Les dangers de la pollution de l’air sur les enfants

Publié le 14 octobre 2021

Les dangers de la pollution de l’air sur les enfants

Chaque année, la France compte entre 47 000 et 100 000 décès prématurés pour cause de pollution de l’air. Elle touche particulièrement les grandes agglomérations françaises et est en grande partie due au transport routier.

La pollution de l’air : véritable enjeu de santé publique

La pollution de l’air nous affecte tous, mais touche particulièrement les enfants. Les enfants ont une fréquence de respiration plus rapide que les adultes et leur organisme en pleine croissance y est beaucoup plus sensible que celui des adultes.
Les sources de pollution de l’air sont multiples en ville mais à l’échelle nationale, l’une des principales causes reste le trafic routier. L’ozone et les particules fines liées au carburant se mélangent et attaquent les poumons et le reste de l’organisme.

En France, trois enfants sur quatre respirent un air pollué, notamment en ville où la concentration du trafic automobile est très importante. Ces enfants ont plus de risque de développer des pathologies, telles que des allergies, de l’asthme, de l’eczéma, mais aussi de l’obésité et des syndromes dépressifs.
 

Les enfants pauvres doublement sensibles à la qualité de l’air

Selon le dernier rapport « De l’injustice sociale dans l’air : pauvreté des enfants et pollution de l’air  », les enfants pauvres sont susceptibles de cumuler d’autres nuisances de leur environnement et cela les rend plus vulnérables à la qualité de l’air. Dans de nombreuses situations, les populations les plus défavorisées se retrouvent contraintes de vivre dans des quartiers avec une forte présence du trafic, ou à proximité du périphérique, d’axes routiers majeurs, de tunnels et sans accès à des lieux végétalisés.

Comment protéger vos enfants contre la pollution

Des conduites simples et efficaces permettent de prévenir l’exposition de votre enfant à la pollution de l’air :

  • Connaitre le niveau de pollution : cela permet d’adapter les activités à prévoir. Par exemple, en cas de pic de pollution, l’effort physique en intérieur peut substituer celui en extérieur.
  • Eviter les grands axes à grande circulation : privilégier les petites rues peu passantes avec peu d’automobiles.
  • Eviter les rues où se concentre la pollution : elle se concentre notamment dans les rues avec de grands immeubles.
  • Ne pas attendre près des voitures au passage piéton : éloigner l’enfant du trafic autant que possible et se mettre à distance des voitures pour éviter d’inhaler les polluants, notamment ceux des pots d’échappement.

Pour en savoir plus, découvrez l’interview de la professeure Jocelyne Just, Cheffe du service d’allergologie pédiatrique de l’hôpital Trousseau à Paris (AP-HP).
 

 

Nos recommandations pour améliorer la qualité de l’air en ville

UNICEF France se mobilise au côté de ses associations partenaires, le Réseau Action Climat, Respire et le WWF, afin d’encourager les autorités nationales et locales à prendre les décisions qui permettront aux enfants d’aujourd’hui et de demain de respirer un air pur.

  • Généraliser les Zones à faibles émissions (ZFE) :

Les ZFE sont des espaces urbains délimités où ne peuvent circuler que les véhicules les moins polluants. Dans le cadre de la législation actuelle, les maires et les présidents d’intercommunalité ont la possibilité de mettre en place une ou plusieurs zones à faibles émissions sur le territoire dont ils ont la compétence.

  • Continuer de développer les investissements publics :

Il est essentiel que le gouvernement réalise des aménagements sécurisés pour accélérer la transition vers des alternatives moins polluantes. Cela avait déjà été fait, en partie, pendant la pandémie de Covid-19 en mai 2020 avec le fonds vélo national et les projets d’aménagement visant à rendre les territoires cyclables.

  • Accompagner et accélérer le changement de comportement :

Généraliser l’apprentissage du vélo à l’école permettrait à la fois aux parents et aux enfants de pédaler de façon plus sécurisée et sereine en ville.

  • Diminuer l’impact de la voiture sur la santé publique :

Cela peut se faire en mettant fin à la commercialisation des voiture neuves consommant du diesel et de l’essence et en assurant la disponibilité d’une offre automobile moins émettrice de polluants.

  • Renforcer les connaissances concernant l’exposition des enfants à la pollution de l’air :

Peu de données existent aujourd’hui, et ce, malgré la gravité des effets de la pollution de l’air sur les enfants. Un travail de recensement des bonnes pratiques mises en place par les collectivités et établissements scolaires est nécessaire.