"Chaque jour, 4 écoles ou hôpitaux sont attaqués ou occupés", selon l'UNICEF

À l’approche du Sommet humanitaire mondial, l’agence de l’ONU pour les enfants demande des mesures de  protection pour les écoles et les hôpitaux

NEW YORK, 19 mai 2016 – En moyenne, quatre écoles ou hôpitaux par jour sont attaqués ou occupés par des forces et des groupes armés selon une analyse de l’UNICEF publiée à l’approche du Sommet humanitaire mondial.

Ces conclusions, tirées du tout dernier Rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits, font suite aux récentes attaques menées contre des écoles, des établissements de soins et du personnel dont, notamment, le bombardement d’écoles aux Yémen et l’attaque d’un hôpital d’Alep, en Syrie, le 27 avril, où au moins cinquante personnes ont été tuées avec, parmi elles, un des derniers pédiatres de la région.  

« Des enfants sont tués, blessés ou rendus invalides à vie dans les endroits mêmes où ils devraient être protégés et se sentir en sécurité », a déclaré Afshan Khan, Directrice des programmes d’urgence de l’UNICEF.
« Les attaques contre les écoles et les hôpitaux pendant un conflit constituent une tendance alarmante et honteuse. Des frappes intentionnelles et directes sur ces établissements ainsi que sur du personnel soignant et des enseignants peuvent être des crimes de guerre. Les gouvernements et les différents acteurs doivent de toute urgence protéger les écoles et les hôpitaux en faisant respecter les dispositions du droit humanitaire international et du droit international relatif aux droits de l’homme ; les États doivent également signer la Déclaration* pour des écoles sûres . »

Une école élémentaire détruite à Hujjaira en dehors de Damas en Syrie

Les attaques contre les écoles et les hôpitaux sont une des atteintes graves portées aux enfants identifiées et prises en compte par le Conseil de sécurité de l’ONU. Le dernier Rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits a fait état en 2014 de plus de 1500 cas d’attaques sur des écoles et des hôpitaux ou de leur utilisation militaire :

•    En Afghanistan 163 écoles et 38 établissements de soins ont été attaqués.
•    En Syrie, 60 attaques contre des établissements scolaires ont été enregistrées ainsi que 9 cas d’utilisation militaire et 28 attaques contre des établissements de soins.   
•    Au Yémen, 92 écoles ont été utilisées à des fins militaires par les forces et les groupes armés.
•    Au Soudan du Sud, il y a eu 7 cas d’attaques contre des écoles et 60 cas relatifs à une utilisation militaire.  
•    Un total de 543 établissements scolaires ont été endommagés ou détruits dans l’État de Palestine et 3 attaques ont été rapportées dans des écoles israéliennes.
•    Selon les autorités responsables de l’éducation du nord-est du Nigéria, un total de 338 écoles y ont été détruites ou endommagées entre 2012 et 2014.

L’an dernier, le dispositif de surveillance de l’ONU a également permis de rapporter ce qu’on appelle des « attaques à double impact », voire « à triple impact », sur des établissements de soins dans lesquels des civils et les premiers secours arrivant sur place ont été attaqués.

Outre les attaques contre des édifices, les conflits ont d’autres conséquences importantes pour l’éducation des enfants et les soins de santé. En Syrie, par exemple, tout comme les attaques contre les hôpitaux, la suppression des kits médicaux et des fournitures chirurgicales des convois humanitaires, les restrictions portant sur les évacuations sanitaires et les meurtres de membres du personnel médical font que l’accès aux soins de santé dans les zones concernées, d’une importance vitale pour la population civile, diminue de jour en jour.  

« Des enfants sont enlevés de leurs écoles dans des circonstances atroces dans des pays comme le Nigéria ou le Soudan du Sud tandis que d’autres sont violés ou recrutés et utilisés comme enfants soldats », a dit Afshan Khan.

Le tout premier Sommet humanitaire mondial se déroulera à Istanbul les 23 et 24 mai. Les dirigeants internationaux discuteront des meilleurs moyens d’intervention lors de crises humanitaires majeures et de la meilleure façon d’être préparé pour faire face aux défis de l’avenir.  
 

 * La Déclaration pour des écoles sûres, élaborée à travers des consultations au niveau national menées par la Norvège et l’Argentine à Genève durant la première moitié de 2015, offre aux États la possibilité d’exprimer un large soutien politique en faveur de la protection et de la poursuite de l’enseignement dans les situations de conflit armé ; elle est l’outil permettant aux États d’entériner les Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités de l’utilisation militaire durant les conflits armés et de s’engager à la mettre en œuvre. La Déclaration a été ouverte à l’approbation lors de la Conférence d’Oslo sur la sécurité dans les écoles organisée par le Ministère norvégien des affaires étrangères le 29 mai 2015. Un premier groupe de trente-sept États l’a entérinée à cette occasion et, depuis, leur nombre s’est accru.   

Les États suivants ont entériné la Déclaration pour des écoles sûres (en date du 27 avril 2016) : Afghanistan, Afrique du Sud, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Chili, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Espagne,  Équateur, Finlande, Géorgie, Grèce, Honduras, Islande, Irlande, Italie, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Liban, Liberia, Liechtenstein, Luxembourg, Madagascar, Malaisie, Monténégro, Mozambique, Niger, Nigéria, Norvège, Nouvelle-Zélande, Palestine, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Qatar, République centrafricaine, République tchèque, Sierra Leone, Slovénie, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Suède, Suisse, Tchad, Uruguay, Zambie.

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