Crise alimentaire au Niger : les femmes et les enfants frappés de plein fouet

Publié le 26 juillet 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Dans les régions les plus touchés par la crise alimentaire au Niger, l'UNICEF intervient pour réapprovisionner les banques céréalières. Les femmes et les enfants sont les bénéficiaires prioritaires de ces banques communautaires.

 Dans les régions les plus touchés par la crise alimentaire au Niger, l'UNICEF intervient pour réapprovisionner les banques céréalières. Les femmes et les enfants sont les bénéficiaires prioritaires de ces banques communautaires. 
 
Au Niger, les femmes et les enfants sont frappés de plein fouet par la crise alimentaire qui touche actuellement le pays. Les récoltes céréalières ont souffert en 2004 des effet conjugués de la sécheresse et des attaques des criquets qui ont ravagé de nombreux champs. 3815 villages, soit 3,3 millions d’habitants dont 800 000 enfants sont touchés par la crise. Les deux récits qui suivent montrent comment les Nigériens tentent de faire face à la crise avec le concours de l’UNICEF.

Les femmes d’Angoual Mata risquent leur vie pour se nourrir

A son arrivée au village d’Angoual Mata, dans la région de Maradi, Mariama Mourima de l’UNICEF fût surprise de trouver si peu de femmes. Le prix des céréales ayant augmenté et la nourriture se faisant rare, les femmes risquent leur vie en grimpant aux arbres, à la recherche de feuilles pour nourrir leurs familles.

Il y a un an, pour faire face au problème d’insécurité alimentaire, l’UNICEF a aidé le village à construire une banque de céréales, permettant aux Nigériens d’acheter ou d’emprunter des céréales pendant la période de soudure (d’avril à septembre).

Cependant, l’année 2004 n’a pas permis aux habitants d’Angoual Mata d’obtenir les récoltes suffisantes pour nourrir leurs familles, et a fortiori d’honorer les prêts qui doivent être remboursés après les récoltes. Aujourd’hui, les femmes sont réduites à cueillir des feuilles et à fouiller dans les termitières à la recherche de céréales sauvages.

A la vue d’une femme plus âgée que les autres, Mariama Mourima s’enquiert de lui demander si elle aussi grimpe aux arbres. Pour appuyer son témoignage, la femme lui montre la peau de son ventre et de sa poitrine, éraflée et écorchée à vif par l’écorce des arbres. Elle lui affirme que toutes les femmes ont ces blessures.

Mariama est arrivée à Angoual Mata accompagnée d’un camion chargé de 10 tonnes de mil, afin de réapprovisionner la banque de céréales vide. A ce jour 614 tonnes de céréales ont été distribuées par l’UNICEF aux communautés les plus touchées par la pénurie alimentaire. La distribution de 1 000 tonnes supplémentaires est prévue dans les semaines à venir, permettant à 520 000 habitants de bénéficier de cet appui.

Maintenant que la banque céréalière de Angoual Mata a été réapprovisionnée et que les céréales sont disponibles, les blessures des femmes du village commencent à cicatriser. 
 

 Souleymane troque la faim contre une vie d’enfant des rues

Dans le village de Malamawa, dans la région de Maradi, Souleymane Mahamane, âgé de 11 ans ne supportait plus les crampes dans son ventre vide. « Il nous arrivait de passer deux semaines sans préparer un repas », dit-il.

Pendant les journées sans repas, Souleymane buvait de la bouillie de mil allongée d’eau, mais cela ne calmait pas la faim qui le tenaillait. Depuis le décès de son père, Souleymane a été accueilli chez son grand-père.

La mauvaise récolte de l’année 2004 a entraîné une hausse du prix des céréales, et très vite son grand-père n’a plus été en mesure de nourrir la famille. La faim au ventre, Souleymane est parti en direction de Maradi où il ne connaissait personne, mais où la vie lui semblait forcément meilleure qu’à Malamawa.

Souleymane vit dans les rues de Maradi depuis deux mois, et dort sur un morceau de carton pour se protéger du froid. Il mendie la journée pour s’assurer son repas, et rejoint d’autres enfants des rues le soir. Ces derniers travaillent pour une vendeuse de riz et de sauce, à la gare routière, où ils peuvent racler les assiettes et percevoir une récompense de 100 à 150 FCFA (0,20 à 0,30 USD), pour leur travail de la soirée.

Souleymane a découvert le Centre SEJUP soutenu par l’UNICEF, qui est programme d’appui aux jeunes de la rue de Maradi. Il s’y rend l’après-midi pour se laver et faire sa lessive. D’autres jeunes y suivent des formations professionnelles, telle que l’apprentissage du travail de charpentier. Souleymane commence alors à réfléchir au delà de son prochain repas, lui aussi voudrait apprendre un métier et gagner sa vie Lorsque la nourriture est abordable et disponible dans les villages, la population est plus stable, l’exode est réduit et las familles demeurent unies.

L’UNICEF apporte les céréales dans les communautés les plus touchées par la crise alimentaire en reconstituant les stocks dans les banques céréalières.
 

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