Niger : les filles chaussent les crampons vers un avenir meilleur

Le Niger présente le taux le plus élevé de mariages précoces dans le monde et compte près de 2,5 millions d’enfants déscolarisés, préparer l’avenir n’est donc pas chose aisée pour les filles nigériennes. Pour Pascaline, 13 ans, le football lui a permis de reprendre le chemin de l’école et de lui donner une chance d’accéder à un avenir meilleur.

A l’âge de 11 ans, Pascaline doit quitter l’école, sa famille n’a plus les moyens de payer les frais de scolarité. Elle se tourne alors vers le football et joue contre les garçons du quartier Lacouroussou, un quartier pauvre de Niamey, la capitale du Niger. Elle y vit avec sa famille dans une maison de fortune couverte d’un toit en tôle qui vibre à la moindre rafale de vent. C’est un endroit où il est difficile pour les enfants de grandir, mais particulièrement pour les filles, dont des milliers voient leur enfance écourtée par le mariage.

UNICEF/UNI211133/Haro

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Pour Pascaline, le football est bien plus qu'un simple jeu, c’est une quête d’émancipation : « Si quelqu’un ose dire que le football est réservé aux garçons, nous sommes là, mes amies et moi, pour leur prouver le contraire ». Son talent lui fait gagner le respect de ses pairs masculins mais surtout, lui permet de bénéficier d’une seconde chance d’accéder à l’éducation.

Les compétences de Pascaline sur le terrain n’ont pas échappé à un recruteur de l’Atcha Académie, une école qui mise sur le sport pour donner aux filles une chance de suivre un enseignement. Pascaline étudie d’arrache-pied pour l’examen d’entrée et est admise.

Depuis 2007, l’Atcha Académie encourage les enfants non scolarisés à suivre des cours en leur offrant une motivation supplémentaire: la chance de jouer au football. L'école fournit aux enfants des programmes d'enseignement primaire et secondaire, des équipements scolaires et sportifs et de la nourriture. Depuis un an, trois jours par semaine, Pascaline fait du vélo aux cours de l'Académie Atcha : «J’ai reçu un vélo, du matériel scolaire et un ensemble de football pour les séances d'entraînement. Cela a marqué un tournant inattendu dans ma vie », dit-elle en souriant.

UNICEF/UNI211139/Haro

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Garba, une enseignante de Pascaline, explique que l’école fidélise les élèves et entretient leur motivation. Elle a conscience que l’attrait réside peut-être dans le football, mais cela fonctionne : «Cela les motive à apprendre. Les sports scolaires ont une valeur ajoutée pour les filles, parce qu'elles sont les plus vulnérables.» L'Académie Atcha donne aux filles la chance de pratiquer des sports dans un environnement sûr et solidaire, de renforcer leur confiance et de les aider à comprendre leurs droits.

Un meilleur accès à l'éducation peut créer de nouvelles opportunités pour les filles au Niger, qui se trouvent souvent sous pression pour se concentrer sur les tâches domestiques et se marier jeunes. 81% des femmes âgées de 20 à 24 ans sans éducation sont déjà mariées ou en union à l’âge de 18 ans. Mais pour les filles ayant un niveau d’enseignement secondaire ou plus, ce pourcentage tombe à 17%.

«Quand les filles jouent, quand les filles vont à l'école, quand les filles ne sont pas privées de leur enfance à cause du mariage, le monde gagne», a déclaré Félicité Tchibindat, représentante UNICEF au Niger.

UNICEF/UNI211148/Haro

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Les tournois de football, comme ceux organisé par l’Atcha Académie, sont un exemple des moyens mis en œuvre par UNICEF et ses partenaires pour lever les multiples obstacles que les filles rencontrent sur le chemin de leur avenir, tels que le mariage précoce.

En effet, le Niger compte le taux de prévalence du mariage d’enfants le plus élevé au monde. 76% des filles au Niger sont mariées avant leur 18ème anniversaire et 28% avant l'âge de 15 ans (chiffres 2017). Si la situation des filles au Niger était déjà très préoccupante avant la pandémie de Covid-19, les impacts de la crise inquiète encore davantage. L’expérience des pandémies passées a prouvé que les crises de santé publique avaient de réelles incidences sur les inégalités entre les sexes, avec des effets dévastateurs sur les filles, leurs droits et leur avenir. La pandémie mondiale du Covid-19 représente une véritable menace pour les filles à travers le monde sur bien des questions.

Le 11 octobre, Journée mondiale des filles, rappelle le rôle majeur de l’éducation dans l’émancipation des filles et des femmes. En les accompagnants jour après jour, nous leur offrons un avenir.

Contribuez à changer la vie des jeunes filles : faites un don à UNICEF.