Yémen : Le nombre d'enfants blessés, recrutés dans le conflit a presque doublé en un an

Publié le 26 mars 2017 | Modifié le 31 mars 2017

Les familles poussées à des mesures de survie extrêmes après deux ans de guerre

Sana, 27 mars 2017 -  Après deux ans de conflit brutal, les familles au Yémen ont de plus en plus recours à des mesures extrêmes pour assurer la survie de leurs enfants, selon un rapport de l'UNICEF publié aujourd'hui alors que le conflit dans le pays le plus pauvre du Moyen-Orient entre dans sa 3e année.

Les mécanismes de survie ont été sérieusement altérés par la violence, qui a transformé le Yémen en l'une des plus importantes urgence de sécurité alimentaire et de malnutrition au monde. Les familles s'alimentent beaucoup moins, optent pour des produits moins nourrissant et sautent des repas. Près d'un demi million d'enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère - soit une augmentation de 200% depuis 2014 - ce qui augmente le risque de famine.

Le nombre de personnes extrêmement pauvres et vulnérables explose. Environ 80 % des familles sont endettées et la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour selon le rapport.

Au fur et à mesure que les ressources des familles diminuent, de plus en plus d'enfants sont recrutés par les bélligérants et poussés au mariage précoce. Plus des deux tiers des filles sont mariées avant d'avoir 18 ans. Elles étaient près de la moitié avant que la crise éclate. Les enfants sont toujours plus utilisés par les parties au conflit alors que les combats s'intensifient.

Le système de santé au Yémen est sur le point de s'effondrer, et de laisser près de 15 millions d'hommes, de femmes et d'enfants sans accès aux soins de santé. Des épisodes de choléra et de diarrhée aiguë déclenchés en octobre 2016 continuent de se propager, avec plus de 22500 cas possibles et 106 décès.

Plus de 1 600 écoles ne peuvent plus être utilisées soit parce qu'elles sont détruites, endommagées, soit parce qu'elles sont utilisées pour héberger des familles déplacées ou sont occupées par les parties au conflit. Par conséquent, quelque 350 000 enfants ne sont plus scolarisés, ce qui porte le nombre total d'enfants déscolarisés à 2 millions.

"La guerre au Yémen continue de peser sur les vies des enfants et sur l'avenir," déclare Meritxell Relaño, la représentante de l'UNICEF au Yémen. "Les combats incessants et les destructions ont marqué les enfants à vie. Les familles sont sans ressources et ont du mal à s'en sortir."

Le nombre d'enfants tués dans le conflit au Yémen a augmenté de 70% et presque deux fois plus d'enfants ont été blessés et recrutés pour les combats depuis mars 2016, en comparaison avec la même période l'année précédente, selon le rapport.

Le rapport "Falling through the cracks" utilise des données vérifiées par les Nations unies pour l'année passée :

- Le nombre d'enfants tués est passé de 900 à plus de 1500 ;
- Le nombre d'enfants blessés a presque doublé, passant de 1300 à 2450
- Le nombre d'enfants recrutés pour les combats approche les 1580, soit 850 de plus que l'année précédente ;
- Les attaques sur les écoles ont quadruplé, passant de 50 à 212 ;
- Les attaques sur les hôpitaux et les établissements de santé ont augmenté d'un tiers, passant de 63 à 95.

En travaillant avec ses partenaires, l'UNICEF continue à fournir une assistance vitale aux enfants les plus vulnérables, comme les vaccinations, les aliments thérapeutiques et le traitement de la malnutrition, le soutien à l'éducation, le soutien psychosocial et les aides financières en espèces.

Au nom des enfants du Yémen, l'UNICEF appelle à prendre les mesures suivantes d'urgence :

• Parvenir à une résolution politique de la guerre immédiatement. Les parties au conflit doivent parvenir à une solution négociée, priorisant et respectant les droits des enfants de ce pays.

• Mettre fin à toutes les violations graves contre les enfants. Les enfants doivent être protégés en tout temps.

• Augmenter de façon immédiate et massive la réponse multisectorielle pour combattre la malnutrition chez les enfants et les femmes enceintes et allaitantes. Améliorer l'accès humanitaire à travers le Yémen est une priorité pour atteindre les plus vulnérables.

• Renforcer les mécanismes de survie des familles en soutenant la mise en oeuvre des services de base - là où cela est possible - et celle des aides financières en espèces.

"Nous devons agir maintenant pour sauver les familles. Les risques pour les générations à venir sont immenses" affirme Meritxell Relaño.

 

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