Près de 5 millions d'enfants auront besoin d'une aide humanitaire dans le Sahel central

Publié le 27 janvier 2020

Le nombre d'attaques contre les enfants augmentera au Burkina Faso, au Mali et au Niger, selon les prévisions.

Dakar/Genève/New York/Paris, le 28 janvier 2020 - Près de 5 millions d'enfants au Burkina Faso, au Mali et au Niger auront besoin d'une aide humanitaire au cours de l'année 2020, a déclaré UNICEF aujourd'hui, une augmentation, contre 4,3 millions d’enfants l’année précédente. Cette estimation est liée à une flambée de violence, des attaques contre les enfants et les civils, des enlèvements et du recrutement d'enfants dans des groupes armés.

« Quand on regarde la situation dans le Sahel central, on ne peut s'empêcher d'être frappé par l'ampleur de la violence à laquelle les enfants sont confrontés. Ils sont tués, mutilés et abusés sexuellement, et des centaines de milliers d'entre eux ont vécu des expériences traumatisantes », a déclaré Marie-Pierre Poirier, directrice régionale d’UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

Les attaques contre les enfants ont connu un pic au cours de la dernière année, par exemple au Mali où 571 violations graves contre les enfants ont été enregistrées au cours des trois premiers trimestres de 2019, contre 544 en 2018 et 386 en 2017.

Depuis le début de l'année 2019, plus de 670 000 enfants de la région ont été contraints de fuir leurs foyers en raison des conflits et de l'insécurité.

« Les enfants touchés par la violence au Sahel central ont un besoin urgent de protection et de soutien », a ajouté Marie-Pierre Poirier. « UNICEF appelle les gouvernements, les forces armées, les groupes armés non étatiques et les autres parties au conflit à cesser les attaques contre les enfants (dans leurs maison, à l’école ou dans les centres de santé). UNICEF demande un accès sûr à tous les enfants touchés, conformément aux principes humanitaires. Nous exhortons toutes les parties à protéger et à faciliter l'accès aux services sociaux. Ceci est une base pour la cohésion sociale et contribue à prévenir les conflits ».

L’augmentation de la violence a également des conséquences dévastatrices sur l'apprentissage des enfants. Fin 2019, plus de 3 300 écoles dans les trois pays étaient fermées ou non opérationnelles en raison de la violence - une multiplication par six depuis avril 2017 - touchant 650 000 enfants et 16 000 enseignants.

De l'urgence d'agir

L'insécurité et les déplacements créent des obstacles importants pour l’accès des enfants et des familles aux services essentiels, à l’alimentation et aux intrants nutritionnels, risquant de détériorer la santé et l'état nutritionnel des enfants. UNICEF estime que cette année, plus de 709 000 enfants de moins de 5 ans souffriront de malnutrition aiguë sévère et auront besoin de traitements vitaux, dans la région du Sahel central.

Dans le même temps, l'accès des familles à l'eau potable se réduit. Rien qu'au Burkina Faso, l'accès à l'eau potable a diminué de 10 % entre 2018 et 2019 dans les zones où les personnes déplacées internes représentent plus d'un cinquième de la population. Certaines zones ont connu une réduction d’accès allant jusqu'à 40 %.

UNICEF est sur le terrain au Burkina Faso, au Mali et au Niger, travaillant avec ses partenaires pour fournir aux enfants le soutien et les services dont ils ont urgemment besoin, en matière de protection, d'éducation, de santé, de nutrition, d'eau et d'assainissement. L’agence des Nations Unies pour l’enfance a lancé un appel de 208 millions de dollars US pour soutenir sa réponse humanitaire dans la région du Sahel central en 2020.

 

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