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DossierLa mortalité infantile pour la première fois sous la barre des 10 millions![]() © Unicef HQ06-2054 Pablo Bartholomew
Une mère et son enfant dans une clinique indienne.
Publié le 14 septembre 2007 Avec moins de 10 millions de décès chez les enfants de moins de 5 ans, des progrès réels, mais contrastés, en faveur de la survie de l’enfantUne mesure récente de la mortalité des enfantsLes nouveaux indicateurs sont tirés d’une série de données nationales, dont deux groupes d’enquêtes domestiques : les enquêtes à indicateurs multiples (MICS) et les enquêtes démographiques sur les ménages (DHS). « C’est un moment historique » a déclaré la directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman, commentant les statistiques compilées par l’Unicef et ses partenaires selon lesquelles la mortalité infantile passe pour la première fois en dessous de 10 millions de décès par an. Le nombre de décès d’enfants est en effet de 9,7 millions par an contre 13 millions en 1990. Cela représente une chute d’un quart depuis 1990 et de plus de 50% depuis 1960 dans le nombre annuel des décès d’enfants de moins de 5 ans. Un investissement auquel contribue fortement l’Unicef : l’agence dédiée à l’enfance investit chaque année plus d’un milliard de dollars dans le survie et le développement de l’enfant, et soutient les systèmes de santé et des programmes sanitaires dans plus de 140 pays. Par ailleurs, avec des programmes dans 156 pays et territoires, l’Unicef est le premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement. L’Unicef travaille pour la santé et la nutrition des enfants, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et les filles, et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le VIH-sida. 9 millions de morts d’enfants évitablesCar, comme le souligne Ann Veneman il n’y a pas lieu de se réjouir trop vite. « La perte de 9,7 millions d’enfants par an est inacceptable. La plupart de ces décès pourraient être évités et nous savons que des vies peuvent être sauvées lorsque les enfants ont accès à des services de santé communautaires, soutenus par un bon système de référence hospitalier ». Les pays de l’Afrique de l’Ouest et centrale sont globalement ceux qui enregistrent les pires taux de mortalité infantile. En Afrique australe, les progrès réalisés grâce à de meilleures conditions de vie sont balayés par l’impact catastrophique de la mortalité liée au sida. Les causes majeures de la mortalité des enfants de moins de 5 ans dans ces régions sont les Infections respiratoires aiguës, les maladies diarrhéiques, la malnutrition aiguë (5 à 6 millions de décès par an). Certaines pathologies, comme le paludisme ou le sida, sont aussi responsables de la mort de nombreux enfants. Des mesures de base sont vitalesL’Unicef constatait plus tôt cette année les progrès réalisés dans la lutte contre une maladie infantile particulièrement tueuse : la rougeole. Une chute de 60% des décès dus à la rougeole depuis 1999 et une réduction, particulièrement notable, de 75% en Afrique subsaharienne soulignaient l’importance des campagnes de vaccination, en préventif comme en urgence. La diminution de la mortalité infantile prouve que des interventions efficaces en faveur de l’accès aux soins des petits portent leurs fruits. La plupart des progrès enregistrés sont en effet le résultat d’interventions sanitaires de base comme l’allaitement maternel exclusif, la vaccination contre la rougeole, la supplémentation en vitamine A et l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide pour prévenir le paludisme. L’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires est également essentiel pour améliorer la survie des enfants. Ces mesures plus fréquemment appliquées sont donc efficaces pour prévenir les maladies tueuses chez les enfants. De même, des interventions en urgence devraient éviter de très nombreux décès, si les outils dont nous disposons étaient plus largement disponibles : ainsi, la malnutrition aiguë - que l’on peut endiguer grâce au recours aux nouveaux aliments thérapeutiques, de type Plumpy nut - et qui est encore responsable de la mort de 5 à 6 millions d’enfants par an. Ainsi le traitement du paludisme - avec les combinaisons à base d’Artémisinine trop rarement employées encore en raison de leur coût - ou enfin la mise sous antirétroviraux des 800 000 enfants qui en ont besoin sur les 2,3 millions qui sont infectés par le sida. Si ces médicaments étaient largement accessibles dans le centre de santé local, de nombreux décès seraient évités. Autre élément à renforcer : la présence de structures sanitaires compétentes et équipées au niveau des communautés. Les réformes des systèmes de santé qui visaient pourtant à améliorer les dispositifs sanitaires n’ont pas rempli leur rôle, au contraire : dispensaires vides, dépourvus de personnel et de médicaments, sont trop souvent le lot quotidien dans les campagnes d’Afrique subsaharienne qui enregistrent les pires taux de mortalité infantile. Enfin, les mesures doivent être adaptées à la situation particulière de la survie de l’enfant dans le pays : ainsi, en Inde, les 22% de diminution de la mortalité infantile entre 2000 et 2006 sont imputables aux progrès en faveur des enfants de 1 à 4 ans, des filles vivant en zone rurale et des enfants vivant dans les foyers les plus vulnérables. A Madagascar, qui enregistre 41% de réduction de la mortalité infantile, les plus gros progrès figurent chez les enfants de 0 à 1 an dans les zones urbaines, parmi les enfants dont les mères possèdent un certain niveau d’éducation.
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