Alban Jarry : « U-Report permet de prendre le pouls de la jeunesse »

Publié le 04 juin 2018 | Modifié le 04 juin 2018

Depuis le lancement de U-Report en France en 2017, l’influenceur Alban Jarry compte parmi les plus fidèles et actifs soutiens des jeunes U-Reporters. Il met sa forte notoriété sur les réseaux sociaux au profit des jeunes pour les aider à se réaliser et pour amplifier leur voix.
Ambassadeur de U-Report, Alban Jarry nous raconte pourquoi il s’engage aux côtés de l’UNICEF, acteur innovant dans le domaine de la Civic Tech.

Vous soutenez les jeunes U-Reporters depuis le début de l’aventure en 2017 en tant qu’influenceur. Qu’est-ce qui vous a amené à être si présent sur les réseaux sociaux ?

Il y a deux ans, nous avons mis en place avec une quinzaine d’influenceurs un collectif qui s’appelle #i4emploi qui a pour vocation d’aider les personnes en recherche d’emploi à être plus visibles sur les réseaux sociaux et à mieux formuler la mise en avant de leurs compétences et de leurs points forts afin de trouver plus rapidement un travail. Ce collectif aide en particulier les jeunes dans leur insertion professionnelle car le taux de chômage des jeunes est important dans notre pays. C’est une des raisons pour lesquelles je porte une attention particulière à la situation des jeunes en France.

Pour vous, que représentent l’UNICEF France et la cause des enfants ?

L’UNICEF représente la force de favoriser, au travers un grand nombre de sujets d’actualité, une aide permanente pour les enfants. Ce qui m’impressionne, c’est cette capacité, partout dans le monde, d’essayer d’améliorer les choses, notamment dans les pays où la situation est la plus compliquée. L’UNICEF est synonyme de la notion de partage, d’aide, de bienveillance et de soutien apporté partout dans le monde aux enfants.

En tant qu’Ambassadeur de U-Report, que pensez-vous de cet outil numérique, de son évolution et de ses usages pour défendre la voix des jeunes ?

L’UNICEF a réussi à créer à la fois un outil extrêmement classique, car il mobilise les jeunes autour de sondages et de questions d’actualité liées à différentes thématiques sociales, tout en étant extrêmement moderne, en se mettant en proximité dans les principaux réseaux sociaux où il peut y avoir une interaction, notamment dans les messageries privées de Facebook et Twitter. En montrant la force et la capacité à recueillir très vite des avis sur des sujets de société et d’actualité très importants pour les jeunes, U-Report s’est intégré dans leur quotidien. 
Grâce aux réseaux sociaux, U-Report permet de prendre le pouls très rapidement de l’évolution de la jeunesse et de beaucoup de sujets, comme l’emploi des jeunes. Je trouve cette initiative remarquable. 

En quoi les réseaux sociaux, professionnels ou non, sont-ils un tremplin pour l’emploi des jeunes ?

Ils sont des outils complémentaires. Il ne faut surtout pas faire abstraction, dans une recherche, des dispositifs traditionnels comme Pôle emploi et de son extension numérique Emploi Store. Les réseaux sociaux donnent accès à d’autres réseaux parce que dans une recherche d’emploi, il est très compliqué de se constituer le bon réseau, surtout quand on est jeune. En accédant à des réseaux de professionnels, qui ont déjà des réseaux constitués, cela permet d’être beaucoup plus efficace ! Il faut comparer cela au système de la bouteille à la mer. En jetant une seule bouteille à la mer, il y a très peu de chances qu’elle arrive à bon port et au bon destinataire. Mais, si cette bouteille est multipliée et amplifiée par des dizaines ou centaines de personnes, la probabilité qu’elle atteigne un port est beaucoup plus importante. Le but de la recherche d’emploi est que le message dans cette bouteille atteigne un recruteur, quelle que soit la voie, par les réseaux sociaux ou les réseaux traditionnels. Alors par ces vois, j’espère que chaque personne puisse trouver plus facilement un emploi.

Votre compte Twitter fait maintenant partie des plus influents en France, spécialement dans le domaine de l’innovation. Comment définiriez-vous un influenceur ?

Un influenceur aujourd’hui, est une personne qui va obtenir un engagement par ce qu’elle va produire des contenus, mettre en visibilité et partager. Cela peut se matérialiser par beaucoup de voies : médias ou interventions dans des conférences ainsi que par les réseaux sociaux. Un influenceur a cette capacité de pouvoir intéresser des communautés et que ces communautés relayent ses messages. Cependant, il n’y a jamais aucune garantie dans l’influence car il n’existe pas de formule magique et il ne faut pas jamais avoir de certitudes sur l’impact d’un message sinon c’est le meilleur moyen d’avoir un effet inverse. Néanmoins, je suis persuadé que chaque message peut trouver son audience qu’elle soit importance ou non. Les influenceurs vont probablement arriver à toucher de façon récurrente et dans le temps des communautés et des audiences.

Pensez-vous que les influenceurs ont un devoir de mettre à profit leur notoriété pour défendre des causes ?

Tout le monde n’a pas forcément les mêmes envies et volontés de partager et d’agir. Une fois que ces réseaux existent, je pense qu’il est très important de les mettre à disposition d’autres personnes, des personnes qui ont besoin de cette visibilité et de cette viralité. Le partage, le don, la mise à disposition pour des causes comme U-Report, i4emploi ou par exemple autour de l’éducation sont, pour moi, très importants. C’est un choix qui est très personnel. Donner de la visibilité à d’autres personnes est aussi une façon d’offrir un peu ou beaucoup de ce réseau en fonction des besoins. Ces réseaux sont faits pour se connecter et sortir de l’isolement, ils doivent pouvoir offrir cette possibilité au maximum de personnes en fonction des sujets que chacun veut porter ou des causes à défendre.

Lors d’un récent sondage U-Report « les jeunes et l’information », plus d’un tiers des jeunes déclaraient s’informer sur les réseaux sociaux. Est-ce un endroit « sûr » pour s’informer, et n’y a-t-il pas un risque par exemple que les jeunes s’exposent de plus en plus aux fake news ?

L’information est en permanence démultipliée par des relais. Quelle que soit la source, médias traditionnels ou nouveaux réseaux, il faut avoir du recul par rapport à l’information et se poser la question : « Cette information est-elle pertinente ? »
Il faut toujours analyser et ne pas se laisser influencer par l’actualité ou quelque chose qui semble vrai et qui peut être faux. Il faut toujours conserver ce regard critique. À partir du moment où une personne se créé un profil dans ces réseaux, elle va chaque jour en comprendre mieux les mécanismes, ce qui va lui permettre de filtrer de manière plus efficace le vrai du faux. C’est par la pratique que chacun apprend à faire ces tris. En s’appuyant sur des communautés déjà construites, le regard critique devient de plus en plus collaboratif.
Aujourd’hui, même les plus grands médias diffusent des fake news, il est impossible de dire à une personne, qui est face à une multitude d’informations, qu’elle ne va jamais être touchée par ces fake news. Il faut avoir le recul nécessaire et s’interroger sur la véracité d’une information. Nous évoluons dans un système où il est possible d’être manipulé. Dans ce cadre-là, nous devons enseigner aux jeunes les usages de tous ces systèmes d’information afin qu’ils se créent au fur et à mesure de leur réflexion cette carapace. Ce qui différence encore les humains des robots et va les distinguer pendant très longtemps, c’est cette capacité à analyser, à se poser les bonnes questions et à prendre le recul nécessaire. C’est cette capacité à faire face à l’aléatoire.

Soutenir nos actions