Ukraine : « J’avais peur de ne pas pouvoir me rendre à l’hôpital pour accoucher »

Publié le 10 août 2022

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le centre périnatal régional de Kharkiv est devenu un refuge pour des milliers de femmes et d'enfants. Tetiana, qui y vit depuis trois mois, nous raconte son histoire.

Tetiana était enceinte de 37 semaines lorsque la guerre a éclaté en Ukraine, le 24 février 2022. Toute la ville de Kharkiv, au nord-est du pays, était bombardée. Tetiana, ainsi que sa fille Hanna et son mari, furent terrifiés quand la fumée s’infiltra dans leur appartement au 14ème étage.

« Les sirènes des raids aériens étaient assourdissantes. Je regardais par la fenêtre les gens se ruer vers le métro pour se cacher. Je devais bientôt accoucher et j’avais peur de ne pas pouvoir me rendre à l’hôpital ou même de ne pouvoir appeler une ambulance en raison des bombardements », livre Tetiana.

Pris de peur, le couple décide de quitter immédiatement leur maison et de trouver refuge à l’hôpital. Arrivés au centre périnatal régional de Kharkiv, Tetiana est prise en charge par le personnel soignant et quelques jours plus tard, sa fille Alina, nait saine et sauve.

« Lorsque ma fille est née et que les médecins l'ont posée sur ma poitrine pour la première fois, une énorme explosion a eu lieu au même moment », se souvient Tetiana. « C’est comme si cette bombe célébrait la naissance de la petite Alina », dit-elle en plaisantant.

Tetiana tient dans ses bras sa fille Alina, qui vient de naître dans un centre de santé à Kharkiv, à l'est de l'Ukraine. Tetiana était enceinte de neuf mois lorsque la guerre a commencé en Ukraine le 24 février 2022.

Les enfants d’Ukraine victimes du conflit depuis 2014

Ce n'est pas la première fois que la famille de Tetiana abandonne tout pour se mettre à l’abri. En 2014, juste après la naissance d’Hanna, les tirs et des bombardements à l’est de l’Ukraine les avaient contraints à quitter Luhansk.

« Nous nous sommes retrouvés dans la même situation pour la naissance de notre deuxième fille. Nous avons été contraints, encore une fois, à quitter notre maison et à faire face à la guerre et aux bombardements », raconte la jeune femme avec tristesse.

Aujourd’hui, les enfants d’Ukraine continuent de payer un lourd tribut. Certains n’ont connu que les bombardements, les tirs et les obus. La petite Hanna est née en 2014, quand le conflit armé a débuté dans l’est de l’Ukraine et la petite Alina est née quand la guerre a éclaté en février 2022.

Plus de trois mois après la naissance d’Alina, la famille est restée à l’hôpital qui est devenu leur refuge. « Grâce à Yaroslav, mon mari, anesthésiste au centre périnatal, nous avons été autorisés à rester », confie Tetiana. « Nous sommes reconnaissants d’être ici, en sécurité, et de bénéficier d’une assistance médicale et humanitaire ».

L’UNICEF aux côtés des centres de santé en Ukraine

Depuis le début de la guerre, 235 établissements de santé ont été détruits ou endommagés.   Présentes sur place, nos équipes soutiennent le centre périnatal et fournit des équipements médicaux tels que des kits obstétriques et des unités mobiles de soins intensifs. A ce jour, plus de 1 600 000 enfants et adultes ont bénéficié de soins de santé dans des hôpitaux soutenus par l’UNICEF et ses partenaires.

« Depuis le début de la guerre, de nombreux établissements de santé ont été détruits et il n'y a plus de réanimation néonatale à Kharkiv », explique Iryna, responsable du centre périnatal. « Seul notre centre peut traiter des pathologies chirurgicales. Cette unité de soins intensifs mobile est donc vraiment nécessaire. »

Le quotidien d’Iryna et de ses équipes est souvent rythmé par le bruit des missiles, des explosions et des sirènes de raid aérien qui retentissent.

En dépit de tout, la détermination d’Iryna ne faiblit pas : « Nous restons ici et nous continuerons à travailler, en dépit de tout ! »

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