Une crise nutritionnelle dramatique frappe la Corne de l'Afrique

Publié le 08 juillet 2011 | Modifié le 31 mars 2016

L’Unicef tire la sonnette d’alarme et appelle la communauté internationale à venir en aide aux plus de 2 millions d'enfants touchés par la crise nutritionnelle. Un appel de fonds à hauteur de 22,2 millions d'euros a été lancé. Somalie, Éthiopie, Djibouti, Kenya : près de 10 millions de personnes seraient menacées.

La Corne de l’Afrique subit actuellement une crise nutritionnelle liée à la pire sécheresse qu’ait connue la région en 60 ans, mais aussi à la hausse des prix des denrées alimentaires de base et au conflit qui déchire la Somalie depuis des années. Dans ce pays, la ville de Baidoa, a vu le prix des céréales augmenter de 240 % par rapport à l’an dernier, ou encore, le prix du maïs a augmenté de 117 % dans certaines régions de l’Éthiopie. De plus, certaines zones du sud de la Somalie restent difficiles d’accès pour les acteurs humanitaires. Face à cette situation, les enfants vulnérables et défavorisés sont ceux qui souffrent le plus; c’est à eux que l’Unicef porte assistance en priorité.

Cette crise engendre de grands déplacements de population, notamment depuis la Somalie, épicentre de la crise, vers le Kenya et l’Éthiopie. Actuellement, près de 10 000 Somaliens arrivent au Kenya, par le nord du pays chaque semaine et près de 2500 sont enregistrés chaque jour en Éthiopie. Ces grands mouvements de population entraînent une dégradation des conditions sanitaires dans les camps, directement pris en charge par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, le HCR. L’Unicef travaille en étroite collaboration avec celui-ci pour acheminer divers produits vers les camps.

La malnutrition au cœur des inquiétudes

L’une des premières conséquences de la crise est l’augmentation du taux de malnutrition. Il a augmenté de 50 % durant l’année qui vient de s’écouler. Le manque de nourriture fait donc peser une lourde menace sur la survie des enfants, et plus particulièrement sur ceux du sud de la Somalie. C’est  l’une des raisons principales qui pousse autant de familles à partir au Kenya et en Éthiopie. Et sur l’ensemble de la région, près de 500 000 enfants souffrent aujourd’hui de malnutrition aiguë sévère et 1,7 million sont atteints de malnutrition aiguë modérée.

L’UNICEF agit

Sur le terrain, l’Unicef a envoyé par avion 5 tonnes d'approvisionnement (aliments thérapeuthiques, médicaments) et des équipements pour améliorer l’accès à l’eau à Baidoa (sud-ouest de la Somalie), afin de venir en aide aux enfants affectés par la crise.

Notre organisation travaille avec les ministères de la santé locaux, le Programme Alimentaire Mondial,  les ONGs internationales et les organisations communautaires. Un tel fonctionnement permet de maintenir les campagnes de vaccination de routine, d’être en capacité de donner une réponse adéquate dans le secteur de la santé, de poursuivre et de renforcer des programmes d’accès à l’eau potable et d’améliorer les installations sanitaires dans les camps.

Depuis le début de la sécheresse, l’UNICEF a déjà pris en charge près de 70 000 enfants atteints de malnutrition, rien que dans le sud de la Somalie et a distribué 2500 cartons d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi. En Somalie par exemple, l’Unicef est aussi en train d’effectuer un travail d’identification des zones où la malnutrition est très présente. Notre organisation se mobilise pour réhabiliter des forages et des puits, mais aussi pour en construire d’autres et pour installer de nouvelles latrines.

« Cette région est le théâtre de crises récurrentes. Mais celle qui sévit aujourd’hui fait partie des pires de ces dernières décennies », explique Robert McCarthy, le conseiller régional de l’UNICEF pour l’urgence, en Afrique de l’Est et du Sud. Après deux saisons consécutives de très faibles pluies, de nombreuses zones rurales sont confrontées à une période extrêmement difficile. Par conséquent, la population pastorale, qui vit de son bétail, est aujourd’hui très fragilisée par la rareté de l’eau et l’insuffisance de nourriture.

Aujourd’hui, l’UNICEF appelle les gouvernements locaux, les donateurs et l’ensemble de la communauté internationale à mettre en place très rapidement une réponse humanitaire forte.