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Elodie, 13 ans, anciennement associée au groupe armé anti-balaka, tient une arme factice en marge d'une cérémonie marquant la création d'un centre de formation professionnelle et de réadaptation pour les enfants anciennement associés à des groupes armés devant la mairie de Baoro, en République centrafricaine, mercredi 1er novembre 2017. ©UNICEF/UN0149462/Sokhin
Elodie, 13 ans, anciennement associée au groupe armé anti-balaka, tient une arme factice en marge d'une cérémonie marquant la création d'un centre de formation professionnelle et de réadaptation pour les enfants anciennement associés à des groupes armés devant la mairie de Baoro, en République centrafricaine, mercredi 1er novembre 2017. ©UNICEF/UN0149462/Sokhin

Les filles associées aux forces et groupes armés, une réalité invisible

En République démocratique du Congo (RDC), on estime par exemple qu’entre 30 et 40 % des enfants recrutés dans les groupes armés seraient des filles. Cependant, ces chiffres sont fortement sous-estimés car les organisations sont confrontées à un cruel manque de données. En effet, seule une petite proportion de filles est formellement identifiée et libérée. De manière globale, les études indiquent que les filles représentent entre 6 % et 50 % des enfants associés aux acteurs armés.

« Souvent victimes de multiples formes d’exploitation, de violences sexuelles et de mariages forcés, ces jeunes filles endurent des souffrances indicibles et des violations répétées de leurs droits les plus fondamentaux », explique Ramatou Toure, spécialiste de la protection de l’enfance pour l’UNICEF RDC.

Au sein des forces et groupes armés où elles sont recrutées, la répartition des rôles est souvent genrée bien que les tâches soient diversifiées, multiples et variables. Si elles sont généralement associées à des fonctions support comme cuisinières, porteuses, messagères, espionnes, traductrices, infirmières ou épouses, certaines sont également directement impliquées dans les hostilités en tant que combattantes.

Ainsi, dans les contextes armés répertoriés sur le continent africain pour lesquels des données sont disponibles, les jeunes filles recrutées par les forces et groupes en présence ont été directement impliquées dans les combats dans 37% des cas (combats, commandements, maniement d’armes, etc.).

Si les filles sont trop souvent absentes des données collectées sur les enfants soldats, elles le sont également des financements et des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) mis en place par les acteurs de terrain, qui ne prennent pas en compte leurs spécificités.

Plusieurs études indiquent que les filles sont moins susceptibles d’être relâchées dans le cadre de processus formels de DDR et que les FAFGA ont davantage tendance à quitter les forces et groupes armés de manière silencieuse et informelle et à retourner dans leurs communautés, où elles dissimulent tant bien que mal leur expérience passée. Elles passent donc sous les radars des dispositifs capables de les accompagner.

« Pour les FAFGA bénéficiant de programmes d’aide à la réintégration, il apparaît que ces derniers peinent souvent à leur proposer un soutien adapté à leurs besoins spécifiques. En effet, ces jeunes filles sont en grande majorité victimes d’enlèvements, d’abus sexuels, de grossesses multiples, d’avortements risqués, et souffrent – ainsi que leurs enfants – de stigmatisation au niveau familial et communautaire, ce qui représente, selon elles, une grande source de détresse psychosociale », affirme Ramatou Toure.

Pour certaines d’entre elles, la réintégration dans les rôles socialement normatifs et hiérarchisés de leurs communautés devient un défi, développant ainsi un sentiment de dévalorisation, malgré le fait qu’elles aient parfois assumé des rôles de combat ou de commandement, similaires à ceux de leurs homologues masculins, au sein des forces et groupes armés. Les filles semblent être plus fortement touchées par des conséquences psychosociales à long terme découlant de leur passé au sein de ces entités, avec une prévalence marquée de l’anxiété et de la dépression observée parmi les FAFGA.

S’il est important d’éviter l’hypothèse selon laquelle toutes les filles sont profondément traumatisées, notamment dans le cadre de leur prise en charge et rétablissement, il est primordial de se pencher spécifiquement sur leur cas, et leurs besoins, que ce soit dans le cadre des programmes de prévention au recrutement, ou des programmes de réintégration scolaire, familiale, communautaire et/ou professionnelle, qui se doivent d’être adaptés, afin d’éviter un retour au sein des groupes armés.

Les filles ayant été enrôlées par les forces et groupes armés pourront se reconstruire si elles sont soutenues et bénéficient de facteurs de protection adaptés à leurs besoins et à leur expérience de la guerre.

L’UNICEF appelle les pouvoirs publics et les bailleurs à s’emparer de ce sujet :

  • Il est primordial de redonner de la visibilité aux filles affectées par les conflits armés, qui sont encore trop souvent absentes des données collectées, des programmes mis en place et des financements.
  • Il est nécessaire de se pencher spécifiquement sur leur cas et leurs besoins, que ce soit dans le cadre des programmes de prévention au recrutement, ou des programmes de réintégration scolaire, familiale, communautaire et/ou professionnelle, qui se doivent d’être adaptés, afin d’éviter un retour sein des groupes armés.
  • Les États doivent renforcer la protection des filles dans les conflits armés, en opérationnalisant davantage les engagements politiques pris en adhérant aux Principes et Engagements de Paris.
    • La France s’est ainsi engagée à déployer des mesures pour prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants et pour soutenir la libération, la réinsertion et la réadaptation de tous les enfants qui ont été recrutés ou utilisés par des forces ou des groupes armés.
  • Les États doivent prioriser davantage la protection et la réintégration des filles associées dans leurs politiques d’aide humanitaire comme aide au développement, et assurer un financement flexible et pluriannuel de ces programmes.

Enfin, l’UNICEF exhorte tous les acteurs armés à mettre un terme immédiat au recrutement d’enfants et à libérer sans attendre tout ceux encore enrôlés de force et combattant en leur sein. L’UNICEF rappelle qu’en cas de guerre et de conflit, les parties prenantes ont l’obligation de respecter le droit international humanitaire et d’accorder aux enfants la protection spéciale dont ils font l’objet.

Notes aux rédactions :

L’UNICEF France soutient le renforcement des activités de réponse pour les enfants et adolescents-es affectés par les conflits armés, dans le cadre de la prise en charge transitoire et la mise en place de programmes de réintégration socio-économique. Les activités principales de ces programmes consistent notamment à :

  • Identifier et fournir un accès à des soins appropriés aux enfants / adolescents victimes de violence, y compris des violences basées sur le genre
  • Assurer une prise en charge transitoire et individualisée des Enfants Associés aux Forces et Groupes Armés (EAFGA) à travers des centres d’accueils ou des placements en famille d’accueil
  • Assurer la recherche et réunification familiale ou des solutions alternatives pour les EAFGA
  • Développer un programme de réintégration contextualisé à travers des opportunités d’apprentissage (scolarisation, alphabétisation fonctionnelle et/ou formations professionnelles) pour les enfants et adolescents EAFGA, survivants-es de Violences Basées sur le Genre (VBG) et autres enfants vulnérables basés, entres autres, sur l’environnement économique et social
  • Mettre en place de foyers autonomes (selon les besoins)
  • Assurer le suivi post réunification et post-formation des enfants/adolescents-es
  • Mettre en place des mécanismes de redevabilité et de gestion des plaintes – dont des mécanismes adaptés aux enfants – afin d’adapter les stratégies de réponse et répondre aux différents risques dont les risques d’abus et d’exploitation sexuels