13 millions d’enfants privés d’école à cause du conflit au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Publié le 03 septembre 2015 | Modifié le 28 janvier 2016

Amman/Paris, 3 septembre 2015- D’après un rapport de l’UNICEF publié aujourd’hui, l’intensification du conflit et les troubles politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord empêchent plus de 13 millions d’enfants de se rendre à l’école. Le rapport, intitulé « Education Under Fire », traite de l’impact de la violence sur les écoliers et le système éducatif dans neuf pays* qui ont été, directement ou indirectement, touchés par la violence.

Les attaques à l’encontre des écoles et des infrastructures scolaires (parfois intentionnelles) sont l’une des raisons majeures de l’absentéisme scolaire. Rien qu’en Syrie, en Iraq, au Yémen et en Lybie, près de 9 000 écoles sont hors d’usage parce qu’elles ont été endommagées ou détruites, sont utilisées comme abris pour les populations déplacées ou sont sous le contrôle des parties au conflit.

C’est aussi un sentiment de peur qui pousse des milliers d’enseignants à abandonner leur poste et des parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école à cause de ce qui pourrait arriver sur le chemin de l’école… ou même à l’école.

En Jordanie, au Liban et en Turquie, plus de 700 000 enfants réfugiés syriens ne peuvent pas aller à l’école car les institutions scolaires sont surchargées et ne peuvent pas gérer le nombre grandissant d’écoliers.

« Tous les enfants de la région ressentent les effets destructeurs du conflit », explique Peter Salama, le directeur régional pour l’UNICEF au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. « Ce ne sont pas seulement les dégâts physiques survenues dans les écoles, c’est surtout le désespoir ressenti par une génération d’écoliers qui voit ses espoirs et son avenir brisés en mille morceaux ».

 

Le rapport souligne une série d’initiatives visant à offrir des services éducatifs aux enfants, même dans les situations les plus désespérées, comme l’autoapprentissage et l’élargissement des espaces d’apprentissage. Mais le rapport indique que le financement alloué n’est pas à la mesure des besoins croissants, et cela malgré le fait que les enfants et les parents pris dans le conflit estiment sans contredit que l’éducation reste leur priorité absolue.

L’Initiative No Lost Generation en particulier, lancée par l’UNICEF et ses partenaires en 2013 dans le but de galvaniser davantage le soutien international en faveur de l’éducation et des besoins de protection des enfants touchés par la crise en Syrie, mérite plus de soutien, indique le rapport.

De plus, les rapports appellent la communauté international, les gouvernements d’accueil, les décideurs politiques, le secteur privé et les autres partenaires à :

  • Réduire le nombre d’enfants privés d’école grâce à l’élargissement des services éducatifs informels, notamment pour les enfants vulnérables.
  • Apporter plus de soutien aux systèmes nationaux éducatifs dans les pays touchés par le conflit et aux communautés d’accueil afin d’élargir les espaces d’apprentissage, recruter et former les enseignants et fournir du matériel pédagogique.
  • Dans les pays touchés par la crise syrienne, plaider en faveur de la reconnaissance et la certification de l’enseignement non formel

 

*Syrie, Iraq, Liban, Jordanie, Turquie, Yémen, Soudan, État de Palestine

 

Pour accéder au rapport : cliquer ici

 

 

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