3 personnes sur 10 ne disposent pas d'installations de base pour se laver les mains à domicile

Publié le 14 octobre 2021

À l'occasion de la Journée mondiale du lavage des mains, UNICEF prévient que 3 personnes sur 10 ne disposent pas d'installations de base pour se laver les mains à leur domicile afin de lutter contre les maladies infectieuses.

New York, le 15 octobre 2021 - Bien que le lavage des mains au savon soit essentiel dans la lutte contre les maladies infectieuses, notamment la COVID-19, dans le monde, environ 3 personnes sur 10 - soit 2,3 milliards - ne disposent pas d'installations de lavage des mains avec eau et savon à domicile. La situation est pire dans les pays les moins développés, où plus de 6 personnes sur 10 n'ont pas accès à une hygiène des mains de base, avertit UNICEF à l'occasion de la Journée mondiale du lavage des mains.

« Les efforts mondiaux de réponse à la pandémie ont créé une période sans précédent pour l'hygiène des mains. Pourtant, les progrès restent bien trop lents pour les communautés les plus vulnérables et mal desservies », a déclaré Kelly Ann Naylor, directrice du programme WASH d'UNICEF. « L'hygiène des mains ne peut être considérée comme une disposition temporaire pour gérer la COVID-19. De nouveaux investissements à long terme dans l'eau, l'assainissement et l'hygiène peuvent contribuer à prévenir la prochaine crise sanitaire. Cela signifie aussi moins de personnes tombant malades à cause d'infections respiratoires, moins d'enfants mourant de maladies diarrhéiques, et plus de mères enceintes et de nouveau-nés protégés contre des affections évitables comme la septicémie. »

Les dernières données montrent que certains progrès ont été réalisés depuis 2015. Par exemple, la population mondiale ayant accès à une hygiène de base des mains à domicile est passée de 5 milliards à 5,5 milliards, soit de 67 % à 71 %. Cependant, si les tendances actuelles persistent, 1,9 milliard de personnes n'auront toujours pas accès à une hygiène des mains de base d'ici la fin de la décennie.

Selon les dernières estimations :

  • Dans le monde, 3 personnes sur 10 - soit 2,3 milliards - n'ont pas accès à des installations de base pour le lavage des mains avec de l'eau et du savon à domicile, dont 670 millions de personnes sans aucune installation. Dans les pays les moins avancés, plus de 6 personnes sur 10 ne disposent pas d'installations de base pour se laver les mains à domicile.
  • Dans le monde, 2 écoles sur 5 ne disposent pas de services d'hygiène de base avec de l'eau et du savon, ce qui concerne 818 millions d'élèves, dont 462 millions fréquentent des écoles ne disposant d'aucune installation. Dans les pays les moins avancés, 7 écoles sur 10 n'ont aucun endroit où les enfants peuvent se laver les mains.
  • Dans le monde, 1 établissement de santé sur 3 ne dispose pas d'installations d'hygiène des mains aux points de soins où le patient, le personnel soignant et le traitement entrent en contact avec le patient.
  • Le coût de la mise en place d'une hygiène des mains dans tous les foyers de 46 des pays les moins développés du monde d'ici 2030 est estimé à 11 milliards de dollars*. Le coût de la promotion de l'hygiène pour les gouvernements est estimé à 25 % par habitant et par an.

De profondes inégalités

De profondes inégalités existent entre les pays et au sein de ceux-ci en matière d'accès et de progrès, les enfants et les familles les plus vulnérables étant ceux qui en souffrent le plus. En outre, les progrès sont particulièrement lents dans les contextes fragiles, touchés par les conflits et les réfugiés :

  • Dans les contextes fragiles, 1 personne sur 5 ne dispose d'aucune installation d'hygiène des mains à domicile.
  • Dans 8 des 20 pays pour lesquels le HCR dispose de données, plus de 30 % des foyers de réfugiés n'ont pas accès au savon.
  • Au niveau mondial, les taux de progression actuels doivent quadrupler pour atteindre l'hygiène universelle d'ici 2030. Dans les pays les moins avancés, le taux de progression devrait être multiplié par dix, et dans les contextes fragiles, il devrait être accéléré par un facteur de 23.

UNICEF exhorte les gouvernements à s'engager à fournir une hygiène des mains, non pas comme une réponse temporaire à la pandémie, mais comme un investissement dans la santé publique et la résilience économique. Le dernier rapport conjoint d'UNICEF et de l'OMS identifie cinq accélérateurs qui peuvent permettre aux gouvernements d'élargir rapidement l'accès à l'hygiène des mains, notamment la bonne gouvernance, des finances publiques intelligentes, le renforcement des capacités, des données cohérentes et l'innovation.

#####

Notes aux rédactions :

* Cette estimation suppose que les ménages supporteraient le coût de l'installation de dispositifs de lavage des mains et le coût associé à l'achat d'eau et de savon. Les gouvernements prendraient en charge le coût de la promotion de l'hygiène, tant initiale que complémentaire.

Pays les moins avancés : Afghanistan, Angola, Bangladesh, Bénin, Bhoutan, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, République centrafricaine, Tchad, Comores, République démocratique du Congo, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Kiribati, République démocratique populaire lao, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Népal, Niger, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Iles Salomon, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Timor-Leste, Togo, Tuvalu, Ouganda, République-Unie de Tanzanie, Yémen, Zambie.

Accéder aux contenus multimédia ici.