Les adolescents ne se reconnaissent pas dans le discours public

Publié le 02 décembre 2010 | Modifié le 15 janvier 2016

Réalisée auprès d’un échantillon de 500 adolescents âgés de 13 à 18 ans, du 20 au 23 octobre dernier, l’enquête menée par TNS Sofres pour l’Unicef France montre que dans le contexte actuel de crise économique, les adolescents et les enfants peuvent se présenter comme des « victimes de l’ombre », pénalisés par un système sur lequel ils ont peu, voire pas, d’emprise du tout.

 

 

Le discours public perçu de manière négative

En France, les adolescents jugent le discours qui leur est consacré sévère. Il est majoritairement jugé négatif ou neutre. Seuls 8% des adolescents estiment que l’on parle plutôt positivement des enfants dans les médias. Au contraire, 41% d'entre eux jugent que le discours public sur les enfants est plutôt négatif, et 45% jugent qu'il est neutre.

Les acteurs politiques peu crédibles

Alors que les associations internationales, comme l’Unicef, sont jugées les mieux placées pour garantir les droits de l’enfant, les hommes et les femmes politiques apparaissent peu crédibles à leurs yeux : seuls 6% des adolescents considèrent que ce sont les acteurs les mieux placés pour les protéger. Les adolescents n’ont que peu confiance en des personnages publics comme les hommes et les femmes politiques, qui ont parfois tendance à les considérer dans leur globalité et dressent plutôt des portraits caricaturaux et peu flatteurs de l’adolescent.

Une situation pas grave…

La pauvreté en France a augmenté en 2009. En conséquence, elle touche particulièrement les femmes et les enfants. Cependant, il reste des points d’optimisme dans un paysage global plutôt morose. Ainsi, la situation des enfants en France est jugée satisfaisante par les adolescents pour la majorité des points sur lesquels ils étaient consultés. Les deux situations jugées les plus satisfaisantes sont l’accès à l’éducation, qui est considéré comme satisfaisant pour 96% des jeunes (dont 65% très satisfaisant), et l’accès au soin, jugé satisfaisant pour 96% des jeunes également, dont 58% très satisfaisant. 

…mais parfois désespérée

En revanche, la situation concernant leur avenir et leur entrée dans le monde des adultes est beaucoup plus nuancée. Ainsi, le fait de pouvoir avoir confiance en l’avenir est la situation jugée la moins satisfaisante : plus d’un tiers des adolescents (37%) considèrent que les enfants en France ne peuvent pas avoir confiance en l’avenir. S’ils se sentent préservés en tant qu’enfants/adolescents, il semble que l’arrivée à l’âge adulte soit plutôt une source d'inquiétude et laisse présager des jours plus difficiles. Plus ils approchent de l’âge adulte et plus leur confiance diminue, ce qui dénote une stress latent face à un avenir incertain. Le contexte de crise actuelle n’est d’ailleurs pas pour rassurer le jeune adulte en devenir et pose la question de sa place future dans la société et de l’image que les adultes lui renvoient aujourd’hui.

« En France mais aussi à l’international, l’adolescence est au coeur des préoccupations de l’Unicef. C’est une période capitale de la vie, l’âge de tous les possibles. L’adolescence sera d’ailleurs le thème de notre prochain rapport annuel La Situation des enfants dans le monde. Il importe de réhabiliter les adolescents car ils sont les citoyens de demain, de restaurer une image positive, de leur accorder une place dans notre société et des perspectives, » explique Jacques Hintzy, Président de l’Unicef France.