Covid-19 : protéger les enfants après le confinement

Publié le 14 avril 2020

L’heure est à la lutte contre le coronavirus, mais il importe également de préparer l’après et de mettre les enfants à l’abri des répercussions néfastes de la crise sanitaire. Voilà pourquoi UNICEF a élaboré une série de mesures à adopter sur le long terme.

Pendant que nous sommes concentrés sur la manière dont nous pouvons éviter ou traiter le Covid-19, nous ne devons pas oublier les conséquences potentiellement dévastatrices que le COVID-19 peut avoir sur les droits des enfants une fois la pandémie passée. Pour préparer le monde à faire face à cette crise sanitaire et pour protéger les enfants les plus vulnérables, UNICEF a lancé un agenda mondial d’action.

Dans le monde, 99% des enfants et adolescents âgés de moins de 18 ans, soit 2,34 milliards d’enfants, vivent dans l’un des 186 pays ayant mis en place des restrictions pour faire face au Covid-19. Et 1,4 milliard d’entre eux vivent dans un pays où un confinement total ou partiel a été mis en place. A moins d'agir dès maintenant pour éviter les impacts de la pandémie sur les enfants, les échos du Covid-19 endommageront durablement notre future.

Les jeunes et les plus vulnérables : premières victimes de toutes les crises

« Nous savons que, dans toute crise, les jeunes et les plus vulnérables souffrent de manière disproportionnée. La pandémie ne fait pas exception », a déclaré Henrietta Fore, directrice générale d’UNICEF. Afin de protéger la santé et le bien-être de chaque enfant, nous devons dès maintenant penser au futur. Augmenter dès maintenant les investissements dans l’éducation, la protection infantile, la santé, la nutrition, l’accès à l’eau et à l’assainissement permettra au monde de réduire les dommages causés par cette crise et d’en éviter de nouvelles.

Maintenir les priorités de développement dans tous les pays est essentiel, sans quoi les échos du Covid-19 auront des conséquences catastrophiques et durables. Afin de protéger les enfants les plus vulnérables, UNICEF que les actions mises en place doivent resposer sur six piliers :

  1. maintenir les enfants en bonne santé ;
  2. leur garantir un accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène ;
  3. leur permettre de continuer à apprendre ;
  4. couvrir les besoins des parents et prendre soin des enfants ;
  5. protéger les enfants de la violence, de l’exploitation et des abus ;
  6. protéger les enfants réfugiés et migrants, ainsi que ceux touchés par des conflits.

Sans une action urgente, cette crise sanitaire risque de devenir une crise des droits des enfants.

Une action urgente indispensable

Le Covd-19 représente une menace pour les systèmes de santé les plus faibles, mais aussi pour les progrès accomplis pendant ces dernières décennies en matière de santé, de survie infantile, de nutrition, d’éducation, de droits des enfants ou encore de développement.

Dans le monde, un très grand nombre de systèmes de santé sont déjà fragiles et l’on constate déjà un affaiblissement des campagnes de vaccination en raison des mesures prises en réponse à la pandémie. Dans de nombreux pays, en plus d’être vulnérables face au Covid-19, un nombre important de nouveau-nés, d’enfants, d’adolescents et de femmes enceintes seront davantage exposés à un risque de propagation de maladies évitables, comme la polio, le choléra ou la rougeole, si des mesures ne sont pas prises. Il en est de même pour les programmes de nutrition qui risquent d’être perturbés ou interrompus.

Dans le monde, 40% de la population, soit 3 milliards de personnes, n’a toujours pas la possibilité de se laver les mains à l’eau et au savon à la maison. Pour un nombre trop important d’enfants, l’accès à l’eau et à des infrastructures basiques d’hygiène et d’assainissement est limité, rendant impossible les pratiques d’hygiène essentielle pour se protéger et protéger son entourage du Covid-19.

Redoubler notre engagement et notre investissement pour les enfants

Une génération entière d’enfants – 91% des enfants du monde - a vu ses études s’interrompre au cours des derniers mois. Or, les précédentes fermetures d’école nous ont appris que les enfants, en particulier les filles, maintenus en dehors de l’école pour une durée prolongée ont moins de chances d’y retourner une fois que les salles de classe rouvrent leurs portes.Nous savons aussi qu’en dehors de l’école, les enfants sont davantage exposés à la violence, à l’exploitation ou aux abus. De plus, dans un grand nombre de pays, 2 enfants sur 3 sont victimes de punitions violentes de la part des adultes avec qui ils vivent. Ces enfants sont encore plus en danger en période de confinement, alors que l’accès aux services de protection est limité.

Pour protéger chaque enfant, les gouvernements doivent intensifier les mesures de protection sociale. Car en plus du risque accru de violences envers les enfants, s’ajoute la pauvreté : les conséquences des mesures pour répondre au Covid-19 risquent de priver des millions de familles de revenus. Les enfants les plus vulnérables, ceux qui sont déjà victimes de crises humanitaires, sont exposés à un double risque : celui de voir leurs besoins vitaux urgents non assouvis et leur vulnérabilité exacerbée. Pour ces enfants qui ont été arrachés à leur famille ou à leur maison et qui étaient déjà en difficulté avant la pandémie, il est essentiel d’agir.

Leur monde demain est notre responsabilité aujourd’hui

Le Covid-19 exerce une pression inédite sur les producteurs des denrées essentielles à la protection de tous et les services de logistique. UNICEF travaille afin de fournir aux enfants les plus vulnérables du matériel de protection face à la pandémie, et est déterminé à assurer l’acheminement d’équipement pour continuer son intervention et ses programmes d’éducation, d’accès à l’eau et à l’assainissement, et son soutien à la réponse humanitaire.

Alors que nous sommes en ce moment concentrés sur cette période de confinement avec le souci immédiat de nous maintenir, ainsi que nos proches, en bonne santé, nous devons aussi penser aux millions d’enfants qui risquent de devenir les victimes cachées de cette pandémie. Ce à quoi ressemblera leur monde de demain, et ce à quoi leur futur va finalement ressembler, est aussi notre responsabilité aujourd’hui.