Privés de soins et de nourriture, les enfants de Syrie en danger de mort

Publié le 12 décembre 2017 | Modifié le 14 décembre 2017

La situation des enfants de la Ghouta orientale, en Syrie, empire de jour en jour : le prix des aliments de base ne cesse d’augmenter, beaucoup n’ont plus d’accès aux services de santé et les écoles ont fermé.

Les professionnels de santé de l’UNICEF qui se sont rendus il y a quelques jours en Ghouta orientale, en Syrie, sont encore abasourdis par l’état de santé accablant des enfants. En sept ans de conflit, ils n’avaient jamais rien vu de tel. De leurs propres yeux, ils ont constaté qu’un enfant de deux ans souffrant de malnutrition aiguë avait le bras aussi fin que le petit doigt de la main d’une personne correctement nourrie. Ils ont appris que faute de soins, cinq enfants sont morts.

 

 

DES ENFANTS PRIVÉS DE SOINS

Les équipes de l'UNICEF n’ont malheureusement pas pu emmener les 137 enfants âgés de sept mois à 17 ans qui ont de toute urgence besoin de soins. Certains sont atteints d’insuffisance rénale, d’autres ont été lourdement blessés à cause du conflit qui fait rage. Mais aucun n’a pu être évacué pour être soigné.

Depuis plusieurs années, cette région où vivent 400 000 personnes – dont près de la moitié sont des enfants – est assiégée. L’accès à cette zone est extrêmement réduit et les violences ne cessent de croître avec des tirs de roquette et de mortier qui se multiplient. « Des milliers d’enfants souffrent en silence, avertit Fran Equiza de l’UNICEF. La situation empire de jour en jour. Le système de santé s’effrite, et les écoles sont fermées depuis près d’un mois. » Pour les enfants de la région, les repères disparaissent un à un.

LE PAIN 85 FOIS PLUS CHER

En janvier, 2% d’enfants étaient atteints de malnutrition sévère en Ghouta orientale. En novembre, ce chiffre a été multiplié par six : on estime qu’ils sont désormais 12%. Ce taux est particulièrement élevé chez les très jeunes enfants car leurs mères, elles aussi privées de nourriture, n’ont même plus la possibilité de les allaiter.

Entre Damas, la capitale, et la Ghouta orientale, il n’y a que 15 kilomètres. Mais la région assiégée évolue dans un autre monde. Le prix de la nourriture y est décuplé de façon exorbitante. En août, une portion de pain y coûtait 24 fois plus cher qu’à Damas. Aujourd’hui, la même miche de pain coûte 85 fois plus cher ! Se procurer une bonbonne de gaz pour cuisiner est également devenu hors de prix. Alors qu’elle ne coûte que 37 euros dans la capitale, son prix s’élève à 255 euros en Ghouta orientale, une somme trop lourde à payer pour des familles aux abois depuis des mois.

Face à leur souffrance, l’UNICEF appelle une fois encore les parties prenantes au conflit à garantir aux humanitaires un accès inconditionnel et pérenne aux enfants de Syrie. Entre janvier et aujourd'hui, seuls onze convois humanitaires ont pu parvenir aux populations. Le dernier convoi a permis de venir en aide à 7000 personnes. Votre soutien financier permet à l’UNICEF d'apporter à ces enfants des vivres, mais aussi des médicaments. Nous vous remercions pour votre générosité.