Covid-19 : une menace concrète pour les droits des filles, UNICEF se mobilise

Si la pandémie de Covid-19 pèse sur l’ensemble de la population mondiale, ses répercussions menacent considérablement les droits des filles dans le monde. UNICEF, en collaboration avec les communautés, et ses partenaires, travaille pour réduire l’impact de la pandémie sur les filles et leurs familles.

Les crises de santé publique passées ont conduit à une augmentation des inégalités entre les sexes, avec des effets dévastateurs sur les filles, leurs droits et leur avenir. La pandémie mondiale de la Covid-19 représente une véritable menace pour les filles sur bien des questions ; mise en péril de leur protection, recul de la scolarisation, lourdes conséquences sur leur santé…Face à cet état des lieux alarmant, UNICEF s’engage pour atténuer ces risques et protéger les droits des filles à long terme. Il existe des réponses qui peuvent atténuer ces risques.

Les impacts de la pandémie de coronavirus étant multiples, aussi bien socioéconomiques, politiques que sanitaires, il est primordial d’apporter une réponse multisectorielle. L’objectif d’UNICEF est d’œuvrer pour renforcer les systèmes d’éducation, de santé et de protection universels, équitables et de qualité, en donnant priorité au respect et à la réalisation des droits des enfants, en particulier des filles.

Permettre aux filles de poursuivre leur apprentissage

  • L'accès aux moyens d'apprentissage et d'éducation de qualité pour tous les enfants, en particulier les jeunes filles et adolescentes, doit être prioritaire, y compris l’apprentissage à distance dans des environnements à faible ou à forte connectivité, et ce, dans le respect des pratiques de protection en ligne. Cela inclut aussi de mettre à disposition des aidants (parents et/ou éducateurs et/ou enseignants) souvent des femmes d’ailleurs,  des ressources et les former pour soutenir cet apprentissage à distance.

    Au Guatemala, UNICEF travaille avec le gouvernement pour soutenir les communautés des zones reculées, faiblement connectées et sans électricité, en fournissant des documents imprimés, des messages télévisés et radiophoniques, des GIF via des téléphones portables montrant des garçons et des filles aidant aux tâches domestiques, et des conseils aux adultes dans le cadre du soutien psychosocial aux victimes de la violence sexiste.

  • Lever les obstacles financiers afin de faciliter l’accès ou le retour éventuel des filles à l’école : en renonçant aux frais de scolarité ou d’examen, ou encore par des transferts d’argent liquide – qui se sont avérés être des stratégies efficaces pour aider les familles à ne plus envisager de marier leur fille ou les envoyer travailler.

    Suite à Ebola, le gouvernement de Sierra Leone a renoncé aux frais de scolarité et d'examen pour les élèves pendant 2 années scolaires, l’idée étant de motiver les parents et les soignants à renvoyer les enfants à l'école. 

    Au Ghana, la sécurité et l'apprentissage des filles ont été une priorité lors des fermetures d'écoles. Le ministère du genre, des enfants et de la protection sociale va augmenter les transferts d'argent liquide dans le cadre du programme LEAP (« Livelihood Empowerment Against Poverty ») pour les familles extrêmement pauvres, facilitant ainsi le retour des filles à l'école dans les communautés durement touchées par l'impact économique de la Covid-19.
     

  • Garantir une participation des filles par des campagnes de communication et mobilisation sociale auxquelles elles sont étroitement associées. Les campagnes de retour à l'école doivent inclure des messages ciblés à l'intention des communautés et des personnes qui s'occupent des enfants afin de les inciter à soutenir activement le retour des filles à l'école.

Mettre fin aux violences basées sur le genre

Les gouvernements, lorsqu’ils planifient des mesures d’éloignement social et d’autres mesures de riposte à la Covid-19, doivent impérativement prendre en compte les dangers uniques auxquels sont exposées les filles.

  • Maintenir ouverts et accessibles des espaces sûrs pour les filles et les femmes : lieux de prise en charge psychologique, de gestion des cas de violences essentiels, mais aussi un point d’entrée clé pour permettre la continuité des soins.
     
  • Renforcer les capacités des travailleurs de première ligne et des établissements de soins de santé : permettre au personnel la prise en charge des victimes par un travail de formation et un accompagnement adapté, sensibiliser la communauté aux actions de lutte contre la violence liée au genre.
     
  • Atténuer l’impact des fermetures des écoles sur les filles et les risques de violence qui en découlent :  continuer à travailler avec  le personnel éducatif en vue de le sensibiliser à la violence liée au genre et aux moyens d’atténuer les risques, surveiller les taux d’abandon scolaire des filles, lutter contre les risques de mariages ou de grossesses précoces, pour assurer leur retour à l’école.
     
  • Faciliter la circulation de et l’accès à l’information : accroître la sensibilisation et la communication sur les mécanismes de soutien existants et accessibles pour les victimes de violences sexuelles. Par exemple, les lignes d'assistance téléphonique.

    En Côte d'Ivoire, durant la période de fermeture des écoles, le gouvernement avec le soutien d’UNICEF a lancé un programme national d'enseignement à distance : Mon école à la maison. La communauté pouvait suivre la manière dont la pandémie affectait les élèves et les familles, donné des indications sur les personnes qui pouvaient avoir besoin d'être protégées contre la violence sexiste et pratiques néfastes... Aujourd’hui, des protocoles nationaux pour assurer la sécurité, l’apprentissage et le bien-être ont été mis en place, avec un focus sur les filles adolescentes, des classes de rattrapage ont été créées pour soutenir le retour des filles à l’école, des programmes de parentalité ont été instaurés, une stratégie nationale d’apprentissage à distance a été adoptée.

Garantir la continuité des services de santé de base de qualité

Donner priorité aux services de santé sexuelle et reproductive, y compris les soins pré et postnatals et les soins de dépistage et d'intervention en cas de violences basées sur le genre.
Lorsque les structures médicales ne sont pas disponibles ou ciblée uniquement sur la réponse à la Covid-19, il est essentiel de développer des moyens de soutien à distance, notamment via des consultations virtuelles.

Faire entendre la voix des filles et des femmes

Identifier les réseaux de femmes et groupes de défense des droits des jeunes existants, les soutenir, pour renforcer le leadership et la participation significative des femmes et des filles dans tous les processus de prise de décision pour faire face à l'épidémie de Covid-19 et à son impact sur le long terme.

Collecter des données sur le genre

Renforcer et donc investir dans la recherche et la collecte de données qui prennent en compte la dimension de genre, pour que toute décision soit fondée sur des faits avérés et que toute réponse soit conforme à la réalité des besoins identifiés.

Coordonner les efforts

Au-delà de l’engagement communautaire, la réponse doit être coordonnée entre les différents acteurs impliqués (agences des Nations Unies, gouvernements, organisations de la société civile, bailleurs de fonds, …) en vue d’assurer l'adoption de politiques et une mise en œuvre d’interventions efficaces.

UNICEF et le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) se sont associés dans deux programmes conjoints mondiaux :

A l’occasion du 11 octobre, Journée mondiale des filles, il est essentiel de rappeler l’importance de se mobiliser pour la défense des droits des filles dans le monde.  Afin de limiter le recul considérable de ses droits à cause de la pandémie, il est primordiale d’œuvrer tous ensemble pour offrir un avenir à toutes les filles.

Contribuez à changer la vie des jeunes filles : faites un don à UNICEF.