Retour sur la conférence « Protégeons les enfants de la guerre »

Publié le 07 mars 2017 | Modifié le 09 mars 2017

A l’occasion des 10 ans des Principes et Engagements de Paris, une grande conférence internationale co-organisée par le gouvernement français et l’UNICEF s’est tenue le 21 février 2017 à Paris. François Hollande y a annoncé la signature par la France de la « Déclaration sur la sécurité dans les écoles », en présence notamment d’anciens enfants soldats et de l’ambassadrice de l’UNICEF Laetitia Casta.

Près de 250 millions d'enfants vivent actuellement dans des zones de conflit.
Parmi eux, près de 125 millions sont directement impactés par la violence – violence dont ils sont les témoins, les victimes ... et parfois même les acteurs, puisque nombre d’entre eux sont recrutés comme « enfants soldats » par des forces et groupes armés.

C’est pour mobiliser la communauté internationale sur le sort de ces enfants qu’en 2007 la France et l’UNICEF co-organisaient une conférence qui débouchait sur l’adoption des « Principes et engagements de Paris » contre l’enrôlement d’enfants dans les conflits.

Dix ans après, le 21 février dernier, une nouvelle conférence internationale intitulée « Protégeons les enfants de la guerre » a réuni près de 120 délégations, composées de représentants de haut niveau de l’ONU et d’Etats du monde entier, d’ONG nationales et internationales, de grands témoins, d’institutions universitaires, de groupes de réflexion, de bailleurs de fonds et d’anciens « enfants soldats ». Objectif : faire un état des lieux de la situation, échanger autour des bonnes pratiques et des pistes de progrès possibles, et réaffirmer l’engagement de protéger les enfants des conflits.

Des témoignages bouleversants

Au programme de cette conférence, séances plénières, diffusion de reportages, tables rondes, panels de haut niveau – sur des questions telles que la prévention contre le recrutement des enfants, leur libération et leur réinsertion dans la vie civile, l’engagement de la communauté internationale pour les protéger… mais aussi des témoignages du terrain.

Deux anciens enfants soldats sont venus raconter leur terrible histoire : Alhaji Babah Sawane, enlevé par le Front révolutionnaire uni de Sierra Leone pour combattre alors qu’il n’avait que 10 ans, et Alberto Ortiz, qui a rejoint la guerre civile en Colombie aux côtés des FARC à l’âge de 12 ans. A leurs côtés, Laetitia Casta, ambassadrice de l’UNICEF France partie en mission au Tchad pour rencontrer des enfants victimes de Boko Haram, s’est faite la voix de ces garçons et filles qui lui ont demandé à son départ : « Parlez de nous, ne nous oubliez pas ! ».

Des témoignages qui ont donné des noms et des visages aux problématiques soulevées lors des différents échanges, et qui ont été entendus et suivis d’actions concrètes, puisqu’à l’issue de la conférence, trois nouveaux pays (la Tunisie, le Kazakhstan et la Birmanie) ont rejoint les 105 Etats déjà signataires des « Principes et engagements de Paris ».

Signature par la France de la « Déclaration sur la sécurité dans les écoles »

Le recrutement et l’utilisation d’enfants par des forces et groupes armés, sujet de la conférence, est une violation grave des droits de l’enfant en temps de conflit armé. Mais ce n’est pas la seule. Cinq autres sont identifiées :
- meurtres et mutilations d’enfants
- viols et autres formes de violence sexuelle commise contre des enfants, notamment les filles
- attaques d’écoles et/ou d’hôpitaux
- enlèvements d’enfants
- déni d’accès d’aide humanitaire.

C’est pour faire avancer le combat sur la troisième violation grave, les attaques contre les écoles, que l’UNICEF France a lancé fin 2016 la campagne de mobilisation #ProtectSchools, « Des écoles, pas des champs de bataille ! » et a appelé la France à signer la « Déclaration sur la sécurité dans les écoles ».

Grâce à votre soutien à nos actions de plaidoyer auprès du gouvernement français, François Hollande a annoncé, lors de son discours d’ouverture de la conférence du 21 février, l’engagement de la France – qui devient ainsi le 58ème pays (et le premier Etat membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies) à signer cette déclaration, permettant ainsi d’entrainer d’autres pays à faire de même.

Un pas dans le bon sens, alors même que l’éducation est l’une des clés pour la protection des enfants dans les zones de conflit.