Somalie : Le nombre prévisionnel d’enfants sévèrement malnutris en hausse de 50%

Publié le 02 mai 2017 | Modifié le 03 mai 2017

Les enfants somaliens confrontés à 3 menaces : la sécheresse, la maladie et le déplacement

Genève/Nairobi, 2 mai 2017 – Le nombre prévisionnel d’enfants sévèrement malnutris a grimpé de 50% depuis le début de l’année pour atteindre 1,4 million d’enfants, dont 275 000 pour lesquels la vie est ou sera mise en danger par la malnutrition aiguë sévère en 2017.

Les enfants sévèrement malnutris ont 9 fois plus de risque de mourir de maladies comme le choléra, la diarrhée aiguë ou la rougeole qui se propagent rapidement. Durant la famine de 2011 en Somalie, qui a tué environ 260 000 personnes –plus de la moitié étaient de jeunes enfants- les causes principales de décès chez les enfants étaient la diarrhée et la rougeole.

« L’UNICEF et ses partenaires ont traités plus de 56 000 enfants sévèrement malnutris depuis le début de l’année – presque 90% de plus que pour la même période en 2016 », a déclaré Steven Lauwerier, le représentant de l’UNICEF en Somalie. « Mais la combinaison de la sécheresse, des maladies et des déplacements est mortelle pour les enfants, et nous devons faire beaucoup plus et plus rapidement pour sauver des vies. »

Environ 615 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, sont déplacées par la sécheresse depuis novembre 2016.

La grande saison des pluies (Gu, d’avril à juin) commence lentement, apportant une aide nécessaire dans beaucoup de zones du pays. Mais les pluies sont aussi synonymes de danger pour les enfants. Si elles sont trop abondantes, elles apporteront d’autres souffrances aux enfants qui vivent dans des abris précaires, faits de branchages, de tissus et de bâches. Si les pluies sont insuffisantes et si l’assistance ne peut atteindre les familles, davantage de personnes seront obligées de quitter leurs terres pour les camps de déplacement. Les épisodes de paludisme sont imminents tout comme une recrudescence du choléra.

« Les nouveaux mouvements de population aggraveront davantage la situation. Ceux qui restent chez eux ont besoin d’une aide d’urgence afin qu’ils ne soient pas obligés de fuir ; et ceux qui ont déjà fui, et actuellement dans des camps, sont extrêmement vulnérables – surtout les enfants » selon Steven Lauwerier.

Les femmes et les enfants qui se déplacent, généralement à pieds vers des lieux où ils espèrent trouver une aide, sont souvent volés voire pire, en chemin ou dans les camps. Bien que des cas d’agressions sexuelles et de viols ont été rapportés, la plupart des femmes ne se font pas connaitre en raison de la stigmatisation associée au viol et par peur que leur mari l’apprenne. Les auteurs de violences sexuelles sont rarement punis.

La sécheresse a aussi obligé quelque 40 000 enfants à interrompre leur scolarité, dans les familles les plus vulnérables où ils sont mobilisés pour aller chercher de l’eau, ou migrent avec leur famille pour trouver de la nourriture et de l’eau. De plus en plus d’enfants vivent dans la rue et des enfants déplacés sont recrutés dans les groupes armés.

La planification précoce et le financement ont considérablement contribué à l'assistance mise en place. 
Pour l’UNICEF et ses partenaires :

  • Soutien de 64 centres de traitement du choléra, ayant traité plus de 28 400 cas au 23 avril (contre 15 600 cas traités sur toute l’année 2016).
  • Mise en place et soutien de 330 nouveaux centres nutritionnels, portant le nombre total à 837 dans tout le pays. Ces sites ont permis le traitement de 56 054 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère depuis le début de l’année, presque le double du nombre d’admissions pour la même période en 2016, avec un taux de guérison de 92%.
  • Accès provisoire à l’eau potable pour plus d’un million de personnes affectées par la sécheresse.
  • 380 000 enfants et femmes ciblés pour des services de santé comme la vaccination d’urgence, à travers le soutien de plus de 100 centres de santé et 60 équipes mobiles et services de consultation.
  • Approvisionnement en eau potable de 190 écoles, mise en place d’espaces temporaires d’apprentissage pour 43 000 enfants et allocation d’urgence en espèces pour 10 000 enfants en risque d’abandon scolaire.
  • Interventions essentielles auprès de 840 enfants non accompagnés et séparés, ainsi qu’auprès de 1184 survivantes de violences basées sur le genre.