Une "machine à remonter le temps" pour alerter sur le manque de statistiques sur les enfants

Publié le 19 septembre 2016 | Modifié le 19 septembre 2016

Sans données fiables sur la situation des enfants dans le monde, difficile d’apporter des solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés. Pour démontrer et rendre tangible le manque criant de statistiques de qualité sur les enfants, l’UNICEF a lancé une « Machine à remonter le temps » et interpelle les dirigeants du monde. Compter les enfants, parce que chaque enfant compte… et que chaque enfant doit compter dans les décisions qui les concernent !

L’UNICEF appelle les dirigeants mondiaux à investir en faveur de meilleures statistiques sur les enfants. Une nouvelle étude du Fonds des Nations unies pour l’enfance avertit que des données suffisantes sont disponibles pour la moitié seulement des indicateurs de mesure des objectifs de développement durable liés aux enfants.

L’analyse de l’UNICEF indique que les statistiques relatives aux enfants, y compris les mesures comparables de la pauvreté et de la violence, sont soit limitées soit de mauvaise qualité, privant ainsi les pouvoirs publics des informations nécessaires pour apporter une réponse adaptée aux défis auxquels sont confrontés des millions d’enfants ou pour évaluer les progrès enregistrés dans la réalisation des objectifs.

Qui sont ces enfants, de quoi ont-ils besoin ?

Afin de mettre en évidence le manque de données, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et l’UNICEF ont inauguré le 14 septembre 2015 une installation baptisée « Machine à remonter le temps » au siège des Nations unies, à New York. Cette machine à remonter le temps – une capsule qui revisite les statistiques d’une manière artistique en transformant des données relatives à des souvenirs d’enfance en musique – donne aux visiteurs et aux délégués assistant à l’Assemblée générale des Nations Unies du 14 au 30 septembre l’occasion de comprendre les statistiques actuellement disponibles sur les enfants et leurs lacunes.

« Le monde est déterminé à éliminer la pauvreté extrême chez les enfants d’ici à 2030 et à atteindre en priorité les plus laissés pour compte. Si nous voulons réussir à atteindre ces objectifs ambitieux, nous avons avant tout besoin de données nous disant qui sont ces enfants, où ils vivent et quels sont leurs besoins », affirme Jeffrey O’Malley, directeur de la division des données, de la recherche et des politiques de l’UNICEF.

Pauvreté, violences sexuelles, handicap…

• Environ un pays sur trois ne dispose pas de mesures comparables en matière de pauvreté infantile.
• Environ 120 millions de filles de moins de 20 ans ont subi une relation sexuelle forcée ou d’autres actes sexuels forcés. Les garçons courent également des risques, mais très peu de données sont disponibles.
• Quasiment tous les pays manquent de données exactes et comparables sur le nombre d’enfants ayant un handicap.
• L’accès universel à l’eau potable et sûre est un besoin essentiel et un droit humain fondamental. Nous disposons de données sur l’origine de l’eau potable mais nous ne savons généralement pas si elle est sûre.
• Neuf enfants sur 10 vont à l’école primaire, mais les données essentielles sur combien apprennent effectivement ne sont pas disponibles.
• Chaque jour, 830 mères meurent en raison de complications liées à l’accouchement. La plupart de ces décès pourraient être évités, mais beaucoup de données manquent concernant la qualité des soins maternels.
• Un retard de croissance réduit les chances de survie, de croissance et de développement d’un enfant. Cependant, 105 pays sur 197 n’ont aucune donnée récente sur les retards de croissance.
• Un pays sur deux dans le monde ne dispose pas de données récentes sur les enfants en surpoids.

L'appel de l'UNICEF aux gouvernements

Depuis plus de 30 ans, l’UNICEF encourage activement les pays à collecter, analyser et communiquer les données sur les progrès pour les enfants. Dans le cadre de ces efforts, l’UNICEF continuera à soutenir la collecte directe de données au moyen d’enquêtes auprès des ménages et à explorer dans quelle mesure les outils technologiques peuvent contribuer à combler les lacunes des données.

L’UNICEF appelle les gouvernements à investir en faveur de données ventilées, comparables et de qualité concernant les enfants afin de traiter de manière adaptée les questions telles que les cycles intergénérationnels de la pauvreté, les décès évitables et la violence envers les enfants.

 

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