Les enfants handicapés, parmi les plus marginalisés du monde

Publié le 29 mai 2013 | Modifié le 31 décembre 2015

Dans de nombreux pays, des enfants handicapés sont privés d’école ou de soins de santé, voire maltraités ou exploités... Ces enfants ont pourtant les mêmes droits que tous les autres, et il est dans l’intérêt de tous qu’ils jouent un rôle à part entière dans la société ! La nouvelle édition du rapport phare de l’UNICEF, La Situation des enfants dans le monde, est consacrée à ces enfants vulnérables que l’on ne voit pas assez.

Des statistiques destinées à souligner un problème : c’est souvent comme cela que commencent les rapports comme celui-ci… Mais les filles et les garçons dont il est question ici ne constituent pas un problème. Ils sont cette sœur, ce frère ou cet ami qui a un plat, une chanson ou un jeu préféré ; cette fille ou ce fils qui nourrit des rêves et veut les réaliser ; cet enfant handicapé qui a les mêmes droits que tout autre enfant…
 
Et pourtant, selon le rapport de l’UNICEF, les enfants handicapés sont ceux qui risquent le plus d’être privés d’accès à la santé et à l’école. Ils sont parmi les plus vulnérables face à la violence, à la maltraitance, à l’exploitation et au manque de soins. Cette vulnérabilité est d’autant plus forte que nombre d’entre eux sont soustraits aux regards ou placés en institution du fait du rejet social dont il sont l’objet ou des coûts que nécessite leur prise en charge.
 

Parfois exclus dès la naissance

 
Les enfants handicapés figurent ainsi parmi les plus marginalisés du monde. Les enfants vivant dans la pauvreté sont parmi ceux qui sont le plus souvent privés d’éducation et de soins de santé mais ceux à la fois pauvres et handicapés ont encore moins de chances de bénéficier de ces services.
 
Pour de nombreux enfants handicapés, l’exclusion sociale commence dès les premiers jours de leur vie, quand leur naissance n’est pas inscrite sur les registres de l’état civil. Faute de reconnaissance officielle, ils sont privés de protection juridique et exclus des services sociaux pourtant essentiels à leur survie et à leur avenir. Leur marginalisation ne fait ensuite que s’aggraver du fait de la discrimination. Appuyer davantage l’intégration des enfants handicapés contribuerait à vaincre la discrimination qui les relègue aux marges de la société. Valoriser leurs aptitudes et leur potentiel serait bénéfique à l’ensemble de la société.
 

Qui sont-ils, où sont-ils et combien ?

 
On estime que dans le monde, environ 93 millions d'enfants souffrent d’une forme de handicap. Mais il existe en réalité peu de données fiables sur le nombre d’enfants handicapés, leur type de handicap et les conséquences qu’il a sur leur vie. Rares sont par conséquent les gouvernements qui disposent de critères rationnels en fonction desquels allouer des ressources en faveur des enfants handicapés et de leur famille.
 
L’UNICEF milite en faveur d’un programme mondial concerté de recherche sur les handicaps qui collecterait et analyserait les données afin d’orienter la planification et l’allocation de ressources.
 

Un appel aux gouvernements

 
A travers son rapport, l’UNICEF exhorte les gouvernements à tenir l’engagement qu’ils ont pris de garantir l’égalité des droits de tous leurs citoyens, y compris les enfants les plus marginalisés et les plus vulnérables. Certains progrès, quoiqu’inégaux, sont réalisés en matière d’insertion des enfants handicapés et le rapport définit l’action qu’il reste à mener dans ce sens.
 
L’UNICEF demande instamment aux gouvernements de ratifier et de faire appliquer la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) et la Convention internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) et d’aider les familles concernées pour qu’elles puissent assumer le coût souvent élevé des soins à prodiguer aux enfants handicapés. Il est également demandé que des mesures soient prises pour combattre les comportements discriminatoires de la population, des décideurs et des agents des services essentiels dans l’enseignement et la santé. Le rapport rappelle également qu’il est dans l’intérêt général d’assurer l’accessibilité des lieux de vie dès leur conception pour qu’ils puissent être utilisés par tous sans qu’il y ait besoin d’adaptations. Il ne s’agit pas de construire un système distinct pour ces enfants, mais bien de créer une société accessible à tous et fondée sur l’intégration…
 

Et en France ?

 
La sortie de ce rapport clé, à quelques semaines du prochain Comité Interministériel sur le handicap, est l’occasion pour l’UNICEF France de rappeler que la situation de très nombreux enfants porteurs de handicaps est aussi critique dans notre pays. « Des signes encourageants ont été donnés ces derniers mois par le gouvernement mais il est nécessaire d’accélérer les progrès en faveur des enfants handicapés. Dans le domaine de l’éducation par exemple, 20 000 enfants handicapés ne sont pas scolarisés, explique Michèle Barzach, présidente de l’UNICEF France. La France a signé et ratifié la CIDE et la CDPH, il est donc essentiel qu’elle les rende effectives sur son territoire national », conclut Michèle Barzach.