Fracture numérique : la touchante vidéo de Lola Dubini au Tchad

Publié le 11 décembre 2017 | Modifié le 07 septembre 2018

La youtubeuse et comédienne Lola Dubini s’est rendue il y a quelques semaines au Tchad, où elle a pu constater que l’accès à Internet est une chance dont beaucoup d’enfants sont privés, un sujet au cœur du rapport de l’UNICEF intitulé Grandir dans un monde numérique.

Internet est un outil efficace et performant pour s’informer, communiquer, s’exprimer, apprendre, se divertir et créer. Mais des millions d’enfants n’ont pas accès à ces possibilités : on estime que dans le monde, 29% d’entre eux – soit 346 millions d’enfants – n’utilisent pas Internet, souligne le rapport sur la situation des enfants dans le monde en 2017 intitulé Grandir dans un monde numérique.

C’est en Afrique que la situation est la plus critique : 60% des enfants n’ont pas d’accès à Internet, alors que ce chiffre n’est que de 4% en Europe. Or, le numérique a modifié en profondeur le monde du travail, créé de nouvelles perspectives d’emploi et fait évoluer les pratiques. Mais les jeunes du Tchad et de bien d’autres pays sont encore de l’autre côté de la barrière.

En se rendant à N’Djamena, la youtubeuse Lola Dubini a pu rencontrer et discuter avec des jeunes pour qui aller sur Internet n’a rien d’évident. Elle a par exemple recueilli le témoignage de Khadija, une fillette de 14 ans qui n’a jamais été sur le réseau mondial. Pour la youtubeuse, cette situation est extrêmement préoccupante : « Sans Internet, je ne pourrais pas exercer mon métier, rappelle-t-elle. Voir que ces jeunes n’ont pas la possibilité d’en faire autant, ça me donne envie d’agir pour changer les choses. »

Au Tchad, l’un des pays les plus pauvres du monde, se rendre sur Internet est un privilège qui ne concerne que 5% de la population. Les opérateurs proposent des forfaits mensuels s’élevant à 20 euros, des prix similaires à ceux de la France. Or, au Tchad, le salaire minimum par mois est de… 90 euros. Pour bien des foyers, il est impossible de consacrer ainsi plus de 20% de leurs revenus à un accès à Internet.

Dans quelques villes du pays, le réseau 3G, de faible qualité, permet de se connecter, mais on est très loin d’une connexion haut débit optimale. Au quotidien, cela signifie que l’on ne consulte ses mails qu’une à deux fois par semaine. Les rares youtubeurs sur place doivent supporter d’importants sacrifices financiers pour publier des vidéos. Il faut parfois se rendre chaque jour pendant deux semaines dans un cybercafé pour mettre en ligne une seule vidéo !

Les obstacles pour accéder au monde digital frappent plus durement les filles, moins nombreuses que les garçons sur Internet. Le rapport Grandir dans un monde numérique rappelle qu’en raison de normes sociales et de barrières culturelles, les filles sont tenues à l’écart des téléphones mobiles dans plusieurs sociétés. On diminue ainsi leur capacité à s’élever, à apprendre, et à prendre confiance en elles-mêmes. Marginalisées, elles passent à côté d’informations précieuses qui leur auraient permis de connaître leurs droits ou de mieux intégrer le monde du travail.

L’UNICEF s’efforce de démocratiser l’accès aux nouvelles technologies et plusieurs projets ont été menés en ce sens au Tchad. L’un d’eux consiste à cartographier le camp de retournés de Gaoui avec des tablettes numériques pour permettre aux jeunes de se repérer sur une carte en ligne et d’utiliser cet outil. Lola Dubini a également pu assister à la construction d’un ordinateur dans un jerrycan : cela permettra aux jeunes de se connecter à Internet autrement qu’avec leur téléphone mobile.

Car si les smartphones sont assez répandus, les limites de cet outil se font vite sentir : il n’est pas pratique d’y rédiger des contenus longs et enrichis ou d’y réaliser des montages de vidéos. Autant de techniques qui ne sont pas familières aux jeunes Tchadiens mais qui pourraient leur être utiles dans leur vie professionnelle.

Le rapport sur la situation des enfants dans le monde 2017 se penche également sur la nécessité de protéger les enfants sur les périls du monde numérique. Pour connaître les grandes lignes du rapport Grandir dans un monde numérique, consultez notre communiqué de presse.

Au Tchad, l’UNICEF aide les enfants réfugiés, déplacés et vulnérables à retourner à l’école et s’assure qu’ils y bénéficient d’un espace sécurisé et protégé. L'UNICEF soutient leur développement à travers la pratique du sport, en construisant des terrains par exemple. Le sport et le jeu sont des droits fondamentaux des enfants, au même titre que la santé et l’éducation.

Envoyez par SMS « TCHAD » au 92092

Comme Lola Dubini, vous pouvez soutenir un projet d'éducation inclusive pour les enfants du Tchad en envoyant par SMS « TCHAD » au 92092.

Grâce à ce projet, des jeunes et plus particulièrement des filles, pourront bénéficier d'une formation professionnelle. Des enseignants seront sensibilisés aux droits de l'enfant.

Des activités sportives leur seront également proposées et seront l'occasion de les sensibiliser aux droits humains, à la paix et à la vie en société.

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