Inde : l'école primaire sera gratuite et obligatoire

Publié le 02 avril 2010 | Modifié le 10 juin 2016

L'Inde a annoncé jeudi 1er avril l'entrée en vigueur d'une loi rendant l'école primaire obligatoire. Près de 8 millions d'enfants déscolarisés issus de milieux défavorisés doivent ainsi rejoindre le système éducatif.

Le premier ministre Manmohan Singh a annoncé « Notre gouvernement vient devant vous pour prendre l'engagement de donner à tous nos enfants le droit à une éducation élémentaire ». M. Singh a ajouté « Je suis ce que je suis aujourd'hui grâce à l'éducation. Je veux que chaque enfant indien, fille et garçon, soit tout aussi touché par la lumière de l'éducation. Je veux que chaque Indien rêve d'un avenir meilleur et vive ce rêve ».

Concrètement, la loi prévoit de scolariser tous les enfants âgés de 6 à 14 ans et de mettre à disposition un professeur diplômé pour 30 élèves maximum.

Pour Karin Hulshof, représentante de l’Unicef en Inde : « La loi sur le droit à l’éducation propulsera l’Inde vers la prospérité en garantissant à chaque enfant le droit à un enseignement de qualité, préalable indispensable à un avenir prometteur ».

La loi vise l’accès de tous les enfants à l’école, en particulier ceux qui travaillent, les migrants, et tous ceux qui sont « désavantagés pour des raisons de genre ou pour un facteur social, culturel, économique, géographique ou linguistique ».

Les estimations varient sur le nombre d’enfants de 6-14 ans actuellement déscolarisés en Inde. Pour le gouvernement, ce sont 8 millions d'enfants de cette tranche d'âge qui doivent désormais rejoindre les bancs de l’école. Et pour réaliser cet objectif dans les meilleures conditions, un million de nouveaux enseignants devront être formés sur les cinq prochaines années, pendant que les enseignants déjà en poste bénéficieront de formations destinées à renforcer leurs capacités.

Pour l’Unicef et ses partenaires, le rôle des familles et des communautés sera primordial dans la mise en œuvre de la nouvelle loi. Car selon d’autres sources, ce sont 190 millions d’enfants qui n’assistent pas à la classe dans l’ensemble du pays aujourd’hui. Des comités de pilotage d’écoles, rassemblant parents, enfants, enseignants et autorités locales, devront être soutenus par les plans de développement scolaire. Il est nécessaire qu’une moitié de représentants des groupes défavorisés (les femmes en particulier) figure à ces comités.

« Des dizaines de millions d’enfants seront bénéficiaires de cette initiative offrant équitablement une éducation de qualité », promet Karin Hulshof. 

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