Angela, 11 ans : "Je croyais que l'excision était une pratique normale "

Publié le 04 février 2021

Comme de nombreuses filles en Ouganda, Angela pensait que l’excision était un rituel commun pour devenir une femme. Elle y a échappé de peu grâce à un programme de sensibilisation aux mutilations génitales féminines soutenu par UNICEF et ses partenaires. Elle raconte son histoire.

Angela vit dans une zone très rurale coupée du monde extérieur. Contrairement aux jeunes de son âge, elle aborde avec ses amies des sujets très graves. Comme elle le confie, leur discussion tourne autour des pratiques d’excision.  

« J’ai entendu dire qu'il fallait être excisée pour être considérée comme une femme, alors avec mes amies nous avons acheté des lames de rasoirs. Puis nous avons recherché un « chirurgien » et en avons trouvé un de l’autre côté de la frontière, au Kenya » raconte la jeune fille.  

Dans la majorité des cas, les mutilations génitales féminines sont exercées sur des jeunes filles âgées de 11 à 15 ans avant de se marier.  Depuis une loi de 2010, le gouvernement Ougandais a interdit les mutilations génitales féminines. Les communautés locales de l’est de l’Ouganda passent outre cette interdiction en se rendant au Kenya, un pays limitrophe. Selon nos estimations, 72% des Ougandais traversent la frontière pour se faire exciser.

Par chance, les autorités au Kenya ont été alertées et les ont pris en charge. « Les autorités locales nous ont demandé de remettre les lames de rasoir que nous avions achetées. Nous avons été ensuite emmenés à Nauma, à la frontière avant de rentrer en Ouganda », explique Angela.

L’action d’UNICEF dans la lutte contre les mutilations génitales féminines

Depuis 2009, UNICEF, en partenariat avec l’UNFPA (l’agence directrice des Nations Unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive) mène un programme conjoint contre les mutilations génitales féminines en intervenant dans 17 pays dont l’Ouganda et le Kenya. La collaboration transfrontalière entre les communautés ougandaise et kényane constitue un facteur clé du succès de ce programme et permet de lutter contre les excisions et les mariages précoces, notamment dans certaines régions de l'est de l'Ouganda et chez les Pokot au Kenya.

En dépit de la fermeture des frontières et les restrictions de mouvement liées à la pandémie de  Covid-19, 25 jeunes filles et adolescentes ont été sauvées l’année dernière  des mariages précoces et de mutilations génitales féminines.

Angela et ses amies ont trouvé refuge à Kalas, une école primaire pour filles dans le district d’Amudat, à l’est de l’Ouganda. Grâce au programme conjoint UNICEF-UNFPA contre les mutilations génitales féminines, Angela se remet à rêver : « Je me sens en sécurité dans cette école et je prends conscience de choses. A l’école, on nous sensibilise, on nous raconte les histoires de filles ayant subi des mutilations génitales. Nous savons désormais que ces pratiques sont dangereuses. Tout cela m’a donné envie d’être infirmière en aide aux autres ».