Au Kenya, le football comme moyen pour éviter le choléra

Publié le 15 octobre 2019

Avec le programme Football4Wash, mis en place par UNICEF dans plusieurs écoles au Kenya, les élèves sont sensibilisés aux pratiques d’hygiène de façon ludique grâce au football.

Terry Anne Akinyi en est persuadée : son avenir est dans le football. L’adolescente, âgée de 13 ans, rêve de faire une carrière dans ce sport. Elle s’entraîne très régulièrement avec ses amies de l’école du village de Karabuor, dans la région de Kisumu, au Kenya. Il suffit de la voir échanger quelques balles avec ses camarades d’école pour voir à quel point la passion l’anime.

A l'école de Kuoyo Kaila, dans le village de Karabuor, où les enfants sont sensibilisés à l'hygiène à travers des activités sportives (programme Football 4 Wash). L'équipe de filles pose devant les drapeaux des 4 principales maladies évitables avec une bonne hygiène.

Changer les mentalités

Ses jambes guident habilement la balle entre les pieds de ses adversaires, elle dribble avec agilité et triomphe des défenseuses et de la gardienne : le but est marqué ! Son équipe pousse des cris de joie et se rassemble autour d’elle avant de se diriger vers le côté du terrain où un panneau indiquant « LAVAGE DES MAINS » a été apposé. Grand sourire aux lèvres, enthousiastes au vu de la victoire qui se profile, les jeunes filles rassemblées font alors mine de se frotter les mains avec du savon.

Cette curieuse façon de célébrer les points marqués est en fait un excellent moyen d’éviter le choléra ainsi que d’autres maladies liées à l’eau. Dans le cadre du programme Football4Wash, implanté dans 53 écoles de la région, la popularité du football est mise au profit de la santé publique. Les règles du sport sont adaptées pour faire changer les mentalités. Aux quatre coins du terrain, des drapeaux estampillés « paludisme », « diphtérie », « typhoïde » et « diarrhée » symbolisent ce qu’il advient quand une équipe commet une faute. Et chaque victoire est récompensée par un lavage des mains.

A l'école de Kuoyo Kaila, dans le village de Karabuor, où les enfants sont sensibilisés à l'hygiène à travers des activités sportives (programme Football 4 Wash). L'équipe de filles pose devant les drapeaux des 4 principales maladies évitables avec une bonne hygiène.

Des progrès contre les maladies hydriques

Pour l’entraîneur Dado Silfanus, les progrès réalisés depuis mars sont frappants : attirés par la perspective de jouer au football, de plus en plus de jeunes viennent à l’école. Les pratiques d’hygiène sont par ailleurs perçues sous un meilleur jour par  les jeunes qui s’aperçoivent eux aussi que leur santé s’améliore. Le professeur de sport, formé par UNICEF à la transmission des bons gestes sanitaires, se réjouit que l’on donne aux nouvelles générations l’opportunité d’échapper à des maladies hydriques, aisément évitables. C’est une chance pour l’avenir.

« Avant, les gens étaient tout le temps malades, se souvient Terry Anne Akinyi. On devait aller voir le médecin, on avait mal au ventre… Mais ça n’arrive plus. » Dans la région, le dernier cas de choléra recensé remonte à deux ans et demi. Maintenant que les nouvelles générations intègrent les bonnes habitudes, le match contre le choléra et les autres maladies liées à l’eau est bien engagé.

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