Yémen : un enfant meurt toutes les 10 minutes alors qu’on pourrait l’éviter

Publié le 30 novembre 2017 | Modifié le 08 décembre 2017

L’UNICEF est parvenu à acheminer des vaccins au Yémen, mais la situation sur place est catastrophique : quasiment chaque enfant du pays a besoin d’une assistance humanitaire de toute urgence.

La réouverture de l’aéroport de Sanaa au Yémen le samedi 25 novembre a permis une action immédiate de l’UNICEF en faveur des enfants : un avion transportant 1,9 million de doses de vaccins a pu atterrir dans ce pays ravagé par la guerre. Près de 600 000 enfants à travers le pays devraient pouvoir bénéficier de ces produits qui les protègeront contre la diphtérie, la méningite, la coqueluche, la pneumonie et la tuberculose. Ces médicaments étaient très attendus car les stocks disponibles s’amenuisent à vue d’œil.

« L'un des pires endroits au monde pour un enfant »

À l’heure actuelle, le Yémen est « l’un des pires endroits au monde pour un enfant », souligne Gert Cappelaere, le directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Au terme de décennies de conflits, qui ont contribué au sous-développement du pays, la situation des plus jeunes est alarmante. Toutes les dix minutes, un enfant meurt. Un accès basique à des services de santé aurait pu sauver de nombreuses vies et ces morts auraient pu être évitées.

En deux ans et demi, environ 5000 enfants ont été tués ou gravement blessés lors des combats. Des milliers d’écoles et de centres de santé ont été endommagés ou totalement détruits, ce qui fait des enfants les victimes directes de la guerre. On compte à présent pas moins de 11 millions d’enfants qui ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence. Cela représente quasiment tous les enfants du Yémen. Plus de deux millions d’entre eux souffrent de malnutrition sévère.

L'UNICEF mobilisée

Le Yémen est aujourd’hui le pays où le taux de malnutrition est le plus élevé. C’est aussi là qu’il y a les plus faibles ressources en eau au monde. Avec un réseau d’approvisionnement en eau et d’assainissement dévasté et un système de santé harassé, les populations ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour faire face au quotidien. Les conséquences ont été désastreuses : on a connu cette année un pic massif et sans précédent de diarrhée et de choléra, qui a touché un million de yéménites.

Pour répondre aux besoins des enfants du Yémen, l’UNICEF se mobilise : des doses de nourriture thérapeutique, des tablettes de chlore pour purifier l’eau des puits, du matériel médical pour éviter l’apparition de maladies et des traitements contre la diarrhée et le choléra vont être distribués. Mais l’organisation appelle avant tout les parties en présence à prendre leurs responsabilités et à cesser de faire des enfants les victimes de cette guerre.