La France ne fait pas exception à la crise des droits de l’enfant

Publié le 19 novembre 2020

UNICEF France appelle à la mobilisation des pouvoirs publics pour limiter les impacts que la crise sanitaire aura sur l’effectivité des droits de l’enfant à l'occasion du 31e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Paris, le 20 novembre 2020 - Il y un an, UNICEF appelait déjà à renforcer l’action publique française en faveur des enfants et des jeunes. L’année écoulée a vu les droits de l’enfant subir partout dans le monde les effets de la crise sanitaire, sans que la France ne fasse exception.

Si les enfants ne sont pas directement victimes du virus, les conséquences socio-économiques de la pandémie risquent en revanche d’avoir des effets dramatiques sur leur avenir. « Sans une action forte des gouvernements, et sans une prise de conscience de l’importance d’investir pour et dans les enfants, des décennies de progrès en leur faveur risquent d’être perdus, en France et partout dans le monde », a déclaré Sébastien Lyon, directeur général d’UNICEF France.

En France, des conséquences multiples qui fragilisent les enfants

Les enfants ont vu leur quotidien bouleversé par le virus. La fermeture des écoles puis les protocoles sanitaires exigeants à leur réouverture ont modifié le rapport des enfants à leur scolarité. La continuité éducative n’a pu bénéficier à tous les enfants de la même manière, creusant davantage encore des inégalités existantes. Par ailleurs, la crise a mis en tension la politique de protection de l’enfance dans un contexte de hausse significative des signalements pour violences intrafamiliales. Elle a mis en lumière ses dysfonctionnements en révélant, dans certains cas, des ruptures brutales dans la prise en charge des mineurs non accompagnés ou encore des jeunes majeurs. Enfin, les besoins en santé psychique et mentale se sont renforcés avec cette crise, alors que les moyens alloués avant la crise n’étaient pas suffisants.

La pauvreté des enfants va poursuivre son augmentation

A l’instar du reste du monde, la France n’échappe pas, malgré son statut de 6e puissance mondiale, à l’augmentation du nombre d’enfants affectés par la pauvreté multidimensionnelle. Les effets du confinement ont d’ores et déjà des conséquences sur les familles, en témoignent la hausse des demandes auprès des associations d’aide alimentaire.

La crise économique à venir risque d’avoir des effets plus graves encore, certaines familles basculant dans la pauvreté et d’autres – les plus pauvres - voyant leurs conditions de vie se détériorer davantage. Les conséquences économiques de la pandémie ont des traductions concrètes dans la vie des enfants : habitat précaire, difficultés pour se nourrir alors que la cantine scolaire n’est plus toujours accessible ou difficile à payer, difficultés pour acquérir le matériel nécessaire pour l’école et davantage encore pour avoir accès aux outils numériques ou aux loisirs et à la culture…

Des mesures de protection sociale en direction des enfants et des familles

UNICEF France appelle à renforcer les aides en direction des familles et des jeunes, notamment en relevant les minima sociaux et renforçant les filets de protection pour les personnes en emploi précaire. Le logement doit également être une priorité pour réduire la précarité dans laquelle vivent aujourd’hui de nombreuses familles.

Pour répondre à l’urgence de la situation, UNICEF propose à l’ensemble des Etats un plan d’action en 6 points avec pour priorités d’action : l’éducation, la santé mentale, la violence, l’environnement, la pauvreté, les situations de conflits, catastrophes, déplacements.

En conséquence UNICEF France appelle le gouvernement français à s’approprier chacun de ces points et à les décliner dans ses politiques domestiques et de coopération au développement. UNICEF France recommande en priorité de prendre des mesures fortes de nature à contrer l’augmentation de la pauvreté des enfants, et de veiller à la continuité éducative de tous les enfants alors que la crise sanitaire s’installe dans la durée.

Pour Sébastien Lyon, « la France doit faire de la crise actuelle une opportunité pour opérer un tournant en faveur des enfants et de l’effectivité de leurs droits. »