Plus de 1,4 million d’enfants forcés de fuir le conflit au Nigéria et dans sa région

Publié le 18 septembre 2015 | Modifié le 31 mars 2016

La réponse humanitaire de l’UNICEF non financée à 70%

Dakar / Genève / New York, 18 septembre 2015 – Une nette augmentation des attaques par le groupe armé Boko Haram a déraciné plus de 500000 enfants au cours des 5 derniers mois, portant le nombre total d’enfants en fuite dans le Nord Est du Nigéria et dans les pays voisins à 1,4 million, selon l’UNICEF.

« Chacun de ces enfants en fuite représente une enfance bafouée » selon Manuel Fontaine, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. « Il est très inquiétant de voir que des enfants et des femmes continuent d’être tués, enlevés et utilisés pour porter des bombes. »

Dans le Nord du Nigéria, près de 1,2 million d’enfants – qui pour moitié ont moins de 5 ans- ont été forcés de fuir de chez eux. 265 000 enfants de plus ont été déracinés au Cameroun, au Tchad et au Niger.

Avec les gouvernements et les partenaires des 4 pays affectés, l’UNICEF a augmenté ses interventions vitales pour les milliers d’enfants et de familles affectées par la violence. Depuis le début de l’année,

- Plus de 315 000 enfants ont été vaccinés contre la rougeole ;

- Plus de 200 000 personnes ont eu accès à l’eau potable ;

- Près de 65 000 enfants déplacés et réfugiés ont eu accès à une forme d’éducation et sont en mesure de continuer leurs apprentissages grâce à la distribution de matériel scolaire ;

- Près de 72 000 enfants déplacés ont pu bénéficier d’une aide psychologique et d’un soutien psychosocial ;

- Environ 65 000 enfants de moins de 5 ans ont pu être traités contre la malnutrition aiguë sévère.

Cependant, les financements restent insuffisants. L’UNICEF n’a reçu que 32% des 50,3 millions de dollars nécessaires pour financer la réponse humanitaire autour du Lac Tchad en 2015. En raison de ce manque de fonds, plus de 124 000 enfants affectés par le conflit ne sont toujours pas vaccinés contre la rougeole, plus de 83 000 n’ont pas accès à l’eau potable et plus de 208 000 ne sont pas scolarisés.

« Avec toujours plus de réfugiés et des ressources insuffisantes, notre capacité à fournir une assistance d’urgence sur le terrain est sérieusement compromise » prévient Manuel Fontaine. « Sans un soutien supplémentaire, des centaines de milliers d’enfants n’auront pas accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’éducation. »