Le paludisme tue encore !

Publié le 19 mars 2010 | Modifié le 17 décembre 2015

D’après un nouveau rapport sur le paludisme, les investissements actuels pour lutter contre cette maladie, ont notamment permis de sauver 384 000 enfants dans 12 pays entre 2000 et 2009. Mais un financement de long terme est nécessaire pour que ces progrès ne soient pas remis en question. Le point sur cette maladie qui tue encore 860 000 personnes chaque année, avec le professeur Awa-Marie Coll-Seck, Directrice exécutive du partenariat Roll Back Malaria.

Où en est-on aujourd’hui dans la lutte contre le paludisme ?

La lutte actuelle contre cette maladie permet de sauver des vies. 90 000 enfants ont ainsi été épargnés en 2009 grâce à l’engagement mondial contre le paludisme.
Mais il faut aujourd’hui pérenniser nos actions, nos efforts. Cette maladie est toujours la première cause de mortalité infantile. Nous avons besoin de 5 à 6 milliards de dollars (soit 3,6 à 4,4 milliards d’euros) par année pour cette lutte au niveau mondial. Ce chiffre paraît important mais rappelons que l’Afrique perd chaque année 12 milliards de dollars à cause de cette maladie ! « Investir dans le paludisme », c’est aussi investir dans le développement ! Si nous ne réussissons pas à mobiliser les contributeurs, à élargir leur nombre, les progrès accomplis ne seront pas pérennes.

Comment les fonds pour lutter contre le paludisme sont-ils utilisés ?

Dans les pays endémiques, où la maladie sévit, lorsqu’il y a suffisamment de financements, il y a des résultats ! Des moustiquaires imprégnées sont distribuées, des diagnostics sont posés, des traitements administrés. Les fonds sont utilisés rapidement sur le terrain. L’Ethiopie, le Rwanda sont des exemples en la matière. Suffisamment d’argent y est investi pour qu’il y ait un vrai impact sur la maladie.
Dans 3 à 5 ans, le vaccin contre cette maladie devrait également être disponible. Il faut continuer d’investir dans la recherche.

Des médicaments spécifiques sont-ils employés pour les enfants?

Oui, en 2009, un nouveau médicament spécifique pour les enfants a été lancé. Un médicament soluble, qui a bon goût. C’est un médicament qui plaît aux familles : plus besoin d’écraser les comprimés et de les donner ensuite aux plus petits. 20 millions de doses ont déjà été distribuées.

Vous parliez d’un vaccin… ce dernier pourrait-il déjà bénéficier aux enfants ?

Oui, l’objectif est d’intégrer à terme ce vaccin contre le paludisme à l’ensemble des vaccins de routine pour les enfants. Les études sont à l’œuvre en ce moment. Nous espérons pouvoir utiliser ce vaccin à partir de 2013.
 

En attendant, où en est-on de l’utilisation des moustiquaires ? Leur utilisation n’a pas toujours été optimale, par manque d’information des populations…

Oui, c’est pour cette raison que de grandes actions d’information ont été menées par des membres des populations concernées, des personnes relais. Et des ONG se sont mobilisées auprès des gens pour améliorer l’utilisation des moustiquaires imprégnées. Quand les gens ne savent pas à quoi servent ces moustiquaires, quand on ne leur explique pas pourquoi les utiliser, ils pensent parfois que c’est mauvais pour eux. Ils disent : « C’est comme un cercueil, ça m’étouffe… ». Il suffit de bien expliquer, d’impliquer des gens au niveau des communautés. Un simple spot TV ne suffit pas. Heureusement, grâce à ces informations, les moustiquaires utilisées comme filets de pêche, cela devient anecdotique maintenant ! Cela a changé !

 

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Le paludisme en quelques chiffres

 

  • Le paludisme est la première cause de mortalité infantile

 

  • Un enfant meurt du paludisme toutes les 30 secondes

 

  • 90% des personnes qui décèdent du paludisme sont africaines

 

  • 860 000 personnes meurent chaque année de cette maladie dans le monde

 

  • Environ 384 000 enfants ont pu être sauvés dans 12 pays grâce à la distribution à grande échelle de moustiquaires et autres outils de prévention contre le paludisme entre 2000 et 2009

 

  • Le financement annuel mondial pour la lutte contre le paludisme s’élève à 2 milliards de dollars (soit près de 1,5 milliard d’euros). C’est un montant inférieur aux 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros) nécessaires chaque année pour garantir une couverture universelle des interventions de lutte contre le paludisme.

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