Covid-19 : en Grèce, une situation critique pour les mineurs isolés

Publié le 18 juin 2020

La situation des mineurs non accompagnés en Grèce est critique. Sur les quelques 4500 mineurs isolés présents en Grèce, 1400 enfants environ sont contraints de survivre dans les centres d’accueil et d’identification surpeuplés des îles de Lesbos, Samos et Chios, exposés aux violences et à l’exploitation.

Sur le continent, l’effectivité de leurs droits n’est pas toujours garantie, des centaines d’entre eux sont dans des structures fermées ou ne bénéficient que d’un hébergement provisoire. La crise sanitaire renforce encore les dangers auxquels ils sont exposés : mesures de confinement dans les camps surpeuplés où se trouvent 33 000 demandeurs d’asile pour une capacité de 5400 personnes, accès limité aux services, exposition accrue au COVID-19.  

Après l’engagement de neuf Etats membres de l’Union Européenne pour accueillir 1600 mineurs isolés relocalisés depuis la Grèce, quelques-uns seulement ont concrétisé cet engagement selon des modalités variant d’un Etat à l’autre. Dernier en date, le Portugal a annoncé l’accueil prochain de 500 enfants et adolescents.

En Grèce, UNICEF est impliqué dans l’accueil provisoire des mineurs qui sont sur le point d’être relocalisés, dans des centres de transit afin d’assurer une prise en charge médicale, un soutien psychosocial, la désignation d’administrateurs ad hoc et la formation des personnes chargées de l’évaluation de l’intérêt supérieur (BIA). A Bruxelles et dans les pays d’accueil, UNICEF mène des actions de plaidoyer afin de soutenir la concrétisation de l’engagement des Etats et d’adresser des recommandations pour que la procédure de relocalisation soit conforme aux textes internationaux et réalisée dans l’intérêt supérieur des enfants.
 
Si la France avait joué un rôle moteur – avec l’Allemagne - lors des négociations initiales ayant abouties à cet engagement, elle n’a pas encore transformé « sa parole en actes ». Un travail interministériel est en cours et le chiffre de 350 mineurs a été annoncé, mais de nombreuses modalités restent à organiser avant la relocalisation effective.

UNICEF France mène des activités de plaidoyer à destination du gouvernement pour la concrétisation de son engagement, l’accélération du processus et l’assurance que les droits de l’enfant soient pleinement garantis. Nous rappelons la nécessité d’anticiper leur arrivée afin d’assurer la prise en charge la plus adaptée à leurs besoins.

Si le COVID-19 représente un challenge supplémentaire auquel il faut faire face, il ne constitue pas un obstacle insurmontable. Assurer la relocalisation de ces enfants est une façon de lutter contre les impacts du virus, tout en envoyant un signal de solidarité fort et en alimentant le cercle vertueux initié par les premiers partenaires européens ayant organisé leur relocalisation.