Le gouvernement et UNICEF lancent un « Matching Fund »

Publié le 23 juillet 2019

Pour la première fois en France, le gouvernement et UNICEF lancent un « Matching Fund » public-privé en faveur de l’autonomisation des jeunes filles.

Paris, le 16 juillet 2019 - Pour chaque don versé à UNICEF pour la scolarisation des filles au Sahel, un don du même montant sera versé à UNICEF par le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères français.

UNICEF et le gouvernement français s’associent pour une initiative pilote de financement de programmes dans la zone Sahel visant à maintenir les jeunes filles à l’école.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, et le Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ont lancé ce fonds à double impact le 5 juillet dernier lors de la réunion ministérielle du G7 consacrée au développement et à l’éducation, en présence d’Henrietta Fore, la directrice générale d’UNICEF.

Ce fonds public-privé est un mécanisme de financement innovant créé pour permettre aux partenaires privés – entreprises et fondations - de s’engager et de démultiplier l’impact de leur don, chaque don étant doublé par l’Etat français, à hauteur d’1 million d’euros. La levée de fonds se déroule de juillet à fin décembre 2019. Ces financements permettront de lancer un projet pilote en Mauritanie dont l’objectif est de soutenir l’autonomisation des adolescentes par un meilleur accès à l’éducation, à la participation citoyenne et aux opportunités professionnelles.

Devenir actrices de son avenir

Dans les pays d’Afrique subsaharienne, la difficulté du maintien à l’école et de l’insertion dans l’enseignement secondaire ainsi que le mariage des enfants font partie des obstacles les plus importants à l’autonomisation des jeunes filles. La Mauritanie enregistre un des taux de mariage des enfants les plus élevés au monde : plus d’une fille sur trois est mariée avant l’âge de 18 ans.

Or la scolarisation des filles a un « effet multiplicateur » positif sur elles, leurs familles, et pour le développement du pays. Des filles instruites tendent à se marier plus tard et à avoir moins d’enfants, et ces enfants ont à leur tour de meilleures chances de survivre, d’avoir une nutrition adéquate et d’aller à l’école.

Le projet en Mauritanie est guidé par la conviction que la formation, l’épanouissement, la capacité de prise de décision et de participation active à la vie publique des jeunes filles, peuvent rompre le cycle de la pauvreté et favoriser une meilleure justice sociale et un développement économique inclusif. Les jeunes filles ne seront ainsi plus victimes de leur adolescence mais plutôt actrices et maîtresses de leurs choix et trajectoires de vie.

Une dynamique collective positive

En outre, ce projet vise à influencer certaines barrières socio-culturelles notamment vis-à-vis du mariage précoce, et mettre à profit les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour favoriser l’apprentissage.
La mise en place d’activités comme les sports, les arts, le théâtre, permettra aux jeunes filles de prendre confiance en elles, de développer leur potentiel et de faire entendre leur voix.

Les contributions à ce projet bénéficieront d’une réduction d’impôt de 60 %, ainsi, pour les entreprises, un don de 100 000 € revient à 40 000 €. Lorsqu’une entreprise contribue à hauteur de 40 000 €, c’est au final 200 000 € qui iront sur le terrain pour les filles. Ainsi, chaque euro investi aura un impact réel multiplié par cinq.

La force de ce mode de financement d’un genre nouveau en France est d’associer acteur institutionnels et partenaires privés et de créer une dynamique collective positive pour l’autonomisation des filles. 

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