Haïti : après le séisme, le sport remonte le moral des jeunes

Publié le 12 octobre 2010 | Modifié le 04 janvier 2016

Le sport ressert les liens entre les enfants. Après le traumatisme que leur a laissé le séisme du 12 janvier dernier, la pratique régulière d’activités physiques leur permet de retrouver un sentiment de communauté. Ainsi, ils se reconstruisent peu à peu et retrouvent confiance en l’avenir.

À 15 ans, Simeon Kenson a déjà beaucoup de soucis. Cela fait bientôt 9 mois qu’il vit avec sa tante dans le camp de Mais Gate, à Port-au-Prince. En permanence, il craint que quelqu’un de malintentionné ne rentre dans leur tente. Mais ce qui lui fait peur par-dessus tout, c’est qu’il y ait un autre tremblement de terre. « Je ne veux vraiment pas retourner dans notre maison », dit l’adolescent .

Heureusement, il y a une chose sur laquelle Simeon peut compter : le sport. Grâce au Comité olympique haïtien (COH), il peut participer à des activités sportives organisées dans le camp. Partenaire de l'Unicef, le COH dirige des programmes sportifs similaires dans 52 camps, aux environs de Port-au-Prince. Près de 36 000 enfants y participent tous les jours. Pour eux, c’est un bon moyen de se défouler et d’oublier peu à peu ce qu’ils ont traversé.

Et il y a du choix dans les activités ! À Mais Gate, en l'espace d'une matinée, on peut voir les enfants apprendre à bloquer leur adversaire en basket, exécuter des coups de pied en karaté, jouer au handball, etc. Le programme du COH fournit ainsi un exutoire important pour les enfants déplacés.

 

« C'est une façon pour eux d'oublier »

« Après le tremblement de terre, la situation était très tendue », déclare Stéphane Rebu, assistant du coordonnateur des programmes du COH. « En discutant avec les enfants, nous nous sommes rendu compte qu'ils aimaient vraiment ce programme car c'est une façon pour eux d'oublier ce qui s'est passé. Et d'oublier la situation dans laquelle ils se trouvent actuellement. »

Le sport permet de « rassembler tous les enfants dans les camps » explique Françoise Gruloos-Ackerman, représentante de l’Unicef en Haïti. Ces enfants ne se connaissent pas, et ils ont tout perdu, leur école, leurs camarades. Ils doivent donc tisser de nouveaux liens et le sport est un bon moyen de les y aider. »

Lorsqu'on lui demande ce qu'il ferait si les programmes sportifs n'existaient pas à Mais Gate, Simeon hausse les épaules. « Je resterai ici parce que je n'ai nulle part où aller. Heureusement, dès que les moniteurs du COH arrivent le matin, je viens ici pour jouer avec eux ».

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