Syrie : l’effroyable sort des enfants victimes de la guerre

Publié le 06 novembre 2017 | Modifié le 06 novembre 2017

Assiégée depuis plus de quatre ans, la région de la Ghouta orientale voit plus de 390 000 personnes, dont la moitié sont des enfants, souffrir de la violence des combats et du manque de nourriture.

Les enfants de la Ghouta orientale en Syrie paient le lourd tribut d’une guerre qu’ils n’ont pas voulue mais dont ils sont les premières victimes. Cette région très peuplée, située à une trentaine de kilomètres de la capitale, Damas, est assiégée depuis 2013. Faute d’approvisionnement, des enfants risquent certainement de mourir de faim. Les privations sont le lot quotidien des familles sur place.

« Le commerce et la circulation des denrées sont totalement interrompus, explique Tamara Kummer de l’UNICEF. Rien ne passe, on est dans une économie de guerre où le prix des produits de base explose. À cause des violences, les gens ne peuvent pas travailler et les moyens des familles s’amenuisent très rapidement. Cela se traduit par des carences alimentaires très graves. »

Pour l’UNICEF, l’urgence est d’entrer dans cette région pour y distribuer au plus vite des vivres, mais les convois humanitaires sont sévèrement rationnés. Cette semaine, six camions de l’organisation ont été autorisés à passer. Ils contenaient des produits de santé comme des sels de réhydratation, des médicaments pour les enfants, des vitamines, des compléments alimentaires, ainsi que des kits de sage-femme et du matériel pédiatrique. Cela reste toutefois insuffisant au regard des besoins : « La quantité d’aide qu’on peut apporter est très limitée car dans plusieurs régions, des équipements médicaux sont retirés des convois. Des médicaments et des traitements de base ont beaucoup de mal à passer », déplore Tamara Kummer.

Depuis le début de l’année 2017, l’UNICEF n’a pu entrer que six fois en Ghouta orientale, une région peuplée de 390 000 personnes dont la moitié sont des enfants. Tamara Kummer en est persuadée : les problèmes de malnutrition sévère pourraient être résolus si l’on garantissait l’entrée dans la zone à l’UNICEF et à ses partenaires. « L’état de santé des enfants se dégrade très rapidement, prévient-elle. Améliorer l’accès est une question d’urgence ! »

L’UNICEF appelle les acteurs du conflit à garantir aux humanitaires un accès sûr, pérenne et sans condition aux enfants de Syrie, quelle que soit la région dans laquelle ils se trouvent. Leur survie et leur bien-être sont à ce prix.