Népal : retour sur place un an après les séismes

Publié le 25 avril 2016 | Modifié le 03 mai 2016

L'école continue dans les districts touchés, mais les enfants ont besoin de lieux d’apprentissage sûrs et stables

KATMANDOU, 25 avril 2016 – Un an après les tremblements de terre dévastateurs qui ont frappé le Népal, 1,6 million d’élèves commencent la nouvelle année scolaire dans les régions touchées. Mais beaucoup d’entre eux continuent d’étudier dans des structures temporaires. Bien que les efforts de reconstruction progressent, il reste beaucoup à faire pour assurer un retour rapide à un sentiment de normalité pour ces enfants.

« Les séismes dévastateurs de l’an dernier ont détruit ou gravement endommagé plus de 35 000 bâtiments scolaires. Depuis, d’énormes efforts ont été faits pour ramener au plus vite les enfants à l’école, afin de réduire au minimum l’interruption de leur éducation et leur exposition aux risques de négligence, d’exploitation et de violence. Grâce à ces efforts, des écoles dans les districts touchés ont été rouvertes un mois après le premier tremblement de terre, dans des espaces temporaires. Nous devons maintenant redoubler d’efforts pour nous assurer que les enfants pourront étudier dans des écoles transitoires ou permanentes le plus rapidement possible », explique Tomoo Hozumi, le représentant de l’UNICEF au Népal.

En 2015, les séismes ont causé des dommages et des pertes financières équivalant à 36% du PIB du Népal. Un an plus tard, de nombreux besoins doivent encore être comblés pour les enfants et les familles dans les zones touchées, qu’il s’agisse de la construction de domiciles permanents, de bâtiments scolaires sûrs ou de retrouver des moyens de subsistance. La prolongation de l’incertitude peut non seulement influer sur l’éducation des enfants, mais aussi sur leur santé, leur alimentation, leur protection et leur développement en général.

Au Népal, les enfants et les femmes sont toujours confrontés à plusieurs difficultés. Beaucoup vivent encore dans des abris temporaires et étudient dans des écoles provisoires, et certains centres de santé se trouvent encore dans des tentes. De plus, la crainte d’une autre catastrophe naturelle demeure bien réelle.

Dans les heures qui ont suivi le premier séisme, l’UNICEF était présent et distribuait des fournitures essentielles à la survie des femmes et des enfants, soutenait le rétablissement des services de base, fournissait une aide financière en espèces aux groupes vulnérables et diffusait de l’information alors que tous les réseaux de communication étaient coupés à l’échelle nationale.

Plus de 85% des personnes déplacées sont maintenant sorties des camps

Sur les 188 900 personnes qui ont été déplacées temporairement après le tremblement de terre, plus de 85% ont quitté les camps, tandis que 26 272 autres y vivent toujours. La construction de bâtiments permanents pour les résidentes et les résidents des 700 000 maisons détruites a commencé récemment et doit être accélérée dans les mois à venir. D’ici là, des enfants et leur famille continuent de vivre dans des abris de fortune à proximité de leur domicile ravagé.

Hausse des interceptions policières en réponse au trafic possible d’êtres humains et aux risques liés à la protection

Les enfants qui vivent dans de tels abris temporaires et dans des environnements encore instables sont également exposés à des risques variés, y compris au trafic d’êtres humains. Du 25 avril 2015 au 12 février 2016, 850 filles et garçons au total, ont été interceptés par la police dans le cadre d’un trafic potentiel d’êtres humains et d’autres risques liés à la protection. Ce nombre, qui correspond en moyenne à 89 enfants par mois, était supérieur aux 69 cas mensuels enregistrés de juillet 2014 à juillet 2015.

« Ce nombre accru peut être attribuable aux risques élevés pour les enfants au lendemain du tremblement de terre, mais il peut aussi témoigner d’une vigilance accrue au Népal », affirme monsieur Hozumi.

Après les séismes, l’UNICEF a également travaillé en collaboration avec le gouvernement et des partenaires, et a contribué à repérer et à enregistrer 39 337 enfants non accompagnés, séparés de leur famille et vulnérables.

L’UNICEF a également contribué à :

•    soutenir la mise en place de 1 793 centres d’apprentissage temporaires;
•    distribuer des fournitures scolaires à 881 000 enfants, et à former 8 125 enseignantes et enseignants pour procurer une aide psychosociale et de l’information essentielle aux enfants;
•    vacciner 537 081 enfants âgés de moins de cinq ans contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite dans les régions touchées par le tremblement de terre;
•    procurer à 11 333 femmes enceintes et mères un accès aux 22 refuges transitoires établis dans onze districts durement touchés, où elles peuvent séjourner avant et après l’accouchement pour recevoir les services et les soins nécessaires;
•    examiner 373 546 enfants âgés de 6 à 59 mois afin d’évaluer leur état nutritionnel;
•    procurer à 1 314 920 personnes des services d’alimentation en eau d’urgence et à long terme;
•    procurer à 890 589 personnes des kits de produits d’hygiène et des renseignements importants sur une hygiène adéquate;
•    procéder à des transferts d’urgence en espèces de 30 dollars US par personne, ciblant quelque 435 000 groupes et personnes les plus vulnérables dans les 19 districts touchés par les séismes;
•    venir en aide à un million de personnes dans les régions les plus touchées, en transmettant de l’information dans le cadre d’émissions spéciales radiodiffusées.

Au cours des prochains mois, l’UNICEF s’emploiera à :

•    construire 74 centres de santé parasismiques préfabriqués, entièrement équipés et dotés d’un service de maternité dans neuf districts touchés par les tremblements de terre;
•    procurer de l’eau potable en évaluant, en réparant et en restaurant 3 000 systèmes d’alimentation en eau;
•    construire 800 structures scolaires semi-permanentes, chacune dotée de deux salles de classes ;
•    intégrer la question de la sécurité à l’école au nouveau plan du secteur de l’éducation pour la période s’étendant de 2016 à 2020;
•    organiser la deuxième phase du programme de transferts d’urgence en espèces pour venir en aide à quelque 250 000 enfants âgés de moins de cinq ans dans les onze districts les plus durement touchés par les séismes.

 

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