Covid-19 : les conseils de l’ONU pour éviter une pénurie alimentaire

Publié le 03 avril 2020

Les mesures prises pour éviter la propagation du Covid-19 peuvent avoir une incidence importante sur l’approvisionnement alimentaire et aboutir à une pénurie sur le marché mondial, alertent l’OMS, l’OMC et la FAO.

Dans de nombreux pays, l’incertitude a poussé les consommateurs à faire des courses de façon frénétique dans la crainte d’une pénurie liée à la propagation du Covid-19. La situation s’est quelque peu apaisée, notamment en France, mais comment s’assurer qu’elle ne se reproduise pas ? C’est le sens de l’alerte lancée mardi 31 mars par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ces trois agences onusiennes ont appelé les Etats à veiller à ce que « l’ensemble des mesures commerciales ne perturbe pas la chaîne de l’approvisionnement alimentaire ».

Eviter un scénario qui fait empirer la malnutrition

Toutes trois insistent sur la nécessité de disposer de données accessibles à tous pour connaître les niveaux de production, de consommation, l’état des stocks et le niveau des prix. C’est indispensable pour que les consommateurs, ainsi que les commerçants et les producteurs puissent prendre des décisions éclairées pour éviter « les achats basés sur la panique et l’accumulation de nourriture et d’autres articles essentiels ». Pour l’Organisation des Nations unies, il est primordial de ne pas faire empirer la faim et la malnutrition en pleine crise sanitaire.

Les trois agences de l’ONU redoutent qu’avec les restrictions sur la circulation des travailleurs agricoles ou de l’industrie alimentaire et des retards aux frontières pour les containers, on aboutisse à des gâchis et à une hausse du gaspillage. Ces pertes en quantité massive engendreraient des incertitudes sur la disponibilité de certains produits, des restrictions sur les exportations et à terme une pénurie. À terme, les prix des produits alimentaires grimperaient en flèche. Ce scénario serait « particulièrement néfaste pour les pays à faible revenu et en déficit alimentaire et nuirait aux efforts des organisations humanitaires qui souhaitent distribuer de la nourriture à ceux qui en ont le plus besoin », soulignent les trois agences.

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Pour empêcher une telle issue de survenir, les échanges commerciaux entre Etats doivent continuer, insistent-elles. Il convient néanmoins de fournir aux personnes travaillant dans la production alimentaire ou la vente de disposer de matériel de protection pour éviter la propagation du virus et maintenir la chaîne d’approvisionnement. Ces mesures associées à une plus grande transparence devraient permettre de remédier au risque de pénurie. « Le moment est venu de montrer de la solidarité, d'agir de manière responsable et d'adhérer à l’objectif commun qui est d'améliorer la sécurité alimentaire, la salubrité alimentaire et la nutrition et le bien-être général des populations à travers le monde », ont affirmé les responsables des trois agences.

Jour après jour, les équipes d’UNICEF agissent sur le terrain contre la malnutrition et pour protéger les enfants des répercussions du Covid-19. Soutenez notre action.