Syrie : pourquoi faut-il rapatrier les enfants français retenus dans les camps ?

Publié le 09 décembre 2021

Les enfants retenus dans les camps syriens vivent dans des conditions désastreuses et subissent des violations de leurs droits élémentaires à la santé, à l’éducation et à la protection. Leur rapatriement dans leur pays d’origine est essentiel pour leur permettre de se reconstruire et leur donner un avenir.

L’enfer que vivent les enfants dans les camps en Syrie

Ravagée par la guerre depuis 2011, la Syrie connaît une des plus graves crises humanitaires. Selon les estimations, 6 millions d’enfants n’ont connu que la guerre dans leur existence et près de 8,5 millions d’enfants ont besoin d’une aide humanitaire.

Dans les camps dans lesquels sont retenus les femmes et les enfants, la situation est dramatique. Les camps sont surpeuplés, la violence et l’insécurité sont omniprésentes. Chaque jour passé dans ces camps est un jour qui met en péril la santé des enfants et les prive de leurs droits les plus élémentaires tels que : l’accès à l’eau, à l’éducation ou aux loisirs. Certains enfants sont nés dans les camps et d’autres y sont retenus depuis plus de 4 ans. Particulièrement vulnérables, ils ont un besoin urgent de protection.

Dans les camps d’Al Hol et de Roj, au nord-est de la Syrie, on compte environ 50 000 enfants de différentes nationalités, dont 8 000 enfants étrangers. Plusieurs centaines d’enfants français sont détenus dans ces camps dont 90 % qui ont moins de 12 ans dont la moitié a moins de 6 ans.

Dans le camp de Roj, environ 80 mamans françaises et 200 enfants sont détenus. Ici un enfant boit de l'eau le 10 août 2021.

Un enfant est un enfant

Les enfants retenus dans les camps syriens sont des victimes de conflits armés et ne peuvent pas être tenus responsables des actes de leurs parents. Comme n’importe quel enfant, ils doivent pouvoir bénéficier de la protection des États pour garantir leurs droits et d’un accompagnement à la réintégration dans leur pays d’origine.

En France, les familles des enfants détenus dans les camps se battent pour leur retour et pour leur redonner un avenir.  «Maintenant il a une vie normale, il est scolarisé, il fait des activités, il a une vie épanouie, il est heureux, mais malheureusement il reste énormément encore d’enfants dans les camps. Ce n’est pas la place d’un enfant de vivre dans ces conditions-là », explique la grand-mère d’un de ces enfants qui témoigne de son long combat pour faire revenir son petit-fils âgé de quatre ans en France.

Le rapatriement des enfants français, une priorité

Nous exhortons les États à rapatrier et à réintégrer le plus rapidement possible les enfants encore retenus en vertu des principes internationaux.  Nous encourageons également les États membres à ne pas appliquer de distinctions arbitraires fondées sur l’âge, le genre, le caractère ethnique ou la détention d’une double nationalité. Les décisions de rapatriement doivent être exclusivement fondées sur la détermination de l’intérêt supérieur de l’enfant.

UNICEF mobilisé pour réintégrer les enfants 

Nous avons développé au cours des dernières décennies une expertise reconnue en matière d’assistance et de protection des enfants victimes de conflits armés. Le rapatriement des enfants relève de la responsabilité des États, mais UNICEF se tient prête à assister les gouvernements en matière de réintégration des enfants dans leurs pays d’origine et de détermination de l’intérêt supérieur de l’enfant, en accord avec la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).

À ce jour, nous soutenons plus d’une douzaine de pays en Europe et en Asie centrale dans la réintégration de ces enfants, plusieurs milliers d’enfants en provenance de Syrie et d’Iraq ayant déjà pu être rapatriés par une dizaine d’Etats. En France, les pédopsychiatres qui prennent en charge les enfants qui sont revenus de Syrie ont récemment rappelé que ces enfants, quand ils sont bien accompagnés, démontrent une force de résilience extraordinaire et une réelle capacité à se réintégrer dans leur famille d’origine et à retrouver une vie d’enfant en France.