Tourisme sexuel : 12 propositions pour aller plus loin.

Publié le 09 septembre 2004 | Modifié le 29 décembre 2015

Un groupe de travail, composé de médecins, juristes, UNICEF France,  ONG, professionnels du tourisme..., ont élaboré un rapport intitulé, la lutte contre le tourisme sexuel impliquant les enfants.

Ce rapport, remis au gouvernement  le 9 septembre 2004, souligne les « progrès » depuis les années 90 dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants mais également les effets qui doivent être poursuivis dans ce domaine.
Le document dresse douze propositions pour lutter contre le tourisme sexuel, notamment : sensibiliser les voyageurs, communiquer sur le respect des droits de l’enfant, poursuivre pénalement les touristes sexuels.

La lutte contre le tourisme sexuel impliquant les enfants s’est imposée comme une préoccupation mondiale à partir des années 90. Ainsi, en 1996 et pour la première fois, à l’initiative d’ ECPAT (End Child Prostitution And Trafficking) et de l’UNICEF, 122 gouvernements se sont rassemblés à Stockholm pour débattre de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales et s’engager à agir contre ce phénomène. Un second Congrès mondial a été organisé à Yokohama (Japon), en 2001,  avec la participation active de l’UNICEF qui a présenté à cette occasion une enquête sur l’exploitation sexuelle des enfants, intitulée : A qui profite le crime ?

Pour lutter contre le flux de pédophiles et de touristes qui se rendent à l’étranger pour exploiter sexuellement les enfants, il importe que les pays adoptent des lois pénales et appliquent le principe d’extraterritorialité, un dispositif    face auquel une personne susceptible de pédophilie à l’étranger peut être mise en accusation devant un tribunal national

C’est le cas de la  France où, en octobre 2000, un premier procès contre le tourisme sexuel a  eu lieu grâce à l’Unicef France qui s’ est porté partie civile devant la Cour d’Assises de Paris. A ce procès, un ressortissant français a été condamné à 7ans de prison pour viol sur une jeune fille thaïlandaise de moins de 15 ans. Les faits remontaient  à février 1994 en Thaïlande.

Chaque année, 600 millions de touristes se rendent à l'étranger parmi lesquels certains  s'adonnent au tourisme sexuel. Cette pratique est aujourd'hui considérée comme le troisième commerce illégal dans le monde, après la drogue et les armes. Véritable fléau, le tourisme sexuel se développe à un rythme inquiétant, particulièrement dans les pays pauvres où il entraîne dans la prostitution des centaines de milliers d'êtres humains, dont une part non négligeable d'enfants.

Selon les données recueillies par l’UNICEF sur les terrains d’intervention, trois millions d’enfants d’Asie, d’Afrique, d’Europe centrale, d’Amérique latine , sont victimes de « touristes sexuels » en provenance des pays riches d’Europe et d’Amérique du  Nord, du Japon ou de l’Australie.

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