La violence liée au conflit armé qui sévit actuellement en Colombie met en danger des dizaines de milliers d’enfants.
Bogotá/ New York, le 12 février 2026 – Selon les cas vérifiés par les Nations unies, le nombre d’enfants recrutés et utilisés par des groupes armés en Colombie a augmenté de 300 % au cours des cinq dernières années, alors que l’escalade de la violence expose des dizaines de milliers d’enfants à de graves dangers.
Selon les derniers chiffres vérifiés par l’ONU issus du Rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés (CAAC), couvrant l’année 2024, en moyenne, un enfant est recruté et utilisé par des groupes armés en Colombie toutes les 20 heures.
« Les enfants colombiens ne sont pas seulement pris au piège des combats : ils sont activement recrutés ou utilisés par les groupes armés depuis des années. Les conséquences de ces pratiques sont dévastatrices pour ces enfants et leurs familles », a déclaré Tanya Chapuisat, représentante de l’UNICEF en Colombie. « Il est urgent d’agir pour protéger les enfants contre le recrutement et l’utilisation par les groupes armés mais aussi contre les violences sexuelles et les autres violations graves dont ils sont victimes, et les aider à faire face aux conséquences traumatiques qui peuvent les marquer à vie. »
Victimes avant tout
Le recrutement et l’utilisation d’enfants constituent une violation grave de leurs droits. Ils sont interdits par le droit international, notamment le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme.
L’augmentation du phénomène de recrutement et d’utilisation d’enfants, mais également d’autres violations graves commises par des groupes armés en Colombie, est alimentée par l’escalade de la violence, la pauvreté généralisée, le manque d’accès à l’éducation et la disponibilité limitée des infrastructures essentielles et des services sociaux dans certaines régions, en particulier dans les zones rurales. Les enfants sont souvent contraints de rejoindre ces groupes pour subvenir aux besoins de leur famille, échapper à la violence domestique ou sous la menace. Beaucoup sont recrutés et utilisés après avoir été séparés de leurs proches, privés de protection et de moyens de subsistance. Les groupes armés utilisent de plus en plus les réseaux sociaux pour recruter et utiliser des enfants, souvent avec la fausse promesse d’une vie meilleure et d’un emploi. Une fois intégrés au groupe, les enfants ne sont pas autorisés à le quitter.
L’action de l’UNICEF
L’UNICEF lutte contre le recrutement et l’utilisation d’enfants à travers une approche systémique qui privilégie l’accès aux services essentiels au sein de leurs familles et communautés. En collaborant avec les institutions nationales et locales, l’UNICEF contribue à garantir que les enfants et les adolescents aient accès à l’éducation, à la protection et à des opportunités qui réduisent leur exposition à la violence, à l’enrôlement ainsi qu’à d’autres violations graves. L’UNICEF travaille également au niveau communautaire, dans une perspective ethnique, afin de mieux comprendre les risques liés aux conflits et de renforcer les environnements offrant protection.
En mettant l’accent sur la prévention, l’UNICEF autonomise les enfants et les adolescents, en les aidant à développer leurs capacités à reconnaître les risques et à élaborer des projets de vie loin de la violence. Ces efforts ont contribué à l’adoption d’une stratégie nationale de prévention du recrutement des enfants.
Notes aux rédactions
Tous les enfants rencontrés lors d’opérations de sécurité doivent être remis aux acteurs étatiques chargés de la protection de l’enfance, conformément au Protocole pour la remise, la libération et la réinsertion des enfants associés aux groupes armés, validé l’année dernière par l’État, les agences onusiennes et les organisations de la société civile. Cette mesure vise à garantir que les enfants effectivement ou prétendument associés à des groupes armés, y compris ceux accusés d’avoir commis des crimes, soient principalement considérés comme des victimes de violations du droit international ou d’abus, plutôt que comme auteurs de ces infractions, conformément au droit international applicable.
Les six violations graves comprennent le meurtre et la mutilation d’enfants, le recrutement et l’utilisation d’enfants, les violences sexuelles contre des enfants, les attaques contre des écoles ou des hôpitaux, l’enlèvement d’enfants et le refus d’accès humanitaire aux enfants.