Violences, exploitation… comment mieux protéger les enfants migrants

Publié le 18 décembre 2017 | Modifié le 19 septembre 2018

De nombreux enfants migrants sont la proie des trafiquants et des passeurs. L’UNICEF rappelle qu’il est primordial que chaque enfant soit protégé, quel que soit son statut.

À travers le monde, 50 millions d’enfants voyagent d’un pays à l’autre dans de bonnes conditions. Ces déplacements sont motivés par des raisons scolaires, professionnelles ou familiales, et les enfants concernés migrent volontairement et en toute sécurité. Mais des dangers mortels poussent beaucoup d’autres enfants à quitter leur pays. Environ 28 millions ont été chassés de leur maison à cause de conflits et beaucoup d’autres ont cherché à fuir les effets du changement climatique ou une accablante pauvreté.

C’est le cas de Mary*. À 17 ans, elle a quitté le Nigeria pour laisser derrière elle une vie sans horizon et sans personne sur qui compter. Elle a rencontré Ben, un passeur, qui lui a dit qu’il connaissait en Europe des gens qui pourraient l’aider à trouver du travail et même payer pour son voyage, pour lequel il a exigé 25 000 euros. Croyant voir là une opportunité prometteuse, Mary ne s’attendait pas à vivre un cauchemar. La route migratoire de l'Afrique vers l'Europe constitue un périple meurtrier pour beaucoup.

Quand elle est arrivée en Lybie, Ben a révélé son véritable visage et a enfermé Mary avec un groupe d’autres jeunes femmes. Elles ont été séquestrées et violées par Ben et ses compagnons. Le supplice de Mary en Lybie a duré des mois. Retenues à l’intérieur d’une maison, privées de nourriture, les prisonnières ont été emmenées à Tripoli, puis à Sabratha, une autre ville côtière.

Finalement mises à bord d’un bateau vers l’Europe, Mary et les autres ont été sauvées par les garde-côtes italiens. Mary a été mise à l’abri par les autorités dans un foyer dédié aux victimes de trafic sexuel. Tout comme elle, des millions d’enfants se tournent vers des passeurs et des trafiquants pour quitter leur pays. Victimes de violences, d’agressions, exploités, ils sont privés de leurs droits les plus élémentaires.

En 2018, les États se réuniront pour entreprendre des négociations sur le statut des migrants, et celui des enfants migrants doit constituer une priorité pour ne plus mettre les enfants en danger. Si les gouvernements font le nécessaire, le nombre d’enfants migrants tués ou exploités peut drastiquement diminuer, tout en sapant le travail des passeurs et des trafiquants. Pour Mary et pour tous les autres enfants, il faut agir.

*Son prénom a été modifié.

Le plan d'action de l'UNICEF pour les enfants migrants
  1. Protéger les enfants réfugiés et migrants, en particulier les enfants non accompagnés, de l’exploitation et de la violence
  2. Mettre fin à la détention des enfants migrants ou demandant le statut de réfugié en proposant d’autres solutions pratiques
  3. Préserver l’intégrité des familles – le meilleur moyen de protéger les enfants et de leur donner un statut juridique
  4. Permettre à tous les enfants réfugiés et migrants de continuer à apprendre et leur donner accès aux services de santé et à d’autres services de qualité
  5. Insister pour que des mesures soient prises afin de combattre les causes sous-jacentes des mouvements massifs de réfugiés et de migrants
  6. Promouvoir des mesures de lutte contre la xénophobie, la discrimination et la marginalisation dans les pays de transit et de destination

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