Bangladesh : appel de fonds de 64,8 millions d'euros pour aider les enfants réfugiés

Publié le 03 octobre 2017 | Modifié le 03 octobre 2017

L’UNICEF lance un appel de 64,8 millions d'euros pour ses opérations d’intervention humanitaire d’urgence dans le cadre de la crise des Rohingyas réfugiés dans le sud du Bangladesh.

Selon les estimations, jusqu’à 60 % des 500 000 Rohingyas, qui ont fui le Myanmar depuis le 25 août, sont des enfants. La plupart d’entre eux vivent actuellement dans des conditions terriblement difficiles et insalubres dans des camps de fortune répartis dans le district de Cox’s Bazar.

« Des enfants et leur famille désespérés et traumatisés fuient chaque jour la violence au Myanmar. Nous intensifions nos opérations aussi rapidement que possible, mais l’ampleur des besoins est immense, et nous devons être en mesure de faire plus pour leur venir en aide. Ces enfants sont privés de leur enfance. Ils ont besoin de notre aide maintenant pour avoir un avenir, » a déclaré Anthony Lake, le directeur général de l’UNICEF actuellement en visite dans le sud du Bangladesh.

Un approvisionnement accru en eau potable et en produits d’assainissement et d’hygiène pour les enfants rohingyas est la priorité absolue de l’appel de fonds, compte tenu des préoccupations concernant une épidémie potentielle de diarrhée et d’autres maladies d’origine hydrique. La majorité des enfants rohingyas ne sont pas entièrement vaccinés contre des maladies comme la poliomyélite.

Une campagne de vaccination par voie orale contre le choléra ciblant tous les enfants âgés de plus d’un an est prévue en octobre, et 900 000 doses du vaccin devraient arriver le 7 octobre, voire plus tôt, au Bangladesh.

Un appel précédent de 6 millions d'euros lancé par l’UNICEF a été revu à la hausse afin de montrer l’ampleur croissante de la crise.

 

Un plan d'intervention d'envergure

  • L’UNICEF procurera de l’eau potable et des produits d’assainissement à près de 50 % de la population cible, et répondra aux besoins de 40 % de ces familles en matière d’hygiène. La priorité sera accordée aux enfants les plus vulnérables et exposés au risque de contracter des maladies, de même qu’aux centres de santé, d’alimentation et d’apprentissage.
  • L’UNICEF concentre ses efforts sur la prévention de maladies au moyen de campagnes de vaccination et de soins de santé anténataux. L’organisastion et ses partenaires s’emploient à sensibiliser les familles et à mettre des ressources pour le traitement de l’eau à leur disposition. Dans les centres d’alimentation, le personnel examinera les enfants et signalera les cas suspectés de choléra. Des informations essentielles sur la façon de prévenir et de dépister les cas présumés de choléra, et sur les lieux où se présenter pour recevoir un traitement, seront diffusés dans les médias. Les chefs religieux, des bénévoles et des jeunes soutiendront les campagnes de sensibilisation.
  • L’UNICEF s’efforcera de répondre aux besoins nutritionnels d’au moins 60 % du nombre d’enfants estimé à 7 500 souffrant de malnutrition sévère aiguë, et approvisionnera en aliment thérapeutique prêt à consommer et en lait thérapeutique d’autres centres de traitement de la malnutrition sévère aiguë. L’UNICEF distribuera des suppléments de micronutriments, y compris de la vitamine A, à 70 % des enfants.
  • L’UNICEF fournira des services de protection, y compris un soutien psychosocial et des activités récréatives, à jusqu’à 180 000 enfants au moyen d’activités structurées organisées dans des espaces adaptés aux enfants, et fera des recommandations pour les enfants qui nécessitent une aide spécialisée. L’organisme travaillera en collaboration avec la Croix-Rouge pour la recherche et la réunification des familles, et avec d’autres partenaires pour procurer un vaste éventail de programmes de soutien aux survivantes et survivants de violences sexuelles.
  • L’UNICEF élargira son réseau de centres jeunesse afin d’offrir une formation à la vie active, des activités récréatives et un soutien psychosocial à ce groupe particulièrement vulnérable.
  • L’UNICEF travaillera en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation primaire et publique afin de procurer un apprentissage précoce et une éducation de base non formelle à tous les enfants rohingyas, au moyen d’un programme conçu pour les enfants non scolarisés et déscolarisés. L’UNICEF apportera également une aide aux écoles dans les communautés d’accueil, y compris une éducation non formelle pour les enfants non scolarisés. L’organisme s’emploiera à recruter des enseignantes et enseignants parmi la population rohingya.