26,5 millions d'enfants africains menacés par le phénomène climatique El Niño

Publié le 05 juillet 2016 | Modifié le 17 août 2016

Dans une dizaine de pays du sud et de l’est de l’Afrique, des millions d’enfants sont exposés à la faim, au manque d’eau et au risque de maladie à cause du phénomène El Niño lié au dérèglement climatique.
Le nombre de cas de malnutrition augmente chez les enfants les plus vulnérables, la situation est préoccupante.

El Niño est le terme utilisé pour décrire le réchauffement d'une partie du Pacifique qui se produit, en moyenne, tous les trois à sept ans. Ce phénomène entraîne une hausse des températures et a un impact sur le climat à travers le monde, certaines régions recevant davantage de précipitations que d'autres subissant la sécheresse. 

Le spectre d’une crise nutritionnelle

Selon l’UNICEF, plus d'un million d’enfants en dessous de l’âge de 5 ans au sud et à l’est de l’Afrique ont besoin d’un traitement contre la malnutrition sévère aiguë. Deux années de pluies et de sécheresses combinées à l’un des phénomènes El Niño les plus puissants en 50 ans causent des ravages chez les enfants les plus vulnérables.

Des millions d’enfants sont exposés à la faim, au manque d’eau et au risque de maladie. Cette situation se trouve aggravée par la hausse des prix, qui oblige les familles à adopter des mécanismes d’adaptation draconiens, comme sauter des repas et vendre leurs biens.
« Le phénomène climatique El Niño va régresser, mais ses effets sur les enfants, dont beaucoup vivaient déjà au jour le jour, se feront sentir pendant des années. Les gouvernements réagissent avec les ressources dont ils disposent, mais il s’agit d’une situation sans précédent. La survie des enfants dépend de mesures à prendre aujourd’hui », a déclaré Leila Gharagozloo-Pakkala, la directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique orientale et l’Afrique australe.

Le Lesotho, le Zimbabwe et la plupart des provinces de l’Afrique du Sud ont déclaré l’état d’urgence en raison des pénuries croissantes de ressources. En Éthiopie, on estime que le nombre de personnes qui auront besoin d’une aide alimentaire passera de plus de 10 millions à 18 millions d’ici la fin de l’année 2016.
 


© UNICEF/UN010278/Ayene

Malnutrition, pénurie d’eau, épidémies, déscolarisation… une menace multiforme

Dans ses plus récentes données publiées concernant l’effet du phénomène El Niño sur les enfants, l’UNICEF souligne que :

  • En Éthiopie, la faible pluviométrie depuis deux saisons signifie que, actuellement, près de six millions d’enfants ont besoin d’une aide alimentaire et que le taux d’absentéisme scolaire augmente, car les enfants doivent parcourir de plus longues distances pour trouver de l’eau.
  • En Somalie, plus des deux tiers des personnes qui ont besoin d’une aide d’urgence sont des populations déplacées. 385 000 personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, et 1,3 million de personnes sont menacées si elles ne reçoivent pas immédiatement de l’aide.
  • Au Kenya, les fortes pluies et les inondations attribuables au phénomène El Niño aggravent les épidémies de choléra.
  • Au Lesotho, 530 000 personnes, soit un quart de la population, sont touchées. Le phénomène vient encore aggraver la situation dans ce pays où 34% des enfants sont orphelins, où 57% de la population vit sous le seuil de la pauvreté.
  • Au Zimbabwe, on estime que 2,8 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire. La sécheresse a entraîné une réduction des ressources en eau et vient accroître le risque de maladies d’origine hydrique, notamment la diarrhée et le choléra.
  • Le Malawi connaît la pire crise alimentaire en neuf ans : quelque 2,8 millions de personnes (soit plus de 15% de la population) sont exposées à la faim. Les cas de malnutrition sévère aiguë ont augmenté de 100% en à peine deux mois, de décembre 2015 à janvier 2016.
  • En Angola, on estime que 1,4 million de personnes sont touchées par les conditions climatiques extrêmes, et 800 000 personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, principalement dans les provinces semi-arides du sud.
  • Au Mozambique, 200 000 enfants risquent d’avoir besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë sévère cette année.
  • Au Madagascar, 80% de la population de la partie méridionale du pays est confronté à l’insécurité alimentaire.
  • Au Swaziland, 300 000 personnes, ou un quart de la population, sont touchées par la sécheresse.


© UNICEF/UN011590/Ayene

Le Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA) estime que, même si les conditions agricoles s’améliorent au cours du second semestre, il faudra près de deux ans pour que les communautés touchées se remettent de la sécheresse qui est aggravée par le phénomène El Niño.

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