Elodie Gossuin, "définitivement plus la même après cette mission UNICEF"

Publié le 13 juillet 2015 | Modifié le 31 mars 2016

Fin juin 2015, Elodie Gossuin s’est rendue au Sénégal en tant que Marraine de l’UNICEF France. Cette première expérience sur le terrain lui a permis de voir les programmes de l’UNICEF en matière de santé, et de rencontrer des enfants qui en bénéficient. Retour sur une mission riche en découverte d’actions concrètes… et en émotions !

Quel est votre état d’esprit, de retour du terrain ?

Je rentre le cœur plus grand encore ! Je ne suis plus la même femme, je me sens plus vivante, plus humaine. Ma mission en tant que marraine, c’est de communiquer pour sensibiliser et engager le public ; je le fais depuis début 2014, et j’étais déjà convaincue du sérieux et de l’impact des actions de l’UNICEF. Mais avoir l’opportunité que tout cela devienne concret, avoir la chance de voir de mes yeux les actions, leurs résultats et les avancées, prendre la pleine conscience de l’évolution de vie que l’on offre à ces familles… cela m’a donné encore plus de forces dans mes convictions, encore plus de motivation et d’envie de m’engager ! Vous et moi pouvons avoir confiance, les choses avancent !

Vous soutenez la campagne « 100% d’enfants vaccinés »…

Oui, et j’ai pu voir les résultats sur le terrain ! En France, on observe de la défiance vis-à-vis de la vaccination. Mais on oublie qu’elle a permis d’éradiquer des maladies dont, ailleurs, des milliers d’enfants continuent de mourir – comme la polio, le tétanos, ou une simple rougeole !
Lors de la mission, j’ai pu voir les chambres froides financées par l’UNICEF, où sont stockées des centaines et des centaines de boîtes de vaccins qui vont permettre de sauver des enfants – des boîtes qui sont là grâce à vos dons ou vos achats de cadeaux solidaires !

J’ai aussi pu observer comment l’UNICEF forme du personnel pour tisser un réseau qui couvre tout le pays jusque dans le moindre village, afin que chaque enfant soit vacciné ; et comment on recherche les « perdus de vue », ces enfants qui n’ont pas pu revenir au Centre de santé pour faire les rappels, notamment parce qu’ils habitent dans des zones très reculées… C’est vraiment de cela qu’il s’agit : atteindre 100% des enfants !

Quels autres programmes de santé avez-vous découverts ?

J’ai pu voir sur place une véritable « chaîne pour la survie » de la maman et du bébé : suivi de grossesse, accouchement, allaitement, suivi de croissance de l’enfant… Le tout dans les centres de santé et hôpitaux bien sûr, mais aussi dans les villages, où l’UNICEF forme des mamans-relais pour être au plus près des familles – en effet, 80% des décès d’enfants de moins de 5 ans ont lieu à la maison, à cause du paludisme, de la pneumonie, de la diarrhée, d'infections néo-natales... 80 décès par jour de causes évitables que nous faisons tout pour combattre.
Par exemple, dès qu’un enfant est en dessous de la courbe normale de poids, tout le monde est formé pour le dépistage de la malnutrition, et équipé en aliments thérapeutiques par l’UNICEF, et l’enfant est pris en charge. On voit l’efficacité immédiatement !

Et la lutte contre la malnutrition, cela commence dès la naissance…  L’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, chez nous en France, c’est un choix, une liberté. Au Sénégal et dans d’autres pays, c’est l’une des seules solutions pour que l’enfant ne meure pas ! J’ai rencontré des mamans qui savent qu’il faut allaiter, mais elles travaillent, doivent marcher sur de longues distances, et n’ont pas la possibilité de donner le sein suffisamment et régulièrement. Malheureusement, hors de question de parler de biberon : sans eau potable et sans possibilité de stériliser quoi que ce soit, ce n’est pas une option comme chez nous !

Parlez-nous de la fameuse « méthode kangourou »

Dans de nombreux endroits du monde, les conditions ne permettent pas d’avoir des couveuses ni des services de néonatalogie... comme chez nous pour les bébés prématurés. D’où la « méthode kangourou » qui consiste à garder le bébé tout contre soi : la chaleur du corps prévient l’hypothermie, les battements du cœur rassurent le nouveau-né, cette proximité active l’allaitement... En France, ce peau à peau est encouragé pour l’aspect affectif ; là-bas, c’est un moyen de survie pour l’enfant !

Ce qui m’a beaucoup touchée, c’est de voir que comme la maman ne peut pas porter l’enfant 24h/24, tous les membres de la famille se relaient ! Le symbole est fort, toute une famille s’allie pour sauver la vie du de leur bébé. Et ça marche, nous en avons eu la preuve : nous avons rencontré deux sœurs jumelles, Fanta et Mama, les tous premiers enfants à voir été pris en charge avec cette méthode en 2012. C’était si beau de les voir aujourd’hui en pleine forme !

Un moment fort en particulier, pour cette première mission ?

Difficile de choisir, il y en a eu tellement ! Certains magiques, et d’autres très douloureux…

Voir un bébé en néonat’ qui se porte très bien, mais qui est là parce que sa mère est morte d’une simple hémorragie – dont j’ai moi-même souffert. Entendre une mère hurler parce qu’on lui apporte son bébé mort… C’est terrible. Je n’avais pas réalisé que la mort s'invitait si souvent dans ces moments où naît la vie. C'est difficile de mettre des mots sur ces émotions qui te rendent plus fragile et plus forte à la fois.  

Mais heureusement avec les enfants la joie prend toujours le dessus, et je retiens de cette mission beaucoup de rires, de partage… Dans un village près de Nioro, l’une des mamans m’a spontanément prise par la main, elle voulait m’inviter chez elle. On est loin des clivages que l’on peut observer en France, de l’indifférence, ou du rejet de l’autre. Moi, blonde, blanche, inconnue, elle m’a accueillie chez elle sans a priori et ne m’a jamais lâché la main ! Prête à me loger alors qu’elle n’a qu’une chambre déjà partagée par huit enfants… Dans ces moments-là, les mots ne sont pas suffisants pour dire ce que l’on ressent. Et on se dit qu’il faut continuer de se battre pour ces familles, qui elles, s'investissent dans les comités de mamans pour transmettre les messages et gestes de prévention, pour suivre le calendrier vaccinal des enfants, pour accompagner les gestes de survie aux paroles de solidarité.

Un message à ceux qui nous lisent, pour finir ?

Le travail mené par l’UNICEF grâce à votre soutien porte ses fruits, des vies sont sauvées chaque jour… Alors merci du fond du coeur, on est ensemble et on continue !

 

 

Média

Retour en images sur la première mission d'Elodie Gossuin !

Mission au Sénégal en juin 2015. Photos et vidéos : © UNICEF France / Zumstein

Il était une fois...

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