Des centres “Points bleus” pour protéger les enfants migrant en Europe

Publié le 01 mars 2016 | Modifié le 19 septembre 2018

De plus en plus d'enfants réfugiés et migrants arrivent en Europe, parfois seuls, victimes de traumatismes, susceptibles d’être exposés à la violence, à l’exploitation... Afin de mieux les protéger, le HCR et l'UNICEF ont lancé la création d'une vingtaine de centres "Points bleus" sur les routes migratoires, où ces enfants et leurs familles pourront bénéficier d'espaces sécurisés, de services essentiels, de soutien psycho-social, etc.

GENEVE, 26 février 2016 – En vue d’assurer une meilleure protection au nombre croissant d’enfants et réfugiés qui arrivent en Europe avec des besoins spécifiques, le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (UNHCR) et l’UNICEF ont mis en place des centres spéciaux visant à soutenir les enfants et les familles le long des principaux axes européens empruntés par les migrants.  
 
Une vingtaine de centres baptisés « Points bleus » fourniront ainsi un espace sécurisé pour les enfants et leurs familles où ils bénéficieront de services essentiels, pourront se détendre et trouver conseil. Ces « aires de repos » organisées et étalées sur des routes parfois bien longues pour les migrants, ont pour but de soutenir les familles vulnérables et en particulier les nombreux enfants séparés ou non-accompagnés ; des enfants parfois victimes de traumatismes, susceptibles d’être exposés à la violence, à l’exploitation ou à au trafic d’êtres humains.
 
Alors que la situation continue d’évoluer, quelques centres sont déjà opérationnels ou sur le point d’ouvrir en Grèce, dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine, en Serbie, en Croatie et en Slovénie. 20 centres seront totalement opérationnels dans les trois prochains mois. 

Identifier et protéger les enfants seuls

Les centres “Points bleus” voient le jour au moment où les femmes et les enfants représentent près de deux tiers des réfugiés arrivant en Europe : 60 % actuellement pour 27 % en septembre 2015. Ils devront aussi identifier les enfants et les adolescents voyageant seuls et les réunir avec leur famille lorsque cela est possible et que cela correspond à leur meilleur intérêt.
 
“Nous sommes préoccupés par le bien-être de ces garçons et de ces filles non-accompagnés qui voyagent sans protection aucune en Europe et qui ont dû fuir la violence et traverser bien des épreuves,” explique Volker Türk, assistant du HCR pour les questions de protection. “Les centres que nous mettons en place joueront un rôle clé dans l’identification de ces enfants et leur fourniront une protection dans un environnement étranger auquel ils ne sont pas familiers et qui peut être dangereux pour eux" ajoute-t-il.

Des « points de repère » sur la route

La vie des enfants réfugiés est une suite de bouleversements et de chagrins importants. Ces centres leur offriront des points de repère, du prévisible et un peu de certitude là où tout n’a souvent été que chaos pour eux. Ils contribueront aussi à renforcer les systèmes de protection nationaux,” explique Marie-Pierre Poirier, coordinatrice spéciale de l’UNICEF pour la crise des réfugiés et des migrants en Europe.
 
Identifier les enfants qui sont réellement en détresse constitue souvent un défi. Dans certains pays, de jeunes voyageurs se font passer pour des adultes afin d’éviter des contrôles qui les retarderaient ou les bloqueraient dans leur progression, s’exposant ainsi à l’exploitation. L’année dernière, plus de 90,000 enfants séparés ou non-accompagnés furent enregistrés ou référencés comme demandeurs d’asile en Europe, principalement en Allemagne et en Suède.

Intervenir sans se substituer aux Etats

Les « Points bleus » seront clairement identifiables et fourniront un ensemble de services standard et consistants préparés par différentes organisations dont la Croix-Rouge ainsi que diverses ONG partenaires. Toutefois, ils n’ont pas pour vocation de se substituer aux Etats et d’interférer dans les obligations et responsabilités de ces derniers lorsqu’il s’agit de venir en aide aux enfants séparés et non accompagnés et de les protéger de toute violence sexuelle ou basée sur le genre.
 
Ces centres seront mis en place sur des sites stratégiques bien déterminés – frontières, points d’entrée/de sortie, zones d’enregistrement, certains centres urbains stratégiques – et seront soutenus par des équipes mobiles de sensibilisation. Les services incluront :
- La restauration des liens familiaux – via les réseaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
- Les réunifications familiales
- Des espaces amis des enfants et des espaces consacrés aux mamans et à leurs bébés
- Une aide psychologique de première ligne
- Des conseils juridiques
- Un espace sécurisé de repos pour les femmes et les enfants  
- Des assistants sociaux mobiles
- Un point d’information avec connexion Wi-Fi.

Ces centres « Points bleus », localisés sur cette carte, sont situés en Grèce (et notamment dans les îles le long de la Turquie), dans l’ex-République yougoslave de Macédoine, en Serbie, en Croatie et en Slovénie.

 

Média

Des centres “Points bleus” sur la route des enfants réfugiés fuyant vers l'Europe

De plus en plus d'enfants réfugiés arrivent en Europe. Afin de mieux les protéger, le HCR et l'UNICEF ont crée les "Points bleus" : des endroits où ces enfants et leurs familles pourront bénéficier d'espaces sécurisés, de services essentiels et de soutien psycho-social.

Carte des centres "Points bleus" en Europe

Soutenir nos actions