Alima, la grand-mère bienveillante des enfants syriens de Zaatari

Publié le 20 février 2015 | Modifié le 31 mai 2016

Dans le camp de réfugiés syriens de Zaatari en Jordanie, les enfants l’appellent affectueusement « Grand-mère ». À 64 ans, Alima est une femme bienveillante, respectable et respectée. Elle contribue à la préservation de la santé des enfants en s’assurant de la propreté et de l’hygiène du camp, ce qui permet d’éviter les maladies.

Enfants et adultes, tous ceux qui connaissent Alima l’appellent « Grand-mère » comme un signe affectueux d’appartenance à une même et grande famille. Celle des réfugiés syriens. Pourtant, à 64 ans, rien dans la démarche d’Alima ne laisse penser qu’elle est grand-mère de 52 petits-enfants !
Rayonnante, le regard profond, la parole sage et surtout débordante d’énergie, Alima est une femme très active et ne ménage pas ses efforts pour le bien des enfants du camp de Zaatari.
 
Son rôle ? Présidente de l’un des comités de l’eau et de l’assainissement dans le camp. Telle une chef d’orchestre, Alima est chargée d’organiser la répartition du travail entre les agents de propreté et d'élaborer un planning de nettoyage pour les latrines communes, s’assure que les sanitaires et les points d’eau sont nettoyés et qu’ils sont tenus propres.
 
Respectée par les habitants du camp, Alima est aussi reconnue pour son sens de la rigueur et du devoir. Quand elle remet un seau de nettoyage entre les mains d’un agent, elle donne ses instructions claires par un rappel des consignes. « On pourrait penser que chacun sait ce qu’il a à faire, explique Alima, mais à chaque fois, je préfère rappeler la tâche de chacun pour que ce soit bien clair pour tout le monde. Les coins des salles d’eau doivent être correctement nettoyés, et le matériel doit être retourné propre » souligne-t-elle avec le souci du travail bien fait.
 
Si Alima accorde autant d’importance et de méticulosité à son travail, c’est parce que la propreté et l’hygiène des installations d’eau dans le camp permettent de préserver la santé des enfants en empêchant la transmission de maladies.
 

Empêcher l’apparition et la transmission des maladies liées à l’eau

Alima est originaire de la ville de Deraa au sud-ouest de la Syrie, foyer des premières protestations populaires de 2011. La situation sécuritaire se dégradant, Alima a dû fuir la Syrie avec sa famille au complet (12 enfants et 52 petits-enfants) à la recherche d’un endroit plus sûr. Le camp de Zaatari en Jordanie est devenu leur nouvelle maison. « Quand nous sommes arrivés à Zaatari, raconte-t-elle, nous nous sommes sentis en sécurité, nous avons reçu un abri. Mais le plus gros problème était le manque d’eau car nous n’en avions jamais assez ni pour la consommation ni pour le nettoyage. C’est ensuite qu’est venu le problème de l’hygiène, car notre abri devenait puant… »
 
Le manque d'assainissement et la contamination de l’eau favorisent l’apparition de maladies telles que le choléra, la diarrhée et la dysenterie. La population concentrée dans le camp met l’ensemble des habitants face à un risque supplémentaire d’épidémie et de contamination. C’est pourquoi l'UNICEF a appuyé de manière significative les besoins d'assainissement des réfugiés dans le camp par la fourniture de plus de 2 800 latrines communes et points d’eau.

Les comités pour encourager la participation communautaire

Face au danger d’épidémies, l'UNICEF a créé des « comités de l’eau et de l’assainissement » dans le camp. Ces comités, constitués par et pour les habitants du camp, sont chargés de la propreté générale des points d’eau et latrines communes. L’UNICEF aide à la formation des agents bénévoles et leur fournit le matériel d’entretien.
 
Alima et les membres de son comité sont également chargés de la sensibilisation à l'hygiène dans le camp alors que l'UNICEF et d'autres partenaires le font dans les écoles. Plus de 264 écoles jordaniennes ont maintenant amélioré leurs installations d’eau et d’assainissement.
 
Le camp de Zaatari abrite plus de 80 000 réfugiés syriens qui ont fui les violences du conflit dans leur pays. Quotidiennement, l’UNICEF et ses partenaires fournissent 4 millions de litres d’eau pour les habitants des camps de Zaatari et d’Azraq, le nouveau camp ouvert en Jordanie au printemps de l’année dernière.
 
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