Kasaï : une famine majeure menace les enfants de RDC

Publié le 19 janvier 2018 | Modifié le 19 janvier 2018

Trois agences des Nations unies, dont l’UNICEF, tirent la sonnette d’alarme : la situation au Kasaï, en République démocratique du Congo, a atteint un niveau catastrophique qui pourrait conduire très rapidement à une famine. Les enfants sont, une nouvelle fois, les plus concernés par cette catastrophe annoncée.

Cela fait maintenant trois saisons de suite que plusieurs champs sont en friche dans la région du Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC). À cause des violents conflits, les cultivateurs ont fui en masse, laissant derrière eux les moyens de leur subsistance. Dans un pays où 90% de la population rurale dépend entièrement de l’agriculture, l’absence de cultures a des conséquences dramatiques.

Près de 630 000 personnes s’étaient cachées dans la forêt et ont pu revenir dans leur village incendié, mais la reprise de la production agricole demandera du temps et des moyens. On compte encore plus de 750 000 personnes toujours déplacées.

Les enfants figurent parmi les premières victimes de cette situation angoissante : « Au moins 400 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë sévère, prévient Tajudeen Oyewale, représentant par intérim de l’UNICEF en RDC. Ils risquent de mourir, à moins de recevoir de toute urgence une aide en matière de santé, d’eau, d’assainissement et de nutrition. »

L’UNICEF, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture ainsi que le Programme alimentaire mondial veulent à tout prix éviter qu’une famine éclate. Dans ce pays déjà fragilisé par des années de conflits, où les infrastructures sont limitées, la sécurité médiocre et des moyens financiers insuffisants, cela aurait des répercussions tragiques pour des millions d’enfants.

L’objectif est à présent de combattre la malnutrition chez les plus jeunes et d’assurer la sécurité alimentaire sur le long terme pour permettre aux enfants d’avoir accès à une nourriture de qualité. Ne pas agir, c’est se résigner à voir une famine majeure survenir. Et cela signifierait que « beaucoup vont mourir », déplore Claude Jibidar, représentant du Programme alimentaire mondial en RDC.