Élodie Gossuin : « Remercier les donateurs français et leur montrer ce qui a été réalisé grâce à leur soutien »

Publié le 29 octobre 2019

Engagée à nos côtés depuis 2014, nommée Ambassadrice d’UNICEF France en 2017, l’animatrice radio et télévision Élodie Gossuin asseoit de plus en plus son soutien pour la cause des enfants. De retour d’une visite de terrain en Mauritanie, engagement chevillé au corps, elle nous raconte avec compassion les difficultés des jeunes filles et nous partage un message d’espoir pour leur épanouissement.

Quel était l’enjeu de votre visite en Mauritanie, 4 ans après votre dernière mission au Sénégal ? 

L’enjeu était de découvrir la situation des enfants en Mauritanie, un des pays les plus pauvres au monde, avec de nombreuses problématiques transversales et notamment des difficultés importantes en termes d’accès à l’éducation. Donc je veux sensibiliser à ce sujet et sur l’autonomisation des filles, et faire passer des messages sur l’action d’UNICEF en rentrant en France, ici ou ailleurs, dans les médias aussi. 
Je travaille à la radio, j’ai animé une émission matinale en direct de Nouakchott durant laquelle j’ai parlé des actions d’UNICEF, invité les auditeurs à aller sur le site Internet unicef.fr et la boutique solidaire d’UNICEF dans le but que les gens fassent des dons et/ou se mobilisent, que les donateurs sachent combien leurs gestes sont utiles et concrets.

Lors d’une telle mission humanitaire, en quoi consiste exactement votre programme sur place ? Pouvez-vous nous raconter pour nous éclairer davantage ?

L’objectif de la visite est de témoigner des programmes majeurs d’UNICEF en Mauritanie, en particulier pour l’éducation et la protection des filles. Le premier jour, nous avons fait une réunion de briefing au siège du bureau UNICEF à Nouakchott pour connaitre la situation du pays et avoir quelques chiffres en matière d’éducation notamment. Cela permet de comprendre la difficulté des filles d’avoir accès au collège et au secondaire globalement. La plupart des enfants vont à l’école qu’à partir de 5 ou 6 ans. 9 enfants sur 10 ne vont pas à l’école avant l’âge de 6 ans. Un enfant sur deux, en âge d’être scolarisé, ne va pas à l’école en Mauritanie, 3 enfants sur 4 entre 12 et 15 ans.
Nous sommes restés principalement dans la région de Nouakchott. Cela me tenait à cœur de voir l’accès à l’école, nous avons visité l’école Boubacar dans un premier temps sur la prévention et la prise en charge des enfants déscolarisés et/ou sans état civil pour qu’il y ait accompagnement et qu’ils puissent retourner à l’école.
Nous avons visité aussi un centre associatif accueillant des filles et jeunes femmes victimes de violences en tout genre, physiques et sexuelles essentiellement. J’ai pu voir les actions menées pour soutenir et prendre en charge ces filles, et comment les partenaires d’UNICEF avancent. Quelque part, car les chiffres démontrent des progrès sur ces dernières années, l’avenir s’éclaircit et souffle aussi un vent de renouveau politique constructif .
 

Dans le centre Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l'enfant, les jeunes filles victimes de violences physiques et sexuelles bénéficient d’un soutien psychosocial, médical et juridique.

Dans le centre Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l'enfant, les jeunes filles victimes de violences physiques et sexuelles bénéficient d’un soutien psychosocial, médical et juridique. © UNICEF France/Benjamin Decoin

Le deuxième jour, nous nous sommes rendus dans l’hôpital pivot régional mère-enfant à Nouakchott, j’ai vu les manquements. Le personnel de santé est volontaire, formé et compétent en médecine. Mais quand on visite l’hôpital, on se rend compte qu’il manque du matériel de façon hallucinante et que nombre de prématurés pourraient être sauvés si on subvenait à certains besoins médicamenteux et matériels. À titre d’exemple, sur les 4 couveuses pour nouveau-nés que compte l’hôpital, 3 sont en panne. Il y a un seul monitoring dans tout le service de maternité alors qu’il y a 800 accouchements par mois. Il existe des situations qui sont d’urgence, et d’autres qui le sont de moins en moins car le travail est fait. Les actions sont mises en place et le personne avance bien. Toutefois, il reste tellement à faire afin d’améliorer les services de santé pour les enfants et les mères. Les taux de mortalité maternelle et infantile pourraient baisser considérablement puisque nombre de ces décès sont liés à des causes évitables. Agissons !
 

Dans l'hôpital Mère-Enfant de Nouakchott, UNICEF et ses partenaires appuient des activités de santé néo-natales pour mères et nourrissons. Les prématurés n'ont pas encore de nom car les parents attendent une semaine ou qu'il soit sorti de l'hôpital. Service de réanimation néonatale.

Dans l'hôpital Mère-Enfant de Nouakchott, UNICEF et ses partenaires appuient des activités de santé néo-natales pour mères et nourrissons. Les prématurés n'ont pas encore de nom car les parents attendent une semaine ou qu'il soit sorti de l'hôpital. Service de réanimation néonatale. © UNICEF France/Benjamin Decoin

Le troisième jour, dans la région du Brakna à 4 heures de route à l’est de la capitale, nous avons visité deux villages soutenus par UNICEF avec entre autres un forage pour apporter de l’eau directement aux familles. J’ai visité aussi l’école de Ganki où il y a plus de filles que de garçons. Un jardin scolaire a été mis en place, des actions de sensibilisation en matière de santé sont faites. C’est merveilleux de voir tout ce qui est réalisé par UNICEF pour les enfants, vraiment. Et de se dire que nous faisons partie ensemble d’une même chaine au sein d’UNICEF pour faire avancer la situation des enfants.
 

Élodie Gossuin a visité le village d’Hore Mondji dans la région du Brakna. UNICEF a financé un forage qui permet d’alimenter en eau les enfants et leurs familles.

Élodie Gossuin a visité le village d’Hore Mondji dans la région du Brakna. UNICEF a financé un forage qui permet d’alimenter en eau les enfants et leurs familles. © UNICEF France/Benjamin Decoin

Nous vous avons senti attentionnée bienveillante au contact des enfants et en particulier des jeunes filles rencontrées. Souvent émue aussi. Quels sont les souvenirs que vous garderez de ces rencontres et discussions avec les enfants et les jeunes ?

Je garderai de nombreux souvenirs émus de ma visite de terrain en Mauritanie. Des souvenirs comme les sourires et les regards des gens, je suis touchée par l’humain, les rencontres, les parcours difficiles de certaines femmes. Je prends conscience que mes enfants sont nés dans des conditions privilégiées et que nous avons la chance de pouvoir accoucher dans de bonnes conditions en France. Les câlins partagés, les sourires qui valent bien plus que les mots, les confessions douloureuses, les yeux retrouvent la lumière, je rentre auprès de mes 4 enfants avec tout ça au creux de moi, mon cœur débordant d’amour et de tendresse, les visages comme des photos imprimées à jamais.

Des souvenirs marquants aussi comme les regards des filles qui ont des rêves plein la tête. J’en ai rencontré beaucoup, à Nouakchott et au Brakna, qui souhaitent être institutrices ou médecins, ce sont les deux réponses les plus fréquentes. Je garderai cela en tête en espérant revoir ces filles et les croiser un jour dans un service de maternité parce qu’elles auront une blouse blanche et un stéthoscope et qu’elles sauveront des vies à leur tour. C’est magique de contribuer à cela, d’être ici et de sentir cette chaleur humaine.
Je suis très étonnée finalement par le regard des gens car je n’ai jamais senti une once de mépris, d’intolérance, de rejet face à nos différences culturelles, religieuses, physiques, sociétales. Je tiens à le dire car dans notre société actuelle, et globalement dans le monde, c’est parfois difficile d’affirmer ce qu’on est dans le respect des autres. Je trouve que les Mauritaniens agissent dans la tolérance et l’envie d’avancer, d’effacer les préjugés, de voir leurs filles à l’école, non mutilées, et qu’ils le sont de plus en plus malgré les difficultés.

Vous parlez avec passion et motivation de votre visite, et plus largement de votre engagement. Nous sentons que votre rôle d’Ambassadrice vous tient à cœur…

C’est évident ! En tant qu’Ambassadrice d’UNICEF France, j’ai un rôle de porte-parole des actions menées en Mauritanie en étant présente là où UNICEF œuvre. Aussi bien pour voir le travail effectué par les équipes d’UNICEF auprès des enfants, que pour remercier les donateurs français et leur montrer ce qui a été réalisé grâce à leur soutien. De plus, mon rôle est de faire savoir l’action d’UNICEF pour qu’elle soit plus opportune et plus ciblée sur les besoins manquants. 

Je tiens à saluer le travail remarquable fait en Mauritanie par les équipes d’UNICEF et leurs partenaires. Je suis très émue de les rencontrer et de voir ce qu’ils font au quotidien. Je suis bénévole et quand je vois ce qu’ils font tous les jours, cela force l’admiration et je suis très honorée d’être en quelque sorte leur porte-parole.

Avez-vous un dernier message à faire passer à nos donateurs ou des personnes qui souhaiteraient faire un don à UNICEF ?

Donner pour recevoir tellement plus, penser aux autres même en jouant au père Noël pour vos proches, ça donne un sens à nos Vies. Avec UNICEF, vous achetez une boule de Noël vous offrez par la même occasion un insufflateur néonatal à un bébé prématuré, avec 178€ vous offrez une école dans la boîte pour 40 élèves et leur professeur, avec cette même somme, sur le terrain vous financez environ 6 kits de santé de première urgence. Pour chaque enfant, pour demain, pour nos enfants, MERCI

 

Elodie Gossuin : "Je garderai de nombreux souvenirs émus de ma visite de terrain en Mauritanie. Des souvenirs comme les sourires et les regards des gens, je suis touchée par l’humain, les rencontres, les parcours difficiles de certaines femmes."

© UNICEF France/Benjamin Decoin
 

 

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