui abrite aujourd'hui environ 63 000 personnes, dont 36 000 enfants, qui ont été déplacées à l'intérieur du pays en raison du conflit et de la violence. La plupart des personnes ayant trouvé refuge dans ce camp sont arrivées en novembre dernier après avoir été chassées d'un autre camp de déplacés situé dans la ville voisine de Drodro, qui a été  attaquée par des hommes armés de machettes. Cet incident sécuritaire représente l'un des derniers épisodes de violence intercommunautaire qui sévitt dans l'est de la RDC depuis des décennies et qui a déjà déplacé environ cinq millions de personnes.

Catherine Russell s'est entretenue avec des enfants et des familles touchés par la violence, notamment Blukwa*, un garçon de 14 ans ayant échappé de justesse à la mort à Drodro, et témoin du meurtre brutal de son meilleur ami lors de l'attaque.

Des souffrances inacceptables

« Blukwa m'a confié qu'après avoir assisté au meurtre de son meilleur ami, il voulait mourir lui aussi », a déclaré Catherine Russell.  « Aucun enfant ne devrait jamais vivre une telle tragédie et une telle horreur. Au cours des deux dernières décennies, d'innombrables enfants de l'est de la RDC ont terriblement souffert à cause du conflit et des attaques persistantes contre les civils. Ils ont besoin d'une résolution politique urgente de cette crise afin de vivre en paix. »

Pendant l'attaque de Drodro, Blukwa et d'autres enfants ont été séparés de leurs familles en raison du chaos et de la confusion. Depuis, Blukwa et près de 60 autres enfants ont été réunis avec leurs familles grâce au travail de l'AJEDEC, une ONG congolaise soutenue par l'UNICEF.

L'UNICEF alerte sur les conditions désastreuses qui règnent dans le camp de Rhoe. La violence qui a provoqué de multiples déplacements dans la région s'est poursuivie au cours des deux dernières semaines et ne laisse entrevoir aucun signe d'apaisement. Le camp, situé à 45 kilomètres au nord-est de la capitale provinciale Bunia, n'était, jusqu'à peu, accessible aux agences humanitaires que par hélicoptère, en raison de l'insécurité et des attaques contre les travailleurs humanitaires. La zone entourant le camp continue d'être attaquée par de multiples groupes armés.

Protéger les enfants de la violence

« Des milliers d'enfants et de familles se retrouvent piégés sur une colline isolée, avec une protection et un accès extrêmement limités aux abris et aux services essentiels tels que l'eau potable, l'assainissement, l'éducation, la santé et la nutrition », a déclaré Catherine Russell. « Nous avons déjà constaté des épidémies de maladies respiratoires, de diarrhée et de paludisme. Tous les efforts nécessaires doivent être fournis pour renforcer la prestation des services essentiels pour les personnes hébergées dans le camp de Rhoe et pour les protéger de la violence. »

L'UNICEF et ses partenaires étendent leur action en faveur des enfants et des familles du camp de Rhoe, notamment via la récente distribution de plus de 5 000 kits contenant des couvertures, des seaux, des jerrycans, des ustensiles de cuisine et du savon. L'UNICEF travaille également avec ses partenaires pour fournir aux enfants du camp une éducation et un soutien psychosocial.

Le programme d'éducation de l'UNICEF dans le camp bénéficie à 1 200 enfants déplacés et de la communauté d'accueil dans les écoles primaires. Il accueille les élèves de cinq écoles qui ont dû être désertées en raison des déplacements massifs. De nombreux enfants vont en classe dans plusieurs vastes tentes situées à côté d'une école de la communauté d'accueil qui surplombe le camp.

*Le prénom a été changé

Accéder aux contenus multimedia ici