Crise en Éthiopie : quel avenir pour les enfants ?

Publié le 01 juin 2021

Cela fait plus de six mois que les enfants de la région du Tigré sont confrontés à une insécurité élevée suite au conflit persistant. L’impact sur ceux-ci et sur leurs familles est dévastateur et la malnutrition plane sur cette région du nord de l’Éthiopie.

Que se passe-t-il au Tigré ?

La crise au Tigré, région située au nord de l’Éthiopie, débuté en novembre 2020, est une véritable crise humanitaire.  Plus d'un million de personnes ont été déplacées alors que les affrontements se poursuivent et la région reste instable. Les conditions dans les sites de déplacement, où la population est majoritairement composée de femmes et d'enfants, sont extrêmement difficiles. Certains camps sont surpeuplés et insalubres.

 

Comment la situation touche les enfants ?

Les enfants souffrent en première ligne et sont victimes de graves violations de leurs droits.

La malnutrition sévit et touche de plus en plus de personnes, dont les enfants qui ne reçoivent pas les soins nécessaires en raison du caractère non fonctionnel de nombreux centres de santé. En février 2021, il y a eu 34 883 nouveaux cas de malnutrition aiguë sévère tandis que plus d'un million d'enfants ont été soumis au traitement pour la malnutrition aiguë modérée à Oromia, Amhara, Gambella et au Tigré.

Dans près de 13 villages de la région, les forages et autres systèmes d’eau et d’assainissement, ont été endommagés ou pillés, privant ainsi la population sur place d’un accès à l’eau.

Depuis mars 2020, on estime que plus de 1,3 million d’enfants dans cette région n’ont pas pu aller à l’école, suite à la pandémie de Covid-19 et au conflit. Les enfants, vulnérables, sont d’avantage exposés à des violences sexuelles notamment dans les camps.  Depuis le début de l’année (de janvier jusqu’en avril 2021), un centre de protection de l’enfance soutenu par UNICEF a reçu en moyenne trois cas de violences sexuelles et de genre par jour. 

 « Il s'agit d'une urgence en matière de protection, d'éducation et de nutrition. J'ai vu des dégâts considérables des systèmes de services essentiels, dont la survie de nombreux enfants dépend. J'ai également entendu des récits poignants de viols et de violences sexuelles de la part d'enfants et de femmes », déplore James Elder, porte-parole d’UNICEF.

 

Nos équipes mobilisées sur place

Depuis le début de la crise, UNICEF apporte son soutien en termes de santé, de nutrition, de protection de l'enfance, d’eau et d’assainissement et d'éducation.

En termes d’eau et d’assainissement, UNICEF mène des efforts pour réhabiliter les systèmes d'eau endommagés, l'approvisionnement en eau par camion et l'approvisionnement en produits d'hygiène. Grâce à ces efforts, plus de 640 000 personnes ont reçu de l'eau potable pour leur usage personnel.

En attendant la réouverture des écoles, nous avons distribué des kits scolaires en carton et nous travaillons avec des partenaires locaux  pour créer des espaces d'apprentissage temporaires pour les réfugiés, les sites et camps de déplacés et les communautés d'accueil.

UNICEF soutient 22 équipes mobiles de santé et de nutrition qui atteignent des dizaines de milliers d'enfants et de femmes dans dix des zones les plus nécessiteuses. Ils distribuent des kits de médicaments et fournitures nutritionnelles essentielles et soutiennent les soins de santé et la nutrition d'urgence. Nous prévoyons de  fournir un traitement à 522 199 enfants souffrant de malnutrition en 2021, soit une augmentation de 20% par rapport à 2020.

Faites un don à UNICEF pour venir en aide à ces enfants.